DÉCRET

Panama, 9 septembre 1852.

En vue de répandre, dans la République Argentine, les idées bien conçues

sur l'émigration européenne et de prouver le grand intérêt que prend le

gouvernement pour les travaux des hommes d'intelligence sur cette

question, et sur les avantages que l'agriculture, l'industrie, le

commerce peuvent retirer de l'exploitation de notre sol,

Le Président de la République Argentine décrète:

Article 1er.--Le livre de M. le docteur Brougnes, intitulé: _Extinction

du paupérisme agricole par la colonisation dans les provinces de la

Plata_, sera traduit en espagnol, imprimé et publié aux frais du Trésor

National.

Art. 2.--L'exemplaire adressé au gouvernement argentin par M. Brougnes,

sera déposé aux archives. Des remerciements seront adressés à l'auteur.

Art. 3.--Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent

décret.

Art. 4.--Il sera publié et communiqué à qui de droit.

_Le Président de la République Argentine_,

URQUIZA.

_Le secrétaire général_,

V. QUESADA.

_Le ministre de l'intérieur_,

B. GOROSTIAGA.

L'oeuvre de colonisation à production élevée, dont nous venons d'exposer

la combinaison et l'organisation, est destinée aux familles de

cultivateurs pauvres dont la situation nous a paru irrémédiable par tout

autre moyen. En les transformant en grands propriétaires, éleveurs de

nombreux troupeaux d'animaux, avec l'outillage nécessaire à

l'exploitation du sol, nous faisons de ces familles des agents de grande

production, dont partie doit appartenir, en toute justice, à

l'entreprise qui leur a créé une telle situation. Quant aux résultats

heureux de l'oeuvre, nul ne peut les contester. Le chiffre des bénéfices

sera, sans nul doute, plus ou moins élevé que celui que nous avons

rationnellement calculé. Mais ces bénéfices, si réduits qu'ils soient,

nul ne peut les nier. Un fait incontestable, c'est l'intérêt dix pour

cent par an et la prime de vingt pour cent alloués par la loi argentine

au capital employé à la colonisation, hypothéqué sur l'avoir mobilier et

immobilier du colon et sur une grande concession de terre qui devient

propriété de l'entreprise dès le moment de l'installation de la colonie,

c'est-à-dire, du moment de l'application du capital à l'opération. Il y

a donc toute sécurité pour le capital et de grands bénéfices à réaliser,

tout en rendant au cultivateur pauvre le plus grand des services, celui

de l'arracher au goufre de la misère vers lequel il est entraîné et de

le placer sur la voie de la fortune largement ouverte devant lui. Quant

à nous, notre conscience satisfaite nous dit que nous faisons une bonne

oeuvre et une bonne action.

Dr BROUGNES.

[Carte Géographique

de la République Argentine

avec les limites réglées par les derniers traités de 1881.]

Bases pour servir aux entreprises de colonisation dans les territoires nationaux de la Republique Argentine · 第 26 / 30 题