Le cortége entra tout entier dans la cour de l'hôtel.

La foule prit position dans la rue Saint-Magloire et attendit.

L'église de Saint-Magloire, ancienne chapelle du couvent de ce nom, dont

les moines avaient été exilés à Saint-Jacques du Haut-Pas, puis maison

de repenties, était devenue paroisse depuis un siècle et demi. Elle

avait été reconstruite en 1680, et Monsieur, frère du roi Louis XIII, en

avait posé la première pierre. C'était une nef de peu d'étendue, située

au milieu du plus grand cimetière de Paris.

L'hôpital, situé à l'est, avait aussi une chapelle publique, ce qui

avait fait donner à la ruelle tortueuse montant de la rue Saint-Magloire

à la rue aux Ours le nom de rue des Deux-Églises.

Un mur régnait autour du cimetière qui avait trois entrées: la

principale, rue Saint-Magloire, la seconde, rue des Deux-Églises, la

troisième dans un cul-de-sac sans nom qui revenait vers la rue

Saint-Magloire, derrière l'église.

Il y avait en outre une brèche, par où passait la procession des

reliques de Saint-Gervais.

L'église, pauvre, peu fréquentée et qu'on voyait encore debout au

commencement de ce siècle, s'ouvrait sur la rue Saint-Denis, à la place

où est actuellement la maison portant le nº 166. Elle avait deux portes

sur le cimetière.

Depuis quelques années déjà, on n'enterrait plus autour de l'église. Le

commun des morts s'en allait hors Paris. Quatre ou cinq grandes familles

seulement conservaient leurs sépultures au cimetière Saint-Magloire et

notamment les Nevers, dont la chapelle funéraire était un fief.

Nous avons dit que cette chapelle s'élevait à quelque distance de

l'église. Elle était entourée de grands arbres et le plus court chemin

pour y arriver était la rue Saint-Magloire.

C'était environ vingt minutes avant l'entrée du cortége dans la cour de

l'hôtel de Gonzague. La nuit était complète et profonde dans le

cimetière, d'où l'on apercevait à la fois les fenêtres brillamment

éclairées de la grand'salle de Nevers et les croisées de l'église,

derrière lesquelles une lueur faible se montrait.

Les murmures de la foule entassée dans la rue arrivaient par bouffées.

A droite de la chapelle sépulcrale, il y avait un terrain vague, planté

d'arbres funéraires qui avaient grandi et foisonné. Cela ressemblait à

un taillis ou mieux à un de ces jardins abandonnés qui au bout de

quelques années prennent tournure de forêt vierge.

Les affidés du prince de Gonzague attendaient là.

Dans le cul-de-sac ouvert sur la rue des Deux-Églises, des chevaux tout

préparés attendaient aussi.

Navailles avait la tête entre ses mains. Nocé et Choisy s'adossaient au

même cyprès. Oriol, assis sur une touffe d'herbe, poussait de gros

soupirs.

Peyrolles, Montaubert et Taranne causaient à voix basse.

C'étaient les trois âmes damnées; pas plus dévoués que les autres, mais

plus compromis.

Nous ne surprendrons personne en disant que les amis de M. de Gonzague

avaient agité hautement, depuis qu'ils étaient là, la question de savoir

si la désertion était possible.

Tous, du premier au dernier, avaient rompu dans leur coeur le lien qui

les retenait au maître.

Mais tous espéraient encore en son appui et tous craignaient sa

vengeance.

Ils savaient que contre eux Gonzague serait sans pitié.

Ils étaient si profondément convaincus de l'inébranlable crédit de

Gonzague, que la conduite de ce dernier leur semblait une comédie: selon

eux, Gonzague avait dû feindre un danger pour avoir occasion de serrer

le mors dans leur bouche.

Peut-être même pour les éprouver.

Ceci n'est point à leur décharge, mais il est certain que s'ils eussent

cru Gonzague perdu, leur faction n'aurait pas été longue.

Le baron de Batz, qui s'était coulé le long des murs jusqu'aux abords de

l'hôtel, avait rapporté que le cortége s'était arrêté et que la foule

encombrait la rue.

Que voulait dire cela? Cette prétendue amende honorable au tombeau de

Nevers était-elle une invention de Gonzague?

L'heure passait. L'horloge de Saint-Magloire avait sonné déjà depuis

plusieurs minutes les trois quarts de huit heures. A huit heures, la

tête de Lagardère devait tomber dans le préau de la Bastille.

Peyrolles, Montaubert et Taranne ne perdaient pas de vue les fenêtres de

la grand'salle, une surtout, où brillait une lumière isolée auprès de

laquelle se profilait la haute stature du prince.

A quelques pas de là, derrière la porte septentrionale de l'église

Saint-Magloire, un autre groupe se tenait. Le confesseur de madame la

princesse de Gonzague avait gagné l'autel. Aurore, toujours à genoux,

semblait une de ces douces statues d'anges qui se prosternent au chevet

des tombes. Cocardasse et Passepoil, immobiles, restaient debout et

l'épée nue à la main aux deux côtés de la porte. Chaverny et dona Cruz

causaient à voix basse.

Une ou deux fois, Cocardasse et Passepoil avaient cru ouïr des bruits

suspects dans le cimetière. Ils avaient bonne vue l'un et l'autre, et

pourtant leurs yeux, collés au guichet grillé, n'avaient rien pu

apercevoir.

La chapelle funèbre les séparait de l'embuscade. La lampe perpétuelle

qui brûlait devant le tombeau du dernier duc de Nevers éclairait

l'intérieur de la voûte et plongeait dans une obscurité plus profonde

les objets environnants.

Tout à coup cependant, nos deux braves tressaillirent. Chaverny et dona

Cruz cessèrent de parler.

--Marie, mère de Dieu! prononça distinctement Aurore, ayez pitié de lui!

Un bruit de nature inexplicable, mais tout proche, avait éveillé toutes

les oreilles attentives.

C'est que, dans le fourré, notre embuscade tout entière venait de se

mouvoir.

Peyrolles, les yeux fixés sur la croisée de la grand'salle, avait dit:

--Attention, messieurs!

Et chacun avait vu la lumière isolée se lever par trois fois, par trois

fois s'abaisser.

C'était le signal. On ne pouvait à ce sujet garder aucun doute, et

pourtant il y eut une grave hésitation parmi les fidèles. Ils n'avaient

pas cru à la possibilité de la crise dont ce signal était le symptôme.

Le signal une fois fait, ils ne croyaient point encore à la nécessité de

le faire.

Gonzague jouait avec eux. Gonzague voulait river la chaîne qui pendait à

leur cou.

Cette opinion qui grandissait pour eux Gonzague à l'heure même de sa

chute avouée, fut cause qu'ils se déterminèrent à obéir.

--Après tout, dit Navailles, ce n'est qu'un enlèvement.

--Et nos chevaux sont à deux pas, ajouta Nocé.

--Pour une bagarre, reprit Choisy, on ne perd point sa qualité...

--En avant! s'écria Taranne; il faut que monseigneur trouve la besogne

faite.

Montaubert et Peyrolles avaient chacun un fort levier de fer. La troupe

entière s'élança, Navailles en avant, Oriol en arrière. Au premier

effort des pinces, la porte pacifique céda.

Mais un second rempart était derrière: trois épées nues.

En ce moment, un grand fracas se fit du côté de l'hôtel, comme si

quelque choc subit eût écrasé la foule massée dans la rue.

Il n'y eut qu'un coup d'épée de donné. Navailles blessa Chaverny qui

avait fait imprudemment un pas en avant. Le jeune marquis tomba un genou

en terre et la main sur sa poitrine. En le reconnaissant, Navailles

recula et jeta son épée.

--Eh bien! fit Cocardasse qui attendait mieux que cela; sandiéou!

montrez-nous vos flamberges...

On n'eut pas le temps de répondre à cette gasconnade. Des pas précipités

retentirent sur le gazon du cimetière. Ce fut un tourbillon qui passa.

Un tourbillon! Le perron balayé resta vide.

Peyrolles poussa un cri d'agonie, Montaubert râla, Taranne étendit les

deux bras, lâcha son arme et tomba à la renverse.

Il n'y avait pourtant là qu'un homme, tête et bras nus et n'ayant pour

arme que son épée.

La voix de cet homme vibra dans le grand silence qui s'était fait.

--Que ceux qui ne sont pas complices de l'assassin Philippe de Gonzague

se retirent! dit-elle.

Des ombres se perdirent dans la nuit. Nulle réponse n'eut lieu.

On entendit seulement le galop de quelques chevaux sonner sur les

cailloux qui pavaient la ruelle des Deux-Églises.

Lagardère, c'était lui, en franchissant le perron, trouva Chaverny

renversé.

--Est-il mort? s'écria-t-il.

--Pas, s'il vous plaît, répondit le petit marquis; tudieu! chevalier, je

n'avais jamais vu tomber la foudre... J'ai la chair de poule en songeant

que dans cette rue de Madrid... quel diable d'homme vous faites!...

Lagardère lui donna l'accolade et serra la main des deux braves.

L'instant d'après, Aurore était dans ses bras.

--A l'autel! dit Lagardère; tout n'est pas fini... des torches...

l'heure attendue depuis vingt ans va sonner... Entends-moi, Nevers, et

regarde ton vengeur! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

En sortant de l'hôtel, Gonzague avait trouvé devant lui cette barrière

infranchissable: la foule. Il n'y avait que Lagardère pour percer, droit

devant soi, comme un sanglier, au travers de ce fourré humain.

Lagardère passa. Gonzague fit un détour.

Voilà pourquoi Lagardère, parti le dernier, arriva le premier.

Gonzague entra dans le cimetière par la brèche. La nuit était si noire,

qu'il eut peine à trouver son chemin jusqu'à la chapelle funèbre. Comme

il atteignait l'endroit où ses compagnons devaient l'attendre en

embuscade, les croisées resplendissantes de l'hôtel attirèrent malgré

lui son regard. Il vit la grand'salle, toujours illuminée, mais vide.

Pas une âme sur l'estrade dont les fauteuils dorés brillaient.

Gonzague se dit:

--Ils me poursuivent... mais ils n'auront pas le temps.

Quand ses yeux, aveuglés par l'éclat des lumières, revinrent vers cette

sorte de taillis qui l'entourait, il crut voir de tous côtés ses

compagnons debout. Chaque tronc d'arbre prenait pour lui une forme

humaine.

--Holà, Peyrolles! fit-il à voix basse, est-ce donc fini déjà?

Le silence lui répondit.

Il donna du pommeau de son épée contre cette forme sombre qu'il avait

prise pour le _factotum_. L'épée rencontra le bois vermoulu d'un cyprès

mort.

--N'y a-t-il personne?... reprit-il; sont-ils partis sans moi?

Il crut entendre une voix qui répondait: Non. Mais il n'était pas sûr

parce que son pied faisait crier les feuilles sèches.

Une sourde rumeur naissait déjà, puis s'enflait du côté de l'hôtel.

Un blasphème s'étouffa dans la bouche de Gonzague.

--Je vais savoir! s'écria-t-il en tournant la chapelle pour s'élancer

vers l'église.

Mais devant lui se dressa une grande ombre, et cette fois, ce n'était

pas un arbre mort. L'ombre avait à la main une épée nue.

--Où sont-ils? où sont les autres? demanda Gonzague, où est Peyrolles?

L'épée de l'inconnu s'abaissa pour montrer le pied du mur de la

chapelle, et il dit:

--Peyrolles est là!

Gonzague se pencha et poussa un grand cri. Sa main venait de toucher le

sang chaud.

--Montaubert est là!... continua l'inconnu en montrant le massif de

cyprès.

--Mort aussi? râla Gonzague.

--Mort aussi!...

Et poussant du pied un corps inerte qui était entre lui et Gonzague:

--Taranne est là... mort aussi.

La rumeur grandissait de tous côtés, on entendait des pas qui

approchaient, et la lueur des torches apparaissait, marchait derrière le

taillis.

--Lagardère m'a-t-il donc devancé? fit Gonzague entre ses dents qui

grinçaient.

Il recula d'un pas, pour fuir sans doute, mais une rouge clarté brilla

derrière lui, éclairant en plein tout à coup le visage de Lagardère.

Il se retourna et vit Cocardasse et Passepoil, qui venaient de dépasser

l'angle de la chapelle, tenant chacun une torche à la main.

Les trois cadavres sortirent de l'ombre.

Du côté de l'église, d'autres torches venaient.--Gonzague reconnut le

régent, suivi des principaux magistrats et seigneurs qui tout à l'heure

siégeaient au tribunal de famille.

Il entendit le régent qui disait:

--Que personne ne franchisse les murs de cette enceinte!... des gardes

partout!

--Par la mort-Dieu! fit Gonzague qui eut un rire convulsif, on nous

octroie le champ clos comme au temps de la chevalerie... Philippe

d'Orléans se souvient une fois en sa vie qu'il est fils des preux...

soit! attendons les juges du camp!

En parlant ainsi, traîtreusement, et tandis que Lagardère répondait:

«Soit, attendons,» Gonzague, se fendant à l'improviste, lui porta son

épée au creux de l'estomac.

Mais une épée, dans de certaines mains, est comme un être vivant qui a

son instinct de défense. L'épée de Lagardère se releva, para et riposta.

La poitrine de Gonzague rendit un son métallique. Sa cotte de mailles

avait fait son effet. L'épée de Lagardère vola en éclats.

Sans reculer d'une semelle, il évita d'un haut-le-corps le choc déloyal

de son adversaire qui passa outre dans son élan. Lagardère prenait en

même temps la rapière de Cocardasse que celui-ci tenait par la pointe.

Dans ce mouvement, les deux champions avaient changé de place. Lagardère

était du côté des deux maîtres d'armes. Gonzague, que son élan avait

porté presque en face de l'entrée de la chapelle funèbre, tournait le

dos au duc d'Orléans qui approchait avec sa suite.

Ils se remirent en garde. Ce Gonzague était une rude lame et n'avait à

couvrir que sa tête; mais Lagardère semblait jouer avec lui. A la

seconde passe, la rapière de Gonzague sauta hors de sa main.

Comme il se baissait pour la ramasser, Lagardère mit le pied dessus.

--Ah! chevalier!... fit le régent qui arrivait.

--Monseigneur! répondit Lagardère, nos ancêtres nommaient ceci le

jugement de Dieu... Nous n'avons plus la foi..., mais l'incrédulité ne

tue pas plus Dieu que l'aveuglement n'éteint le soleil... Dieu rend

toujours ses arrêts...

Le régent parlait bas avec ses ministres et ses conseillers.

--Il n'est pas bon, dit le président de Lamoignon lui-même, que cette

tête de prince tombe sur l'échafaud!...

--Voici le tombeau de Nevers, reprit Henri, et l'expiation promise ne

lui manquera pas... l'amende honorable est due... Ce ne sera pas en

tombant sous le glaive que mon poing la donnera...

Il ramassa l'épée de Gonzague.

--Que faites-vous?... demanda encore le régent.

--Monseigneur, répliqua Lagardère, cette épée a frappé Nevers... je la

reconnais... cette épée va punir l'assassin de Nevers!

Il jeta la rapière de Cocardasse aux pieds de Gonzague qui la saisit en

frémissant.

--Apapur! grommela Cocardasse, le troisième coup abat le coq!

Le tribunal de famille tout entier était rangé en cercle autour des deux

champions. Quand ils tombèrent en garde, le régent, sans avoir

conscience peut-être de ce qu'il faisait, prit la torche des mains de

Passepoil et la tint levée.

Le régent, Philippe d'Orléans!

--Attention à la cuirasse! murmura Passepoil derrière Lagardère.

Il n'était pas besoin. Lagardère s'était transfiguré tout à coup. Sa

haute taille se développait dans toute sa richesse; le vent déployait

les belles masses de sa chevelure et ses yeux lançaient des éclairs.

Il fit reculer Gonzague jusqu'à la porte de la chapelle.

Puis son épée flamboya en décrivant ce cercle rapide que donne la

riposte de prime.

--La botte de Nevers! firent ensemble les deux maîtres d'armes.

Gonzague s'en alla rouler mort aux pieds de la statue de Philippe de

Lorraine avec un trou sanglant au milieu du front.

Madame la princesse de Gonzague et dona Cruz soutenaient Aurore. A

quelques pas de là, un chirurgien bandait la blessure du marquis de

Chaverny.

C'était sous la porte de l'église Saint-Magloire. Le régent et sa suite

montaient les marches du perron.

Lagardère se tenait debout entre les deux groupes.

--Monseigneur, dit la princesse, voici l'héritière de Nevers, ma fille,

qui s'appellera demain madame de Lagardère, si Votre Altesse Royale le

permet.

Le régent prit la main d'Aurore, la baisa et la mit dans la main

d'Henri.

--Merci, murmura-t-il en s'adressant à ce dernier et en regardant comme

malgré lui le tombeau du compagnon de sa jeunesse.

Puis il affermit sa voix que l'émotion avait rendue tremblante et dit en

se redressant:

--Comte de Lagardère, le roi seul, le roi majeur peut vous faire duc de

Nevers.

FIN.

TABLE DES CHAPITRES

DU SIXIÈME VOLUME.

Pages.

LE CONTRAT DE MARIAGE.

(Suite.)

XIII. La signature du bossu 5

LE TÉMOIGNAGE DU MORT.

I. La chambre à coucher du régent 35

II. Plaidoyer 57

III. Trois étages de cachot 85

IV. Vieilles connaissances 107

V. Coeur de mère 127

VI. Condamné à mort 149

VII. Dernière entrevue 171

VIII. Anciens gentilshommes 193

IX. Le mort parle 213

X. Amende honorable 238

FIN DE LA TABLE.

* * * * *

Liste des modifications:

page 9: «foreé» remplacé par «forcé» (des dix-huit années de mariage

forcé)

page 11: «un» remplacé par «une» (une dot de cinquante mille écus.)

page 41: «fatignée» par «fatiguée» (Son Altesse Royale est un peu

fatiguée.)

page 51: «dernir» par «dernier» (d'accomplir le dernier voeu)

page 65: «denx» par «deux» (entre les deux enfants)

page 82: «me» par «ne» (vous ne dormirez pas ce matin...)

page 122: «damee» par «dame» (noble dame)

page 134: «cehveux» par «cheveux» (ses cheveux qui tombaient)

page 139: «pricessse» par «princesse» (La princesse avait son trésor)

page 189: «accués» par «accusé» (accusé implicitement...)

page 204: «hante» par «haute» (Ceci est de la haute morale)

page 248: «Montauban» remplacé par «Montaubert» (Montaubert et Peyrolles

avaient chacun)

Le Bossu: Aventures de Cape et d'Épée. Volume 6 · 第 10 / 10 段