délivrer de son étreinte, la main du pygmée rencontra un des couteaux
qui avaient servi au repas des compagnons.
--Non, non, non, redit encore le fou en plongeant la lame entière dans
la gorge de Suzanne.
XVIII
Cependant Meuzelin, Vasseur et les autres, rentrés par une brèche dans
le parc de la Brivière, s'étaient mis en quête du général Labor.
--Mazette! Le général a fièrement travaillé depuis ce matin! lâcha
Fil-à-Beurre en montrant, au passage de la cour, les nombreux cadavres
des bandits que Labor avait fait passer par les armes, entassés au pied
des murs.
--Comment diable! a-t-il fini par y voir clair, le vieux coureur de
jupons? se demanda encore Meuzelin qui, à la vue de ces corps, dut
s'avouer que le général, pour un peu qu'il s'était attardé à folichonner
avec Suzanne, avait largement rattrapé le temps perdu.
Ralentis par Gervaise affaiblie, que soutenait Vasseur, les six hommes
s'avançaient lentement.
Au détour d'une allée, ils furent tout à coup cernés par une compagnie
de soldats, sortie d'un affût derrière des massifs.
--Encore une nichée de gredins! ricana un caporal.
--Pris les armes à la main. Leur affaire ne pèsera pas lourd.
Conduisons-les au général, ajouta le sergent.
Et, sans les désarmer, pour que le port d'armes fût bien avéré, les
soldats entraînèrent Meuzelin et les siens, englobés dans leurs rangs.
Comme le disait Meuzelin, Labor avait fini par y voir clair à propos des
Chauffeurs. Mais ne se pouvait-il pas aussi que sa cécité eût persisté à
l'endroit du policier et de ses amis et que, confondant tout en un bloc,
il ne leur fît partager le destin des Chauffeurs?
--Il a l'humeur expéditive, le vieux plumet. Pourvu qu'il nous laisse le
temps de nous expliquer! souffla Fil-à-Beurre au policier.
Si Meuzelin ne répondit pas, c'est que, tout à coup, à l'angle d'un
taillis dépassé, ils se trouvèrent brusquement en présence du général
qui, entouré d'un groupe d'officiers, examinait de loin une cinquantaine
de soldats qu'on apercevait, cachés derrière des buissons, surveillant
la sortie d'une serre en ruine.
--Général, encore six vilains oiseaux de pincés! annonça le sergent.
Labor n'était pas de ceux qui tournent sept fois leur langue dans la
bouche avant de parler, car, tout aussitôt, il répondit:
--Au pied du mur.
Ce disant, il retourna sa mine renfrognée pour jeter un coup d'oeil sur
les «vilains oiseaux» en question.
--Tonnerre de Dieu! ne vous en avisez pas, s'écria-t-il, à la vue du
groupe.
De dure et sévère, la mine du général se fit tout à coup souriante. Il
vint vivement aux prisonniers et, en s'adressant au policier, il demanda
d'une voix joyeuse:
--N'est-ce pas, Meuzelin, que vous m'avez pris pour un fier imbécile?
Du moment que le général l'interpellait par son nom, il était évident
pour l'agent que Labor était au courant de tout.
--Un fier imbécile? En quoi donc, général, fit Meuzelin en exhibant son
air le plus naïvement étonné.
Mais Labor persista dans son dire:
--Si, si, insista-t-il en riant, je n'ai été qu'un franc imbécile. Où
diable! avais-je la jugeote, je vous le demande, quand je vous prenais
pour un comte de Méralec?... Quand ce grand sécot-là (ce disant, il
désignait Fil-à-Beurre), je voulais qu'il fût vous-même, le célèbre
policier?... Quand j'encensais une effrontée gourgandine comme étant une
grande et noble dame?... Quand je voyais le phénix des vieux serviteurs
dans le métayer Cardeuc qui, en somme, n'était que le bandit
Coupe-et-Tranche?
Cela débité, le général marcha vers Vasseur auquel il tendit la main en
continuant:
--Enfin, quand j'ai passé à côté de vous, lieutenant, sans que rien
m'avertît que vous étiez l'infatigable et brave Vasseur qui a détruit la
bande d'Orgères?
Devant cet aveu de ses bourdes que faisait le vieux soldat, Meuzelin se
hasarda à demander:
--Et comment, général, êtes-vous parvenu à découvrir la vérité?
--Oh! de bien simple manière, allez! fit le général.
Il allait s'expliquer, quand quelques mots d'un des officiers qui
l'entouraient le firent se retourner vivement et jeter les yeux vers
l'embuscade que ses soldats tenaient derrière les massifs, à proximité
de la vieille serre.
--Est-ce qu'il y a du neuf? demanda-t-il à l'officier en voyant les
soldats qui mettaient en joue.
--Regardez, général, voici le gibier qui commence à sortir.
En effet, à travers le vitrage de la serre, on apercevait une dizaine
d'hommes semblant attendre pour sortir, le signal de celui qui, passant
la tête par l'entre-bâillement de la porte, étudiait d'un oeil méfiant
les alentours avant de se risquer dehors.
Bien abrité derrière le feuillage, l'embuscade ne pouvait être aperçue
par cet homme, qui n'était autre que Cardeuc. Mais cette trop grande
tranquillité, loin de le rassurer, éveilla la défiance du chef Chauffeur
qui retira sa tête.
--Oh! oh! maître Coupe-et-Tranche, il faudra pourtant finir par quitter
ton trou, ricana doucement le général.
Et, s'adressant à Meuzelin, qui s'était rapproché:
--Figurez-vous, continua-t-il, que quand on m'eut appris l'existence,
sous le château, d'un immense souterrain dans lequel devaient s'être
réfugiés ceux des rares coquins échappés à mes soldats, l'idée m'est
venue, au lieu de risquer la vie de mes hommes à une chasse sous terre,
de faire allumer des feux de bois vert à chacune des issues qui
m'avaient été indiquées, sauf une seule que je laissais à la fuite des
bêtes puantes que j'enfumais dans leur terrier... Comme mes sacripants
ne peuvent plus s'évader que par cette serre, il faudra qu'ils passent
sous les fusils de mes soldats.
Le général s'interrompit pour se mettre encore à rire.
--Eh! eh! fit-il, il paraît que la fumée les prend à la gorge, car voici
le chef qui pointe le nez à l'air.
En effet, le Marcassin venait de rouvrir la porte et d'avancer la tête,
étudiant le danger qu'il pouvait y avoir à s'enfuir. Par-dessus son
épaule, apparaissait le visage du notaire Taugencel.
En même temps, par l'écartement de la porte, sortaient d'épais flocons
de fumée qui témoignaient que le dernier refuge des bandits devenait de
moins en moins tenable.
Encore une fois, le Marcassin rentra dans la serre.
--À ton aise, gredin. Nous attendrons ton bon vouloir, ou plutôt que tu
ne puisses plus respirer, gouailla le général en voyant disparaître
Cardeuc.
Pour couper le temps de l'attente, Labor revenant à ses moutons, reprit:
--Oui, c'est de bien simple manière que j'ai découvert la vérité. C'est
le pur hasard qui m'a tout révélé. Écoutez-moi ça: Après avoir renvoyé
mes hussards à Ingrande, j'étais allé à franc étrier pour les ramener,
afin de protéger en son château cette margot que je prenais bêtement
pour une comtesse.
Labor s'arrêta pour pousser un rire amer.
--M'a-t-elle bien roulé, la bougresse! confessa-t-il.
Après quoi il reprit:
--En arrivant à Ingrande, on m'amena un gars portant le sobriquet de
Sans-Pouce, qui venait d'être arrêté à la suite d'un coup de couteau
administré à un amant de sa femme. Il faut croire que le coeur de
l'épouse penchait pour l'amant, car, au lieu de défendre son mari, elle
se mit à tant déblatérer sur son compte qu'il me fut évident que ce
Sans-Pouce était un de ces insaisissables brigands que je poursuivais.
J'ordonnai de le fusiller. Mais au pied du mur, le coeur manqua au
vaurien qui marchanda sa vie contre des révélations. Il l'estimait
chère, sa vie, car il me fit bonne mesure.
Ce qu'était Cardeuc? Comment ma satanée enjôleuse avait pris le rôle de
la vraie comtesse de Méralec assassinée? Quelles couleurs elle m'avait
fait avaler pour me faire fusiller un certain faux comte de Méralec,
venu comme un chien dans des quilles, lequel n'était autre que le fameux
Meuzelin qui, avant de se faire connaître à moi, avait voulu d'abord
réunir tous les fils qu'il me mettrait en main?... le Sans-Pouce m'a
tout avoué, et à bon escient puisqu'il était un des lieutenants du
Marcassin.
Un bonheur n'arrive jamais seul. Depuis un grand mois, on m'avait
annoncé votre arrivée et celle du lieutenant Vasseur, l'homme qui avait
purgé la Beauce et le Gâtinais de ses Chauffeurs. Vous, je savais
maintenant où vous retrouver; mais du lieutenant, pas d'indice. «Il
était parti de Chartres pour une expédition secrète avec deux de ses
soldats,» m'annonçait la dernière dépêche reçue de cette ville.
Cette dépêche, je l'avais laissée traîner sur une table de mon logis où,
tout naturellement, mon soldat d'ordonnance l'avait lue. Sachant
d'avance que le service rendu lui ferait pardonner son indiscrétion, ce
matin, après l'interrogatoire du Sans-Pouce, que j'avais écouté assis
devant la table où se trouvait la dépêche sur le lieutenant, voici mon
brosseur qui me demande, en montrant l'écrit:
--Mon général veut retrouver le lieutenant Vasseur?
--Tu le connais donc?
--Nullement. Sauf que je sais qu'il porte au sourcil gauche la cicatrice
d'un coup de sabre, pour l'avoir entendu dire par mon oncle, gendarme
sous ses ordres et qui ne le quitte jamais. Il doit être un des deux
hommes dont parle la dépêche.
--Et comment puis-je, selon toi, retrouver le lieutenant?
--En retrouvant d'abord mon oncle, avança naïvement mon brosseur qui, à
l'appui de son moyen, ajouta ce renseignement: Oh! mon oncle est bien
facile à retrouver, allez! Il parle un français à faire mugir de
jalousie une vache espagnole. Lui s'appelle Fichet et son sabre Bec-Fin.
Ce nom de Fichet je l'avais entendu le matin, quand je m'étais présenté
pour offrir mes respects à la prétendue comtesse de Méralec, qui m'avait
été annoncée comme dormant encore par celui qui me barrait le passage en
me disant:
--Que, vrai comme je m'appelle Fichet, je vous récidive qu'elle n'est
pas apercevable à cette heure qu'elle s'avachit dans le sommeil.
J'avais retrouvé mon Fichet, donc j'avais aussi mon lieutenant, car le
souvenir me revint de cette cicatrice que j'avais remarquée au front de
l'un des compagnons de Meuzelin.
Le général s'interrompit brusquement:
--Ah! je crois que voici mes bandits qui se décident, dit-il en
regardant la serre.
La porte, en effet, venait de s'ouvrir, laissant s'échapper plus épais
les flocons de fumée. Mais nul n'apparut. Pour pouvoir résister, il
fallait que les réfugiés de la serre eussent été bien persuadés par le
Marcassin qu'un piège les attendait dehors.
--Ils tiennent à ce que je vous unisse d'abord mon récit, reprit le
général, soit! Par les révélations de Sans-Pouce, j'avais appris que
Coupe-et-Tranche, après avoir feint d'abandonner à la bande du
Beau-François le pillage de la Brivière que j'avais dégarnie de sa
garnison, avait à la hâte réuni ses bandits pour surprendre et détruire,
avant mon retour avec mes hussards, la troupe du rival qui lui faisait
concurrence. Sur ce renseignement, ce ne fut pas avec deux escadrons de
cavalerie que je revins d'Ingrande mais avec le plus gros de mes
troupes, divisées en trois corps qui, par trois routes différentes,
firent une telle diligence que nous étions déjà postés ici avant
l'arrivée des deux bandes ennemies.
--Alors, vous n'avez trouvé personne à votre entrée au château? demanda
Meuzelin.
--Personne, sauf un homme qu'on a ramassé dans le parc avec la cuisse
éraflée par une balle.
Après ces mots, Labor remis en gaieté, ajouta en riant:
--Encore un, ce garçon, que j'avais demandé à tous les échos, et que mon
heureuse veine m'amenait sous la main pour m'aider de ses bons conseils.
--Bah! qui donc? lâcha le policier surpris.
Mais au lieu de répondre, le général prononça vivement:
--Enfin!!!
Son exclamation était motivée par la vue d'une quinzaine d'hommes, qui,
Cardeuc et Taugencel en tête, sortaient de la serre. Soit que l'asphyxie
les chassât de leur refuge, soit que le calme des alentours les eût
rassurés, il se risquaient à tenter la fuite.
Leur groupe allait passer presque à bout portant de l'embuscade qui les
attendait.
--Feu! commanda le général.
La fusillade, éclatant comme un coup de tonnerre, coucha tous les
misérables sur le sable. Le Notaire et Cardeuc étaient de ceux qui
avaient été tués net. Les cinq ou six blessés furent achevés à la
baïonnette.
Si dramatique que fût la scène qui venait de se passer, la curiosité
irritait trop Meuzelin pour qu'il pût garder plus longtemps la question
qui lui brûlait les lèvres.
--Un mot encore, général, dit-il. Quel était donc ce blessé trouvé dans
le parc, que vous traitez de pauvre garçon, et qui après s'être
longtemps soustrait à vos recherches, s'est trouvé si à propos, comme
vous l'affirmez, pour vous aider de ses bons conseils?
--Comment, vous ne devinez pas?
--Non. Qui donc?
--Parbleu! c'est Croutot.
--Croutot! répéta Meuzelin ébahi.
--Oui, Croutot par qui j'ai appris l'existence et toutes les issues des
souterrains du château... Croutot qui m'a donné l'idée d'enfumer en leur
repaire les derniers coquins que nous venons d'expédier... Croutot,
enfin, que les Chauffeurs avaient tenté d'abattre d'un coup de fusil,
lorsqu'il accourait ici pour m'éclairer de ses précieuses révélations.
Le policier savait trop bien ce qu'était devenu le nabot pour n'être pas
convaincu que le général devait avoir commis encore quelque balourdise
énorme.
--Vous êtes bien certain que c'est Croutot? appuya-t-il.
--Si bien Croutot en personne que, dans sa poche, il avait une lettre à
mon adresse. Pour le cas où il n'aurait pu me rejoindre, il avait
consigné par écrit tout ce qu'il savait sur les deux bandes.
--Bien certain? bien certain? insista le policier.
Loin de se fâcher du doute, Labor proposa gaiement:
--Voulez-vous que je l'envoie chercher? Il est au château, où il attend
la récompense que je lui ai promise pour quand l'expédition serait
terminée.
--Oui, faites-le venir, accepta Meuzelin.
Sur un signe de Labor, un peloton de soldats partit au pas accéléré.
--Oui, Croutot en personne, reprit le général en raillant, Croutot en
chair et en os... Est-ce que vous croyez que j'en suis encore à
confondre tout le monde, comme il m'est arrivé pour vous, pour Cardeuc
et la fausse comtesse? Ah! non, ce temps-là est passé. Du moment que je
vous annonce Croutot, c'est bel et bien lui.
Et, tout moqueur, le général demanda:
--Connaissez-vous seulement Croutot?
--Oui, un vrai nain.
Labor fut saisi d'un fou rire qui lui permit de bégayer à grand'peine:
--Ah! un nain! Si c'est de la sorte que vous connaissez Croutot...
Sachez que c'est un vrai géant.
Puis, tout aussitôt:
--Tenez! fit-il voici qu'on l'amène. Regardez-le et dites si c'est un
nain.
Meuzelin et Vasseur se retournèrent vers celui qui arrivait conduit par
les soldats.
--Le Beau-François! s'écrièrent-ils.
Oui, c'était bien lui! Empêché de fuir par sa blessure, il avait été
pincé par les soldats de Labor qui, en le fouillant, avaient trouvé
cette lettre que le géant avait retirée de la poche de Croutot quand il
l'avait étourdi, dans le souterrain, d'un si terrible coup de poing.
Le Beau-François avait joué son va-tout en profitant de cette lettre
pour avouer au général qu'il était Croutot.
En reconnaissant Vasseur et l'agent, le colosse comprit que c'en était
fait de la ruse qui, seul de tous ses complices, l'avait laissé
survivre.
Malgré sa blessure, il bondit vers le cheval du général qu'un ordonnance
tenait en main à quelques pas du groupe. Après avoir, de son énorme
poing, assommé le soldat, il s'élança sur l'animal qu'il enleva à fond
de train. Mais, en fuyant, il voulut se venger de celui qui avait
anéanti la bande d'Orgères.
Des fontes de la selle de Labor, il tira un pistolet, ajusta Vasseur au
passage et fit feu.
Un cri étouffé se fit entendre.
En même temps, Fil-à-Beurre, s'avançant de trois pas en avant du groupe,
avait abaissé sa carabine qu'il tenait à la main et mis le fuyard en
joue.
Le Beau-François était déjà loin quand l'échalas fit feu. Aussitôt on
vit le colosse se renverser sur sa selle, puis perdant les étriers,
s'abattre comme une masse sur le sol.
La balle lui avait traversé le crâne.
--Mes compliments! Un beau coup de fusil, Barnabé! s'écria joyeusement
Vasseur en rejoignant le tireur.
Mais, brusquement, d'une voix alarmée:
--Qu'as-tu donc? demanda-t-il à la vue de la figure de l'échalas, livide
et convulsée par la souffrance.
--J'ai, mon lieutenant, que j'ai attrapé la balle que ce gueusard vous
destinait, balbutia péniblement Fil-à-Beurre en montrant sa blessure en
pleine poitrine:
Et il s'affaissa sur le sol, en ajoutant:
--Je suis fichu!
--Non, non, tu vivras, mon bon Barnabé, tu vivras, tu vivras, répéta
tout désespéré, le lieutenant qui s'était agenouillé près du mourant.
Un doux sourire apparut sur les lèvres de l'échalas qui répondit d'une
voix doucement résignée:
--Mieux vaut que je meure. Voyez-vous, lieutenant, j'étais laid,
grotesque, ridicule à faire rire les femmes. La vie eût été pour moi une
longue souffrance réservée à mon personnage cocasse, car...
Avant d'achever, il écarta d'un signe de main, ceux qui s'empressaient
autour de lui et, approchant ses lèvres de l'oreille du lieutenant, il
lui murmura dans son dernier soupir:
--J'aimais Gervaise.
(Juin-Novembre 1883.)
FIN
F. Aureau.--Imprimerie de Lagny.
End of Project Gutenberg's Le saucisson à pattes II, by Eugène Chavette