Les météorologistes sont fort divisés au moins sur une question: celle
de l'augmentation de la fréquence de la pluie en nos régions. Les uns
estiment, avec le bon peuple, qu'il pleut plus en France qu'autrefois;
d'autres affirment que la moyenne n'a pas sensiblement changé.
Nous signalions, il y a quelque temps, l'opinion de M. Camille
Flammarion à cet égard. Notre éminent collaborateur a fait un relevé des
pluies à Paris depuis le règne de Louis XIV; il conclut à une
augmentation, augmentation bien marquée surtout depuis le début du
dix-neuvième siècle, époque à laquelle ont commencé les mesures
pluviométriques bien précises.
M. Angot, directeur du Bureau central météorologique, n'est point de cet
avis.
M. Flammarion a pris les chiffres fournis par le pluviomètre de
l'observatoire de Paris jusqu'en 1872; à partir de là, il s'en rapporte
aux chiffres de l'observatoire de Montsouris, estimant que les
conditions restent à peu près les mêmes.
Or, d'après M. Angot, l'augmentation apparente de pluie résulte de ce
changement de station. La comparaison des observations faites au cours
des trente dernières années montre que la quantité de pluie tombée à
Montsouris est d'environ un dixième supérieure à celle recueillie à
Paris.
M. Angot établit un relevé de 1806 à 1910 en prenant uniquement les
chiffres de l'observatoire de Paris. Ce relevé donne, pour la pluie
tombée dans la capitale, une moyenne générale de 510 millimètres par an.
Pendant le premier tiers de cette période, la moyenne ressort à 502
millimètres; pendant le second, elle s'élève à 521; pendant le dernier
tiers, c'est-à-dire pendant les trente dernières années, elle retombe à
508.
M. Angot conclut que, contrairement aux affirmations de M. Flammarion,
il n'y a aucune apparence d'augmentation progressive de pluie à Paris
depuis 1880.
Ce désaccord des deux savants sur une question assez simple est un peu
troublant. La vérité ne serait-elle pas que, finalement, il ne tombe
guère plus d'eau à Paris qu'autrefois, mais... qu'il pleut ou qu'il
«brouillasse» plus souvent.
[Illustration: Position initiale. Position finale. COMMENT LE
DICTIONNAIRE LAROUSSE A INTERPRÉTÉ LE GESTE DU DISCOBOLE ANTIQUE]