Mes camarades et moi.--Portraits.--Anecdotes.
Quantité d'hommes remarquables à des titres différens sont sortis du
collége de Juilly; le Marquis de Bonald, si bon qu'il soit, n'est pas le
meilleur qui sorte de là; le Comte de Narbonne, le Marquis de Catelan,
le général Desaix, l'amiral Lacrosse, l'amiral Duperré, Adrien Duport,
Héraut de Séchelles, le chevalier de Langeac y ont été élevés avant ou
après moi; mais j'y ai eu pour condisciples M. Dupleix de Mézy, M.
Pasquier, et pour camarades M. de Joguet, M. Eryès, M. Boiste, MM. de
Salverte, M. Durand, dit de Mareuil, M. Creuzé Delessert et M. de
Sallenave.
Avant de poursuivre mon récit, je crois devoir expliquer pourquoi je
désigne ces messieurs par des qualifications différentes, et quelle
distinction j'établis entre _condisciple_ et _camarade_. _Condisciple_
signifie soumis à la même discipline, et peut s'appliquer à tous les
écoliers qui habitent le même collége et sont régis par une règle
commune. _Camarade_ signifie habitant la même chambre, de l'espagnol
_camara_, et ne doit se dire que des écoliers qui suivent la même
classe, ou travaillent dans le même quartier.
MM. de Mézy et Pasquier étaient pour moi dans la première catégorie.
Tous deux se signalèrent à Juilly par les études les plus brillantes;
entrés au parlement de Paris, au sortir du collége, tous deux semblaient
destinés à jouer un rôle important. Le second seul a rempli entièrement
sa destinée. Parlons du second.
À quelques exceptions près, l'homme diffère peu dans le monde de ce
qu'il était au collége. L'âge le corrige moins qu'il ne le développe.
Doué d'une facilité singulière pour le travail, M. Pasquier s'est montré
à la tribune ce qu'il avait été en rhétorique, habile arrangeur de mots,
mais plus disert qu'éloquent; d'ailleurs courtisan des plus souples avec
les puissans, tant qu'ils sont puissans, il n'a jamais pu se dépouiller,
avec le reste des hommes, de la morgue qu'il avait contractée dans la
robe parlementaire qui lui a servi de maillot et lui servira de linceul.
Ces deux messieurs m'ont précédé de quelques classes. Parmi ceux que je
précédais, il s'en trouve plusieurs qui marquent aussi dans le monde:
tel est M. Alexandre de Laborde. Entré au collége quatre ou cinq ans
après moi, il se trouvait dans une classe très-inférieure à la mienne.
Je n'étais donc pas à même de juger alors des dispositions de son
esprit, si recommandable par tant d'aptitudes diverses; mais je n'en ai
pas moins eu l'occasion de reconnaître dès lors en lui le caractère qui
déjà lui conciliait toutes les affections. Le sort, qui l'avait doué
d'un physique en harmonie parfaite avec le plus heureux moral, lui
promettait une grande fortune. Les vers qu'Horace adressait à Tibulle
semblent avoir été faits pour lui.
Dî tibi formam,
Dî tibi divitias dederant, artemque fruendi.
Dans cette catégorie se trouve aussi Chênedollé, poète à qui le temps a
manqué pour remplir toute sa destinée, mais à qui la littérature doit,
sinon un poëme parfait, du moins des vers admirables; M. Creuzé
Delessert, qui s'est illustré par tant d'ouvrages ingénieux, et surtout
par des poèmes chevaleresques écrits avec tant d'esprit, de grâce et de
facilité; M. Choron, dont l'esprit également propre aux sciences, aux
lettres et aux arts, s'est appliqué surtout à perfectionner
l'enseignement de la musique, et à qui cet art est redevable d'une école
qui rivalise avec les plus célèbres conservatoires de l'Italie; Losier
de Bouvet, à qui nos guerres civiles ont acquis un autre genre de
célébrité, et dont le père a découvert une terre qui n'existait pas[13].
Dans cette catégorie se trouve enfin M. de Caux, que plus d'un genre de
capacité a conduit sous l'empire dans le cabinet de Napoléon, et au
ministère sous la monarchie. J'aime à le répéter, la camaraderie de
collége est pour les bons coeurs une espèce de parenté; M. de Caux m'a
confirmé dans cette opinion. Un jour que, dans les intérêts d'un de mes
fils, je me déterminai à me présenter à l'audience de ce ministre que je
n'avais jamais été visiter, que je n'avais même jamais rencontré dans le
monde: «Nous nous connaissons depuis long-temps, me dit-il du ton le
plus aimable; nous avons été élevés dans le même collége.--Cela est
vrai, monseigneur. Alors vous étiez dans les petits et moi dans les
grands, et je ne faisais guère attention à vous. N'allez pas faire comme
moi avec moi, aujourd'hui que les choses sont dans l'ordre inverse.» Il
ne m'a pas imité; j'en ai la certitude.
Voilà pour mes condisciples; venons-en à mes camarades. Je ne dirai
qu'un mot de M. Durand que j'ai sincèrement aimé. La nature lui a
libéralement départi les qualités qui mènent à la fortune. Il s'est
formé à l'école de M. de Talleyrand. Le patron qui l'a employé ne
pouvait pas trouver un élève dont le caractère eût plus de rapport avec
le sien.
M. de Joguet est un homme solide en amitié. Celui-là eût sacrifié sa
fortune à ses amis, mais non pas ses amis à sa fortune. Quoiqu'il ait eu
des opinions très-opposées à la révolution, il n'a jamais renié ceux de
ses camarades que leurs opinions avaient jetés dans le mouvement
révolutionnaire. Il les plaignait plus encore qu'il ne les blâmait; et
sans les rechercher, il ne s'en éloignait pas. Neveu du marquis de
Bièvre, il eût pu comme lui se faire un nom dans la littérature légère.
Je ne sais pourquoi il s'est amusé à écrire sur des matières graves.
Les deux Salverte ont appelé une grande considération sur leur nom
commun. Un esprit juste, une raison supérieure, une probité inaltérable
caractérisent l'aîné, qui, membre de la chambre des représentans pendant
les Cent-Jours, n'a pu qu'y faire entrevoir ces qualités qu'il a mises
en pratique pendant la majeure partie de sa vie dans l'administration
des domaines où il était placé en première ligne: le second, depuis
plusieurs années membre de la chambre élective, s'y fait remarquer par
l'étendue de ses connaissances, la facilité de son élocution et aussi
par la sévérité de son patriotisme plus spartiate qu'athénien.
Philosophe érudit, littérateur et poète, sa vie entière a été consacrée
à l'étude: peu d'hommes ont autant écrit dans autant de genres.
M. Eryès est un de nos plus savans et de nos plus judicieux géographes.
Quant à Boiste, qui ne connaît pas son _Dictionnaire_? Exécuté sur le
plan le plus vaste, et néanmoins dans la forme la plus concise, ce
dictionnaire est, sans contredit, le plus complet que nous ayons. On a
peine à concevoir que ce soit l'ouvrage d'un seul homme. C'est à sa
complexion débile et maladive que Boiste est redevable d'avoir achevé ce
travail auquel, à la vérité, la nature de son esprit le rendait
essentiellement propre. Contraint à garder la maison, par suite des
privations qu'il était obligé de s'imposer, il avait beaucoup plus de
loisir que le commun des hommes, et pouvait employer à l'étude tout le
temps que les plaisirs ne lui demandaient pas. À quels travaux ne
peut-il pas suffire l'homme qui tous les jours travaille tout le jour?
Aussi, dans l'espace de quinze ans, a-t-il donné de ce dictionnaire
qu'il voulait porter au plus haut degré de perfection je ne sais combien
d'éditions, toutes recommandables par d'importantes améliorations.
Boiste est encore un homme dans lequel l'âge n'a fait que développer les
qualités de l'enfant, et qu'il a complété sans le changer. Porté dès le
collége à tout soumettre à l'analyse, il avait eu plus de succès dans
les études philosophiques que dans les études littéraires; l'imagination
dominait moins en lui que la raison. Grand ergoteur, il aimait beaucoup
la discussion, et ne défendait pas toujours l'idée la plus juste, mais
du moins la défendait-il de bonne foi, et s'il se fondait quelquefois
sur de mauvais argumens, se rendait-il aux bons. Quoiqu'il fût d'humeur
assez morose par suite de son tempérament, il était bon, attaché,
affectueux même: de plus, on n'avait pas un coeur plus honnête et plus
droit.
Tel il était encore quand à mon retour de l'exil, après six ans, je le
retrouvai à Ivri, près Paris, où il avait acquis une petite propriété
qu'il habitait toute l'année. Le pauvre homme me reçut comme un frère.
«Nous avons bien pensé à toi, me dit-il en me montrant sa femme.» Il me
l'avait prouvé en m'envoyant à Bruxelles sa cinquième édition, qui fut
publiée pendant mon séjour forcé hors de France; attention à laquelle je
ne fus pas peu sensible: «Je prenais plaisir, ajouta-t-il, à citer des
exemples tirés de tes ouvrages et à mettre ton nom sous les yeux de mes
lecteurs.»
À propos de ce dictionnaire, racontons un fait assez singulier pour être
recueilli. Quand une expression avait été employée dans une acception
nouvelle, ou quand une nouvelle expression réclamée par le besoin avait
été créée, Boiste n'omettait pas d'en tenir note dans son lexique, en
indiquant, comme de raison, l'auteur de cette néologie. Ainsi,
_spoliatrice_, mot de nouvelle fabrique, mais qui est dans les analogies
de notre langue, lui ayant paru mériter droit de bourgeoisie, il le lui
donna en nommant, comme de raison, l'auteur à qui ce mot appartenait.
«SPOLIATRICE, dit-il à cet article; _loi spoliatrice_, BONAPARTE.» Le
lexicographe n'y avait pas entendu malice. La police ne put se
l'imaginer; elle ne put pas croire qu'il eût rassemblé innocemment des
mots qui formaient une pareille épigramme. Boiste fut arrêté, et ce
n'est pas sans peine qu'il parvint à se faire relâcher par cette
autorité qu'il lui fut encore moins difficile de fléchir que de
convaincre, et qui ne concevait pas qu'un homme d'esprit ne sût pas
toujours ce qu'il disait.
Boiste est mort il y a quelques années. J'ai perdu en lui un excellent
ami.
J'en conserve un à Bayonne, dans ce bon Sallenave. Je ne le vois guère
que de vingt ans en vingt ans; mais suis-je dans la peine, je reçois
aussitôt de ses nouvelles. Le faible et l'opprimé n'ont pas de patron
plus actif que cet avocat, également recommandable par l'originalité de
son esprit et par la générosité de son caractère.
C'étaient mes bons amis aussi que les deux Theurel; c'étaient! car je
leur survis. Ils avaient pour père le plus honnête procureur qui ait
existé, je pourrais dire le plus honnête homme. Le cadet, qui avait
embrassé avec quelque chaleur la cause de la révolution, fit avec
distinction la brillante campagne de Dumouriez. Parti simple volontaire,
il gagna ses épaulettes à Jemmapes, à Fleurus, à Nerwinde; il était chef
de bataillon quand il s'est retiré, et s'est retiré quand l'armée où il
servait fut employée à l'intérieur contre des ennemis qui étaient
toujours pour lui des Français. Il est mort il y a quelques années.
Son frère mourut dès 1786. La cause d'une fin si précoce est bizarre, et
de plus un des plus funestes effets de générosité que je connaisse. Doué
d'une âme ardente et fière, ce jeune homme était d'une extrême
susceptibilité sur tout ce qui tenait à l'honneur. Un jour qu'il
badinait assez librement sur le théâtre de l'Opéra avec une chanteuse,
un acteur, que cette liberté offense, lui donne un soufflet sans autre
explication. On se battrait pour moins: rendez-vous donné. Le lendemain,
comme l'offensé se disposait à se rendre sur le champ de bataille,
arrive l'offenseur; il avait fait ses réflexions. «Je ne me dissimule
pas, dit-il, la gravité de l'outrage que je vous ai fait; la mort seule
peut l'expier. Vous avez droit de me tuer, et cela vous sera facile, je
ne sais pas manier une épée, je n'ai jamais touché un pistolet; mais si
vous me tuez, une famille qui n'a que moi pour soutien tombera dans la
misère, et elle est innocente de mon tort.» Il dit, et fait entrer sa
femme et ses enfans qui attendaient dans l'antichambre. Attendri par
leurs larmes, Theurel sent les armes lui tomber des mains; il se laisse
fléchir; il promet de ne pas donner suite à cette affaire.
Cependant le souvenir d'un affront si cruel le tourmentait sans relâche;
il lui semblait que le public, qui ne s'en inquiétait guère, devait être
moins touché de la pitié qu'il avait eue pour une famille entière, que
frappé de l'indifférence qu'il montrait pour sa propre considération. Il
se tenait pour déshonoré par l'acte le plus honorable qu'un véritable
brave puisse faire en pareille circonstance. La vie lui devint à charge;
il tomba dans la mélancolie la plus noire, et, quoiqu'il fût entouré des
témoignages de notre amitié et de notre estime, il se tua de désespoir
de ne pouvoir révoquer le pardon qu'il avait accordé, et de ne pouvoir
réussir à se faire tuer par un autre, car il avait eu, depuis cette
aventure, des affaires qu'il appelait malheureuses, parce qu'ayant
blessé ses adversaires, il en était sorti sans une égratignure.
Ces deux frères aimaient passionnément les lettres et les arts.
Étaient-ils à Paris, nous en parlions; étaient-ils hors Paris, nous nous
en écrivions. Ils firent en 1785 un voyage à Ferney: beau sujet de
correspondance. J'ai retrouvé dans mes papiers quelques vers dont était
entrelardée la prose que je leur adressai à cette occasion; les voici:
C'est là qu'une urne funéraire
Enferme le coeur de Voltaire.
Tout, en ce dépôt précieux,
Malgré les cagots et l'Église,
Voltaire habite encor ces lieux;
Et c'est son coeur qui l'éternise.
Avec vous, heureux voyageurs,
Avec vous penché sur sa cendre,
Qu'il me serait doux de lui rendre
Un tribut de vers et de fleurs!
Et, m'abandonnant aux douleurs
Qu'un si saint objet vous inspire,
De l'arroser d'autant de pleurs
Que m'en a fait verser Zaïre!
Puis, cherchant à exprimer par une comparaison le sentiment qui nous
unissait, j'ajoutais:
S'il est un triple personnage
Dont l'inexplicable union
Est l'obscur objet d'un hommage
Que prescrit la religion
À l'aveugle dévotion,
Qui n'y veut pas voir davantage;
Sans troubler sa tranquillité
Par notre intimité sincère,
Prouvons à l'incrédulité
Qu'après tout, une Trinité
Peut bien exister sans mystère.
Au nombre de mes camarades de classe, se trouvait aussi un pauvre diable
qu'il est inutile de nommer. Personne n'a manifesté de meilleure heure
la passion de la célébrité, et chez personne cette passion n'a été plus
malheureuse. Secrétaire de Mirabeau, son nom est entré dans l'histoire à
la suite de celui de son patron, comme un valet entre dans un palais à
la suite de son maître; mais, quoi qu'il ait fait, il n'a pu s'y faire
admettre à des titres qui lui fussent personnels. C'était, dès le
collége, une tête qui s'échauffait à froid, un déclamateur sans idées,
un four qui ne cuisait pas, et de la gueule duquel il ne sortait que de
la fumée. Rien d'emphatique comme ses compositions; nous l'appelions _M.
Thomas_, par allusion à l'académicien qu'il contrefaisait, mais qu'au
fait il était bien loin d'imiter. J'étais, à l'entendre, le _faiseur_ de
Bonaparte. Je voudrais bien que cela fût vrai; je voudrais bien pouvoir
m'attribuer certaines proclamations où le langage du grand homme n'est
pas moins sublime que ses conceptions: mais je n'ai pas plus été le
_faiseur_ de Bonaparte que l'homme en question n'a été le _faiseur_ de
Mirabeau.
À ces noms j'en pourrais ajouter d'autres. M. de Mathan, de la chambre
des pairs; M. Sapey, de la chambre des députés; Muiron, mort à Arcole;
Duphot, assassiné à Rome; le général Lamothe, dont le nom, comme les
leur, est inscrit sur nos plus glorieux bulletins; M. Bressier, digne
parent des Portalis et des Siméon; M. Barthélémi, en qui l'on ne saurait
méconnaître le talent le plus énergique, le plus souple et le plus vrai
qui se soit manifesté dans la jeune littérature; M. Berryer, dont tous
les partis voudraient s'approprier le talent; tous ces hommes si
recommandables à des titres si divers, sont des élèves de Juilly.
Ils appartiennent aussi à cette illustre école, les joyeux convives qui
tous les ans, le 3 janvier, jour de Sainte-Geneviève, se réunissent dans
ce banquet où toutes les conditions se nivellent, où toutes les
prétentions s'effacent, où toutes les opinions se confondent pour
quelques heures au moins, et dans lequel il n'est permis de mêler aux
vins qui nous viennent de tous les pays que l'eau importée de Juilly
même, et puisée à la source limpide et salubre où notre enfance s'est
désaltérée.
Pour compléter ce chapitre, il me faut bien aussi parler de moi. J'en
parlerai en conscience, comme des autres. Je laisse à qui il appartient
à prononcer sur la nature et sur la portée de mon esprit; je dirai
seulement que j'ai fait d'assez bonnes études, et cela moins par suite
d'une application sérieuse que de la facilité que j'avais à deviner ce
que les autres n'apprennent pas sans l'étudier. J'étais assez fort en
littérature; mais, en revanche, assez faible en mathématiques. La
passion de la poésie, qui s'est manifestée en moi dès l'enfance,
remplissait ma tête, au point de n'y presque pas laisser de place pour
autre chose; je détestais tout ce qui pouvait m'en distraire: aussi lui
ai-je été redevable de quelque succès précoces, et m'a-t-elle ouvert dès
lors les portes d'une académie, car à Juilly aussi nous en avions une.
Parlons à présent de mon caractère: il en est de plus heureux; il en est
de plus mauvais. J'avais été bon écolier, je fus bon camarade. Plus
sensible qu'irascible, plus rancunier que vindicatif, plus gai que
malin, plus confiant que crédule, gardant moins volontiers le souvenir
du mal que celui du bien, aussi incapable de dissimulation que de
soupçons, franc jusqu'à l'étourderie, jusqu'à la rudesse, constant dans
mes affections comme dans mes aversions, ne dédaignant pas la faveur des
maîtres, mais préférant l'estime publique à tout, j'avais dès
l'adolescence les défauts et les qualités qui, même au collége, donnent
des amis dévoués et des ennemis implacables, et qui, développés par
l'âge, devaient faire dans le monde ma fortune et ma ruine.