10 novembre.

Tes cheveux blonds, si lourds que tu n’en sais que faire et où chaque

courbe luit comme un anneau d’or, ton front, ta tempe transparente, sous

laquelle bat ta pensée, ton nez trop pur, la courbe de tes sourcils qui

n’en finit pas et qui abrite si bien, au coin de l’œil, la petite grotte

aux douleurs où le cerne bleu prend sa source; tes yeux miraculeux, ta

joue,--mon Dieu! quand j’y pense!...--je les supporte encore: mais ta

bouche!... La seule image évoquée de ta bouche m’affole, et me voilà qui

pleure d’amour, d’admiration, de stupéfaction.

Ta tête chérie!

Tous les grands amoureux comprendront mon extase, mon délire quand je

crie seulement: «Ta tête chérie!»

Je la tiens dans mes mains; je caresse tes oreilles entre mes paumes;

mes doigts tout entiers se perdent dans ta chevelure!...

Oh! pardonne!... Au degré où je t’aime, je devrais taire, par respect

pour ta personne, mon ivresse. Mais j’essaie, par là, de prolonger un

peu de temps mon ivresse...

Mon amour · 第 81 / 126 题