35 autres, également de pure race, sont servies par un étalon Trakenem,
de race allemande, introduite en 1876.
Les poulains de ces races se vendent 600 francs.
Deux autres groupes de juments sont destinés à produire les chevaux
galopeurs chiliens. Ces chevaux ont le mérite d'aller à un pas de galop
sans trop fatiguer le cheval et le cavalier.
_Race bovine._--3,600 vaches, de divers croisements, sont servies par
des taureaux Herford à face blanche.
3,800 vaches croisées sont servies par des taureaux Durham. La première
de ces races a été choisie parce qu'elle est plus robuste et moins
difficile à élever.
La seconde comme plus propre à l'engraissement et qu'elle produit une
plus grande masse de viande.
_Race ovine._--Deux races de brebis sont élevées dans le domaine de
San-Juan, la race Southdown à face et pattes noires, sans cornes, et la
race Rambouillet.
Le groupe de race pure Southdown est de 1,500 brebis. Elles sont servies
par des béliers de pure race.
Le groupe de race croisée s'élève à 5,500 brebis.
Les Southdowns acquièrent tout leur développement en dix-huit mois,
pendant qu'aux Rambouillets il faut deux ans.
Dans cet établissement, des moutons Southdown ont pesé après leur mort 9
arrobes (90 kil.).
La laine de cette race est plus recherchée que celle du Rambouillet,
parce qu'elle est plus légère; on la paie deux francs de plus par
arrobe.
Le groupe de la race Rambouillet comprend 32,000 brebis.
300 sont de pure race. Des béliers ont donné des toisons pesant de 18 à
32 livres de laine. Ces brebis sont menées au pâturage pendant le jour,
et la nuit, on leur donne, dans des hangars, du fourrage sec à manger.
L'année 1877, on récolta 3,500 arrobes (35,000 kil.) de laine, ce qui,
pour 32,000 têtes, donne 1 kil. 09 environ par tête, l'une comportant
l'autre.
À ces établissements nous pourrions en ajouter des centaines, tout aussi
importants et aussi bien tenus, tels que ceux de M. Émile Duportal, à
San-Vicente, de MM. Casares, Guerrico, Unzué, Lincoln, Ortiz, Édouard
Olivera[21]. Celles dont je viens de faire la sommaire description
suffiront pour démontrer à mes lecteurs les richesses immenses que
l'industrie du bétail est appelée à produire dans la République
Argentine.
Comme preuve de haut intérêt que porte le gouvernement argentin depuis
trente ans à l'oeuvre de la colonisation de son vaste territoire et de
sa décision à en poursuivre l'exécution, nous reproduisons ici la lettre
de félicitation et de remerciements pour notre initiative de
colonisation, que nous faisait adresser, en septembre 1854, le
gouvernement argentin, sous le général Urquiza, par l'éminent ministre
de l'intérieur, M. le docteur Gorostiaga. Le président actuel de la
République Argentine, brigadier-général Roca, pénétré de la même
décision, disait, dans son dernier message au congrès: «Je crois
nécessaire de stimuler la colonisation de nos territoires nationaux en
accordant de larges concessions et en protégeant les colons.»
Voici la lettre du ministre de l'intérieur, docteur Gorostiaga:
Parana, 11 septembre 1858.
Monsieur le docteur BROUGNES,
«Son Excellence M. le président de la République Argentine a reçu un
exemplaire de votre ouvrage intitulé: _Extinction du paupérisme agricole
par la colonisation dans les provinces de la Plata_. La lecture de votre
livre a complètement satisfait Son Excellence; elle m'a chargé de vous
remercier en son nom, non-seulement de l'envoi d'un exemplaire dudit
ouvrage, mais surtout du service important que vous rendez à la
confédération, en vous occupant d'un de ses intérêts les plus vitaux,
celui d'introduire dans nos contrées des travailleurs honnêtes et
laborieux.
«La question que vous avez traitée dans votre livre est frappante de
vérité et pleine d'intérêt. Comme vous le dites, les bras surabondent en
Europe, où le sol arable est infiniment trop réduit pour sa trop
nombreuse population, pendant que nos immenses et fertiles plaines
manquent presque totalement de laboureurs. Fournir du sol aux
travailleurs agricoles, du travail et la subsistance aux indigents,
telle est la question à résoudre au profit de l'Europe et de l'Amérique,
question dont vous avez entrepris la solution avec un zèle qui vous
honore. Le gouvernement argentin ne négligera rien, pour son compte, et
s'imposera tous les sacrifices pour le succès d'une aussi grandiose
entreprise.
«Vous trouverez, à la suite de cette lettre, une copie d'un décret du 9
septembre, qui vous prouvera le prix que M. le président de la
République fait de vos travaux et de votre activité pour
l'accomplissement de l'oeuvre dont la direction vous a été confiée,
celle d'introduire dans notre pays des émigrants utiles et laborieux.
«En exécutant les ordres de M. le Président, qu'il me soit permis, à mon
tour, de vous adresser mes félicitations pour votre important travail,
et je vous prie d'agréer l'assurance de ma haute considération,
Le ministre de l'intérieur,