Pourtant tu ne t’es pas détournée de moi! Et même tu reviens, en
amoureuse, en suppliante. Ce n’est pas toi qui t’es détournée encore,
c’est ton instinct secret, tes habitudes de dix années, tes souvenirs,
la figure de femme que tu as faite longtemps devant le monde... Ma
chérie, tu me tendais les bras, et tout cela regardait ailleurs! Tes
yeux, que tu sais que j’aime tant, tu me les donnais! et ta bouche, tu
me l’offrais, il n’y a qu’un instant,--pour m’affoler, pour que nous
nous affolions ensemble, n’est-ce pas? pour que tu oublies, un moment,
ce poids qui t’entraîne en arrière; pour que moi, un moment, stupide, je
ne m’aperçoive pas que tu ne viens pas toute à moi?... Mais quels
subterfuges, quels philtres, quelles drogues, je te demande un peu, pour
un amour comme le nôtre! Devant la mort, il faut avoir le sang-froid de
dire: «C’est la mort.»