L'année 1912 aura été exceptionnellement heureuse pour la viticulture.
Le rendement et la qualité de la récolte ont dépassé les prévisions les
plus optimistes.
Le vignoble français a subi comme tous les ans les atteintes, variables
suivant les régions, de la gelée, de la grêle, du mildiou, de l'oïdium;
mais les maladies cryptogamiques n'ont pas produit, malgré une humidité
parfois persistante, les effets désastreux que l'on observe généralement
dans des conditions atmosphériques semblables; le prix élevé du vin a
encouragé les viticulteurs à mieux soigner leurs vignobles et à
pratiquer, d'une façon régulière et méthodique, les traitements
préventifs.
Les vendanges faites parfois trop hâtivement, par suite d'un temps
pluvieux au début, ont pu s'exécuter ensuite pendant une très belle
période, qui a permis aux raisins restés sur les souches d'arriver à la
maturité nécessaire pour donner au vin du bouquet, de la couleur, du
degré et lui assurer une bonne conservation.
Finalement, la récolte, qui devait être d'après certains à peine
supérieure à la moyenne, a atteint pour la France, selon M. J.-M.
Guillon, inspecteur de la viticulture, auquel nous devons ces précieux
renseignements, le chiffre de 59.339.035 hectolitres en 1912, contre
44.885.550 hectolitres en 1911. La production de 1912 est donc de 15
millions d'hectolitres supérieure à celle de 1911 et de 7 millions
d'hectolitres au-dessus de la moyenne des dix dernières années, estimée
à 52 millions environ.
Les régions les plus favorisées sont celles de la Méditerranée; le
Bordelais et la vallée de la Loire comptent aussi parmi les mieux
partagés. Quelques départements de l'Est sont à peu près les seuls à
présenter un rendement inférieur à 1911. Quant à la récolte de
l'Algérie, elle accuse également un notable déficit: elle a été en 1912
de 6.671.181 hectolitres, au lieu de 8.883.667 hectolitres en 1911.