[Note 175: _Faire débauche._ Rabelais écrit faire _carous_.
C'est une expression qui vient de l'allemand _gar-auss_, tout
vidé, que le Celtophile d'Henry Estienne (_Dial. du nouv.
lang. franç. italian._) nous reproche d'avoir introduit dans
notre langue à une époque où l'on se plaisoit non seulement à
italianiser, mais aussi à «hespagnolizer, voire germaniser, ou,
si vous aimez mieux un autre mot, alemanizer.» V. aussi Régnier,
édit. elzevir., satire 2, vers 174.]
[Note 176: Allusion à l'assemblée des notables qui s'étoit tenue
à Fontainebleau à la fin du mois de septembre 1625.]
[Note 177: Le poète veut parler de l'incendie du Palais en 1618.
V. notre tome 2, p. 159.]
[Note 178: Par opposition à la fameuse table ronde, qu'à cette
époque même un cabaretier de Paris prétendoit encore posséder.
Il avoit appelé pour cela son cabaret _la Table du valeureux
Roland_ (voy. notre tome 1er, p. 195), et il montroit avec
orgueil, parmi les titres de noblesse de sa taverne, le dernier
écot des douze pairs de Charlemagne. V. _les Visions admirables
du pèlerin du Parnasse..._, Paris, 1635, in-12.]
[Note 179: C'étoit l'usage antique de boire à la santé d'une
maîtresse autant de fois qu'il y avoit de lettres dans son
nom. Ronsard et toute _la Pléiade_, dont Colletet suivoit la
tradition, avoient repris cette galante coutume:
Neuf fois, au nom de Cassandre,
Je vois prendre
Neuf fois du vin du flacon.
Affin de neuf fois le boire
En memoire
Des neuf lettres de son nom.
(Ronsard, _les Bacchanales, ou le folatrissime voyage
d'Hercueil_, strophe 89e)]
[Note 180: On lui avoit fait la réputation de buveur d'eau;
mais, dans sa préface des _Oeuvres de M. de Saint-Amant_ (édit
elzevirienne, t. 1er, p. 10), Faret prétend que c'est un tort,
aussi bien que de le faire passer, lui, pour un ivrogne: «Et
combien, dit-il de Saint-Amant, qu'il m'ait fait passer pour
vieux et grand beuveur dans ses vers, avec la mesme injustice
qu'on a escrit dans tous les cabarets le nom de Chaudière, qu'on
dit qui ne beut jamais que de l'eau.»]
[Note 181: Belleau avoit donné en 1556 une traduction en vers
d'Anacréon. Ronsard le _berna_ quelque peu à ce sujet:
Tu es trop sec biberon
Pour un tourneur d'Anacréon.
Belleau...
«_Belleau_, comme qui diroit _Boileau_, par opposition au
chantre divin, ainsi que l'a remarqué spirituellement M.
Sainte-Beuve, ce n'est qu'un jeu de mots; mais à la manière dont
Ronsard refit plus d'une de ces petites traductions, on peut
croire qu'il ne jugeoit pas celles de son ami définitives.»
(_Tableau historique et critique de la poésie française... au
XVIe siècle_, Paris, Charpentier, 1843, in-18, p. 444.)]
[Note 182: Les _Triétérides_ étoient les fêtes licencieuses qui
se célébroient tous les ans dans la Béotie et dans la Thrace en
souvenir de l'expédition de Bacchus dans les Indes.]
[Note 183: Il faut dire, à la gloire de ces buveurs, qu'il
ne s'agit point ici du vin de Suresnes près Paris, mais d'un
autre, à peu près du même nom, dont le Vendômois Musset-Patay
a expliqué ainsi la faveur assez passagère dans une note de
sa _Bibliographie agronomique_, 1810, in-8: «Il y a, dit-il,
aux environs de Vendôme, dans l'ancien patrimoine de Henri
IV, une espèce de raisin que, dans le pays, on nomme _suren_.
Il produit un vin blanc très agréable à boire, et que les
gourmets conservent avec soin, parcequ'il devient meilleur en
vieillissant. Henri IV faisoit venir de ce vin à sa cour, et le
trouvoit très bon. C'en fut assez pour qu'il parût excellent aux
courtisans, et l'on but, pendant son règne, du vin de suren. Il
existe encore, près de Vendôme, un clos de vigne qu'on appelle
_la Closerie de Henri IV_. Louis XIII n'ayant pas pour ce vin
la prédilection de son père, ce vin passa de mode...» Un des
_Annuaires statistiques_ du département de Loir-et-Cher a
confirmé le fait. Ronsard, en bon Vendômois, avoit sans doute
aidé à la renommée de ce vin de _suren_, lui qui, dans l'ode 21e
de son livre 3, a chanté ainsi le vin de _Prépatour_, qui se
récolte à peu près dans les mêmes vignobles:
Que celui dans une coupe
Toute d'or boive à la troupe
De son vin de Prépatour,
A qui la vigne succède,
Et près Vendôme en possède
Cinquante arpents en un tour.
Il convenoit bien à Colletet, cet idolâtre de Ronsard, de vanter
comme il le fait ici un vin de son pays, et qu'il avoit aimé.]
* * * * *
_Autres gayetez de Caresme prenant, par le mesme autheur[184]._
[Note 184: Ces _Gayetez_ se trouvent aussi dans l'édition des
_Poésies_ de Colletet donnée par son fils.]
* * * * *
_Sarabande._
Les parolles ont esté accommodées à l'air, qui estoit fait.
_Dialogue d'un Amant et d'un Yvrongne. L'un parle à sa
maistresse, et l'autre à sa bouteille._