boisé de sapins. De ces arbres résineux s'échappait une odeur
aromatique qui faisait dire au pappas que de ce saint lieu s'exhalait
une odeur d'encens. D'un couvent à l'autre la distance est de quatre
milles au plus, mais le sentier se recourbe et revient si souvent sur
lui-même, qu'on fait plus du double pour atteindre le pic aigu où se
dresse Zographos à une hauteur prodigieuse.
Ce nom de Zographos a pour origine une légende poétique. Vers l'an
895, Léon le Sage fit élever un couvent au mont Athos et en confia la
décoration au plus habile peintre de la montagne. Le _maestro_ couvrit
en peu de temps les murs de fresques, mais arrivé à l'endroit où il
devait représenter saint Georges, son talent lui fit défaut, et jour
et nuit il travaillait et grattait sans cesse ce qu'il venait de
faire, ne pouvant arriver à un résultat qui le satisfit. Un matin,
qu'il revenait découragé à son travail, il vit dans le fond de
l'église au milieu d'un cadre étincelant d'or et de pierreries une
image si parfaite du saint, qu'il tomba la face contre terre et se mit
en prières. Un moine, qui entrait à ce moment, reconnut le saint
Georges pour l'avoir vu au Sinaï où il était en grande vénération.
Chacun s'émerveilla de ce miracle et le couvent prit le nom de
Zographos (couvent du peintre). Quelque temps après, le miracle ayant
été répandu dans tout l'empire, un moine du Sinaï vint à Athos et
s'approchant du saint, lui reprocha son infidélité en le menaçant du
poing. Saint Georges saisit la main du moine insolent et lui coupa le
doigt avec les dents.
Nous restâmes deux jours à Zographos non pas tant pour les
bibliothèques et les églises riches en manuscrits et en peintures, que
pour la splendeur du paysage. Placé, comme je l'ai dit, sur un pic
aigu, ce couvent semble avoir voulu atteindre le ciel et s'être arrêté
en chemin. Les hautes forêts qui l'entourent, baignées de torrents,
gardent leur fraîcheur sous le soleil brûlant; nul bruit ne trouble
cette solitude que le clapotement métronomique d'un moulin qui moud en
philosophe la maigre pitance des moines. La vue change à chaque
instant du jour. À midi, l'oeil suit les molles ondulations de la
montagne, compte les cônes et plonge jusque dans l'intensité des
ombres; le soir, sous la lumière décroissante, les bois se colorent
diversement, mais c'est surtout le matin que le spectacle est
admirable quand la vallée sort du brouillard comme une jeune fille qui
lève son voile. Cette comparaison était-elle venue à l'esprit du fils
aîné des pappas? Je ne sais; toujours est-il qu'il se confessait
souvent; mais je crois que c'était plutôt le péché d'envie qu'il avait
commis. On ne saurait en effet envier gîte mieux placé, et volontiers
on renverrait cette triste population de moines pour s'y établir. Il
est vrai qu'à y bien réfléchir on serait assez mal en ce nid d'aigle,
depuis qu'ayant perdu l'habitude de marcher pieds nus et de se vêtir
de peaux de bêtes, l'homme a lié son existence à celle d'un tailleur
et d'un bottier.
Le 27 juin nous redescendions vers la mer.
Castamoniti, où nous fîmes halte pendant la chaleur, est à peine un
couvent, un peu plus qu'un skite, quelque chose comme un petit hameau
vermoulu, perdu au milieu d'une forêt épaisse. Les caloyers nous
virent arriver chez eux d'un air surpris: les pèlerins viennent
rarement jusque-là, et ils ont grand tort; car rien n'est en même
temps plus sauvage et plus riant que ce petit coin. La nature y a
complaisamment disposé les racines en sièges commodes tapissés de
mousse; la vigne sauvage s'allonge en guirlandes et unit les arbres
l'un à l'autre, l'oranger au cyprès, le chêne à l'olivier, le mélèze
au platane; au-dessus, dans le feuillage, on entend une merveilleuse
musique, la musique amoureuse des oiseaux; les sources jaillissent
entre les rochers, et se mariant aux ruisseaux, créent de petits
torrents joyeux qui bondissent dans la vallée; d'un bord à l'autre les
fleurs étendent les unes vers les autres leurs larges feuilles
languissantes.... Tout enfin respire la vie et l'immortalité, et
semble dire à ces moines que leur règle est un non-sens; tout, jusqu'à
ces insectes qui par une cruelle raillerie campent avec leur famille
sur un poil argenté de leur barbe.
«Est-ce que jamais une femme n'a mis le pied sur la montagne? me
demandait lady Franklin.
--Une seule fois, milady, et c'était une de vos compatriotes, elle
débarqua sur le rivage devant Iveron; alors les simandres s'agitèrent,
les moines prièrent, les portes grincèrent sur leurs gonds et de la
plus haute tour le plus sage cria: _Vade retro, Satanas_, et elle
disparut. Mais depuis ce jour les higoumènes surprennent de jeunes
diacres beaux comme Adonis et pâles comme des statues de marbre
interrogeant du regard l'horizon....»
Dokiarios. -- La secte des Palamites. -- Saint-Xénophon. --
La pêche aux éponges. -- Retour à Kariès. -- Xiropotamos, le
couvent du Fleuve-Sec. -- Départ de Daphné. -- Marino le
chanteur.
Le soir nous arrivions au-dessus du couvent de Dokiarios sur la côte
occidentale. Il y avait plus d'un mois que nous n'avions vu coucher le
soleil: le jour baissait lentement et à travers la douce transparence
du crépuscule, les teintes se fondaient dans une nuance uniforme qui
ne laissait plus voir que le dessin largement accusé des masses
d'arbres et des agglomérations de rochers. Dans le ciel refroidi les
vapeurs du couchant s'amoncelaient et une troupe de nuages noirs et
lourds, se pressant en vain les uns contre les autres pour cacher le
soleil, prenaient les formes les plus grotesques et me rappelaient une
de ces conspirations obscures qui cherchent en vain à étouffer la
vérité. Quand le soleil fut éteint, le monastère brilla de mille
petites lueurs pâles, mais le chemin par lequel on y descend devint
fort sombre, et de plus, étroit, pavé de petites pierres roulantes,
rondes comme des pois, il était peu praticable. Un mulet tomba! il n'y
eut qu'un cri, nous crûmes nos clichés photographiques brisés...
C'était le pappas qui avait failli se rompre le cou. Fort heureusement
il était tombé sur la tête; mais son turban qui l'avait protégé,
s'était enfoncé jusqu'au-dessous du nez, en sorte qu'il avait la plus
singulière tournure du monde. Il criait qu'il était certainement mort,
et chacun de nous riait tellement que personne n'avait la force de lui
arracher son éteignoir. Quand les moines arrivèrent nous avions l'air
de jouer à colin-maillard: ils durent nous prendre pour une bande de
fous. On rassura le pappas, on lui promit une neuvaine et nous nous
mîmes à table.
Cassien dit, en parlant des moines d'Égypte, que Serène, les traitant
un dimanche, leur donna une sauce avec un peu d'huile et de sel frit,
trois olives, cinq pois chiches, deux prunes et chacun une figue. Ce
menu, que Cassien traite de douceurs peu ordinaires aux moines, eût
été en effet menu de festin à côté du souper qu'on nous servit à
Dokiarios. Nos provisions étaient épuisées; depuis douze jours nous
faisions le pilaf sur un vieil os de jambon qui avait perdu tout
parfum originel; jusque-là cependant l'ordinaire des couvents avait
été copieux sinon succulent; ce soir-là il était insuffisant. «Ces
hommes sont des saints, dit le pappas après le souper, on les a
accusés de gloutonnerie, Dieu voit leur abstinence.» À ce mot de
gloutonnerie nous fîmes tous un geste de surprise. Qui donc a pu
porter une telle accusation?... Le moine Barlaam.
Voici ce qu'était ce moine qui nous valait si maigre chère.
En 1339 vint à Salonique un moine appelé Barlaam, Catalan d'origine.
Après avoir étudié les Pères de l'Église grecque, il tint plusieurs
conférences où il tenta de réunir les deux Églises. En ce même temps,
il y avait au couvent de Dokiarios un caloyer appelé Grégoire Palamas
qui était un homme saint entre tous et disait avoir vu de ses yeux
l'essence divine.
Palamas fit de nombreux sectateurs qui comme lui prétendirent être
arrivés à l'état de sublime quiétude. Barlaam les nomma Omphalopsyques
(qui ont l'âme au nombril) et les accusa de renouveler l'hérésie des
Massaliens condamnés à Antioche vers la fin du quatrième siècle. À ce
reproche se joignit celui d'intempérance. La querelle s'étant
envenimée de part et d'autre, Barlaam demanda à l'empereur Andronic la
réunion d'un concile afin de convaincre les Athonites de leurs
erreurs. Ce concile se tint à Sainte-Sophie le onzième jour de juin
1341. L'empereur le présidait en personne. Barlaam fut condamné.
Palamas triomphant fit élever au siège patriarcal un de ses disciples
appelé Calliste, homme grossier et sans instruction. Mais cette
élection ayant créé un schisme dans l'Église grecque, Cantacuzène fut
forcé de congédier Calliste.
Il y a un fait certain, c'est que, comme nous l'avons éprouvé, le
reproche d'intempérance serait aujourd'hui très-mal fondé à l'égard
des caloyers de Dokiarios.
Dès le lendemain nous prenions une barque qui nous menait à
Saint-Xénophon. Nous y fûmes reçus par un vieux caloyer, originaire de
Corfou, qui avait fait la campagne d'Égypte et celles de Grèce de 1821
a 1829. Son corps était troué de balles, mais il ne s'en portait que
mieux, car la seule chose, avouait-il naïvement, qui le retint à la
terre était le désir de prendre sa revanche. Il nous montra dans le
catholicon construit nouvellement, quelques curiosités arrachées à
l'ancienne église: deux beaux fragments de mosaïque représentant saint
Georges, _l'honneur de la Cilicie_ (_Ciliciæ decus_), et saint
Démétrius, les restes d'un retable en bois sculpté et un ostensoir
émaillé. Ce dernier objet, de forme rectangulaire, est décoré de têtes
de saints sur un fond d'entrelacs et d'arabesques.
[Illustration: Intérieur de la cour principale du couvent slave de
Kiliandari.--Dessin de Lancelot d'après une photographie.]
Pendant notre inspection, on avait servi le dîner sur une des galeries
hautes qui dominent la mer. Le père cuisinier avait reçu sans doute
des instructions spéciales de notre vieux cicérone, car la table était
servie avec un luxe inaccoutumé. Sur une nappe rehaussée de pailletons
d'or et de franges de soie, telle qu'en brodent les femmes de
Calamatta, un plat de dorades parfumées au genièvre fumait au milieu
d'un rempart de figues, de pastèques et de raisins, vrais produits de
Chanaan. Le repas fut gai: le caloyer commença le récit de ses
campagnes et le pappas égrena son chapelet d'épithètes à la louange de
la Sainte-Montagne. Le vin de Santorin est bon quand il est dépouillé,
le vin de Ténédos ne lui cède en rien, mais celui de Corinthe leur est
certainement bien supérieur: ce fut l'avis général. Le caloyer en
était à sa cinquième campagne, et le pappas, à bout d'épithètes
terrestres, en empruntait au ciel et parlait du paradis à faire croire
qu'il en revenait. On allait attaquer une outre de vin de Chypre,
quand nous entendîmes sous la galerie un bruit mesuré de rames.
C'étaient des pêcheurs d'éponges qui exploraient la côte. Ce spectacle
coupa court à la joie générale; car on ne peut se figurer quel
horrible métier que celui de ces hommes. Nous en vîmes rester sous
l'eau plus d'une minute, reparaître et replonger encore, répétant cet
abominable exercice pendant plusieurs heures. Ces plongeurs ont
l'apparence de noyés; les yeux injectés de sang, les paupières
gonflées, les joues bleuies et les lèvres pâles comme celles des
morts. Sur le pont, deux hommes, enveloppés de larges mantes,
examinaient attentivement ce que rapportaient leurs limiers
amphibies...
[Illustration: La récolte des noisettes au mont Athos.--Dessin de
Villevieille d'après M. A. Proust.]
Le soir, le bon vieux père, qui ne voulait nous laisser ignorer rien
des distractions de son bienheureux séjour, nous mena à la pêche aux
flambeaux. Cette pêche est la même que celle qui se fait dans la baie
de Naples et sur certaines côtes de France. On allume un feu de bois
résineux à la tête d'une embarcation légère et on perce d'un trident,
les poissons que l'on surprend endormis. Pendant l'été, les caloyers
font cette pêche et salent pour l'hiver les poissons en très-grande
abondance sur cette côte.
Le lendemain, nous allâmes visiter les ruines du monastère
d'Archangelos: en allant là, nous rencontrâmes un grand nombre de
moines qui récoltaient les baies de lauriers dont ils fabriquent une
huile très-estimée par les Turcs, et les noisettes qu'ils transportent
à Constantinople.
À notre retour au couvent, nous nous séparâmes de notre compagnon le
pappas. Lui continuait sa route par le couvent russe; nous, nous
retournions à Kariès.
Après de nouvelles visites dans les couvents qui entourent la
capitale, dans les skites, les ermitages et les cellules, nous fîmes
dans les ateliers de gravures[41], une collection complète d'images
qui devait nous servir à l'iconologie de la Grèce; nous achetâmes des
chapelets, rosaires, cuillers en bois, kalimafki, chemises de laine
(les moines ne portent que celles-là) et bouteilles clissées à la
résine que fabriquent les ermites et qu'on vend chaque samedi au
marché de Kariès; puis nous reprîmes notre pèlerinage, nous dirigeant
vers le couvent du _Fleuve-Sec_ (Xiropotamos), placé au-dessus du
petit port de _Daphné_.
[Note 41: Ces gravures anciennes sont sur cuivre. La
lithographie a été introduite depuis peu de temps par
les Russes.]
Nous étions au 1er juillet: les images du passé, ce commencement de
spleen, commençaient à nous assaillir. Les couvents de la côte
occidentale étaient peu intéressants: _Agios Pablos_, _Agios
Dyonisios_, _Agios Gregorios_ n'avaient, nous disait-on, que des
églises neuves, des peintures refaites et des bibliothèques vides.
_Simo-Petra_ (la Pierre de Simon) ne nous avait rien montré que sa
position hardie sur un rocher aigu. Nous prîmes le parti de rester à
Xiropotamos qui nous offrait de nombreux sujets d'études. Mais, malgré
la conversation savante du P. Calliste, un des épitropes les plus
instruits de la montagne, malgré les plaisanteries du P. Bimataris,
infortuné sans barbe, qui n'avait pas été élevé dans le Seraï, mais en
avait connu les exigences, malgré nos occupations de tous les jours,
malgré le plaisir de la chasse, malgré les douceurs de la pleine-eau
et les charmes de la pêche, les faces mornes de ces moines nous
semblaient ennuyées et ennuyeuses, et chaque nuit nous surprenait
causant des différents modes de suicide.
Un matin que nous étions allés attendre des chacals au gué, nous vîmes
paraître à l'horizon, à la pointe du cap Felice, la voile rayée d'une
tartane; elle eut longtemps l'air d'hésiter..., enfin elle mit le cap
sur Daphné....
Le 9, nous faisions voile pour Salonique.
Notre tartane était montée par trois hommes et un enfant.
Le patron, ancien corsaire, faisait par pénitence un commerce peu
lucratif avec les moines, espérant, par l'intercession de ces saints
personnages, se faire bien venir de la _Panagia_, leur protectrice. En
revanche, les bons pères le tenaient en grande estime et l'honoraient
d'une confiance toute particulière.
«Sous la conduite de Tsavellas, nous avait dit le P. Calliste, vous
pourrez dormir tranquilles.»
Cette promesse était au figuré, car les cancrelas, espèce hideuse,
promenant sur nos mains et notre visage leurs extrémités froides et
velues, firent de notre première nuit un long cauchemar.
Aux premières lueurs de l'aube, nous étions sur le pont, nous croyant
déjà dans le golfe Thermaïque, mais la fortune nous réservait de dures
épreuves: nous étions encore en vue de l'Athos, les voiles pendaient
immobiles le long des mâts, la mer était sans rides, et l'équipage
dormait profondément.
«Holà? Pallikari!» cria Voulgaris.
Personne ne bougea, à l'exception d'un des marins qui, se retournant
d'un autre côté, murmura en se rendormant cette complainte:
Deux à deux les petits oiseaux
Sur les branches de myrte
Chantent doucement.
Le ciel resplendit joyeux;
Mais dans mon coeur pleure
La douleur amère.
«Voilà, me dit Schrany, un écumeur de mer bien sentimental.
--Eh! Cortaki! qui t'a appris cette chanson?
--Qui m'a appris cette chanson? répéta le matelot eu se soulevant sur
le coude, c'est Marino.
--Qui? Marino?
--Marino le chanteur. Si vous avez été au couvent russe, effendi, vous
avez vu Marinetto. Ce doit être le plus beau de la montagne; c'était
le plus beau de Zante. Personne ne dansait mieux le _Romaïka_, et ne
tournait plus galamment un compliment à une jolie fille.
--Et pourquoi s'est-il fait moine, ce don Juan?
--Oh! cela est une triste histoire, mon maître. Marino aimait
Cortaïna, la perle de la rue des Roses, et Cortaïna aimait Marino;
mais un jour, Marinetto partit pour un lointain voyage, vers l'Arabie.
«Trois fois les champs refleurirent, trois fois le rossignol chanta,
Marino ne revenait pas.
«La première fois, Cortaïna commença à pâlir, la seconde fois elle se
mit à pleurer, la troisième fois elle se coucha.
«Un matin, ceux qui étaient sur la plage virent venir un caïque chargé
d'ambre.
«--Lève-toi, lui dit sa mère, voici ton fiancé.
«--Ma mère, je ne peux plus me lever, mais quand il viendra ne
l'afflige pas; sers-lui à souper et donne-lui cette alliance, afin
qu'il puisse se marier ailleurs, et se faire de nouveaux parents et de
nouveaux amis.»
«Lorsque Marino vint à la maison, il sentit une odeur d'encens, et il
vit les voisins qui se voilaient le visage.
«--Quelqu'un est-il mort?» s'écrie-t-il.
«Aucun ne répondit.
«Il entra dans la maison et vit la mère qui s'arrachait les cheveux.
«Voilà pourquoi, effendi, Marino s'est fait moine.
--L'as-tu vu depuis?
--Non; et je ne veux pas le voir. C'est un mauvais coeur, il a oublié
sa mère. La pauvre vieille file la laine pour vivre; mais les larmes
troublent sa vue, et sans le patron qui, voyez-vous, est un bon homme
au fond, elle serait morte de faim.
--Allons, fainéant, cria Tsavellas, debout et laisse là tes histoires.
Voici la brise, et ce soir, avec l'aide de la _Panagia_, nous serons à
Zagora.
--À Salonique, vous voulez dire.
--À Zagora, j'ai bien dit. On ne va pas toujours où l'on veut,
effendi.»
Ant. PROUST.
GRAVURES.