Voulons et ordonnons que personne ne puisse estre receu maistre
passé en l'art s'il n'a les deux oreilles coupées[200], et quatre ou
cinq estafilades sur le nez; et parce qu'en diverses rencontres ils
pourroient se trouver en lieu dangereux, seront tenus lesdits postulans
de porter des oreilles d'escarlatte dans leurs pochettes, et s'en
servir aux occurrences.
[Note 200: La punition des filous étoit d'avoir les oreilles
coupées, ou, comme on disoit alors, d'être essorillés. Ces
exécutions se faisoient près la Grève, au carrefour qui
s'appeloit pour cela _Guigne-Oreille_, et par altération
_Guillori_. Brantôme nous dit que, de son temps, l'armée étoit
pleine de vagabonds «essorillés, et qui cachoient les oreilles,
à vray dire, par de longs cheveux hérissés.» (Edit. du Panthéon,
t. 1er, p. 580.)]