Je pense à toi au passé, et je te vois presque tous les jours!... Je
règle, sous les yeux du moribond, le détail des obsèques. Et toi, tu ne
t’aperçois pas de ce qui meurt. Je t’ai dit tantôt:
--Mais, ma pauvre chérie, tu ne m’aimes plus!...
Et tu as eu l’air très étonnée.
Si j’éclaire le fond de ta conscience, comme tu vas souffrir!
Cependant il faut bien que tu saches à qui tu appartiens...
Ta droiture est trop grande pour que tu ne croies pas m’appartenir,
t’étant donnée à moi librement, ayant, sans doute, jusqu’à un certain
point, répudié l’autre... Tu ne le sais pas, mais il y a quelque chose
de plus fort que ta droiture, et c’est cela qui te rive à l’autre. J’ai
mis beaucoup de temps à m’en apercevoir, moi qui te regarde: tu prendras
ton temps et tu t’en apercevras, pauvre femme!... Tantôt, je t’ai
embrassée d’une façon nouvelle,--l’as-tu remarqué?--avec de la pitié.
Petit détail; je t’ai demandé:
--Avez-vous songé enfin à aller chez l’avoué?
Tu as rougi!... Tu as rougi devant moi de ne plus vouloir te séparer de
ton mari! Voilà ton embarras qui commence. J’abrégerai cela.