Tes cheveux blonds, si lourds que tu n’en sais que faire et où chaque
courbe luit comme un anneau d’or, ton front, ta tempe transparente, sous
laquelle bat ta pensée, ton nez trop pur, la courbe de tes sourcils qui
n’en finit pas et qui abrite si bien, au coin de l’œil, la petite grotte
aux douleurs où le cerne bleu prend sa source; tes yeux miraculeux, ta
joue,--mon Dieu! quand j’y pense!...--je les supporte encore: mais ta
bouche!... La seule image évoquée de ta bouche m’affole, et me voilà qui
pleure d’amour, d’admiration, de stupéfaction.
Ta tête chérie!
Tous les grands amoureux comprendront mon extase, mon délire quand je
crie seulement: «Ta tête chérie!»
Je la tiens dans mes mains; je caresse tes oreilles entre mes paumes;
mes doigts tout entiers se perdent dans ta chevelure!...
Oh! pardonne!... Au degré où je t’aime, je devrais taire, par respect
pour ta personne, mon ivresse. Mais j’essaie, par là, de prolonger un
peu de temps mon ivresse...