Le troisième volume des _Mémoires de Constant_ a initié le lecteur aux
délassemens et à la vie intérieure de Napoléon pendant la campagne de
1807. On y voit comment le grand-capitaine employait ses loisirs à
Varsovie et à son quartier-général de Finkenstein; et certes l'intérêt
ne manque pas à ce spectacle du vainqueur de Friedland conduisant à la
fois ses plaisirs et ses travaux militaires, qui étaient sans doute
aussi le plus vif de ses plaisirs. Toutefois M. Constant n'ayant pu
avoir aucune prétention à raconter ces travaux, l'éditeur ne s'est point
dissimulé ce qu'il y a, dans ce point de vue rétréci, d'incomplet, et
par conséquent d'inexact.
_Peindre César dameret_ n'est pas peindre César; c'est en exposer le
côté faible et défectueux au jour le moins favorable. Ce n'est pas que,
même en ne la considérant que de ce côté, la vie de Napoléon ne soit
encore susceptible d'un vif intérêt; mais il y aurait peut-être à ne la
montrer que sous cet aspect quelque chose comme de l'injustice.
L'éditeur espère s'être d'avance mis à l'abri de ce reproche par la
publication des pièces inédites suivantes, qu'il prend lui seul sous sa
responsabilité, comme étant, ainsi qu'on le peut croire, tout-à-fait
étrangères à M. Constant. On ne trouvera ici que celles qui se
rapportent à la campagne de 1807; l'éditeur en possède de non moins
curieuses sur les campagnes des années ultérieures.
Tandis que dans le Nord Napoléon combattait les Russes en personne, le
maréchal Marmont, alors général, commandait contre eux l'armée de
Dalmatie, et, avec six mille Français, culbutait à Castel-Novo dix-sept
mille Russes et Monténégrins. Le premier des documens suivans est un
rapport fait au nom du général en chef de cette brave armée. Les autres
sont des dépêches ou des ordres expédiés par l'empereur de son
quartier-général à Finkenstein, avant, pendant et après la bataille de
Friedland. Il suffit sans doute d'avoir dit en deux mots quelles sont
ces pièces officielles; et l'éditeur n'insistera pas davantage sur
l'intérêt qu'elles devront offrir, et aux militaires, et même à toutes
les classes de lecteurs.