Dangers de l'indépendance.--Influence de la seconde
éducation.--Exaltation.--Grave confidence.--Retour de Napoléon au
20 mars.--Calamités prévues.--Chagrin.--Trahisons et
défections.--Mesures impuissantes.--Moyen de salut imaginé par
l'auteur.--Napoléon devant être isolé des soldats.--Idée fixe.--Les
destinées de la France attachées à la vie de Napoléon.--La mort de
Napoléon nécessaire au salut de la France.--Comparaison entre le
duelliste et le meurtrier par dévouement.--Assassins sauveurs de
leur patrie.--Scévola.--Hésitation et résolution.--Plan de
l'auteur.--Les petits pistolets et la chaise de poste.--L'auteur
faisant sacrifice de sa vie.--L'auteur au tir de Lepage.--L'auteur
communiquant son projet au prince de Polignac.--Résignation du
prince aux décrets de la Providence.--Influence d'un sourire de M.
de Polignac.--Réveil d'un rêve de gloire.--Dévouement à deux
maîtres.--L'auteur regrettant l'inexécution de son projet.--Le
prince de Polignac et la machine infernale.--Accusation contre le
prince réfutée par l'auteur.--Désintéressement de
l'auteur.--Indifférence de l'auteur pour les jugemens du
monde.--Opinion de l'auteur sur Napoléon.--M. de Chateaubriand et
Carnot.--_La main de fer et le gant de velours_.--Esclavage de la
presse périodique, sous l'empire.--Invariabilité des sentimens de
l'auteur.--Conclusion.
EN faisant le récit des principaux événemens de ma vie, remarquable
seulement par les vicissitudes qui en ont marqué le cours, j'ai dû
croire qu'en développant les causes de ces vicissitudes, j'offrirais une
leçon utile aux jeunes femmes assez malheureuses pour jouir de leur
indépendance.
J'ai dit précédemment que la première éducation que nous recevons n'est
pas celle qui a le plus d'influence sur le reste de notre, vie; c'est la
seconde, c'est celle de notre adolescence qu'il importe de bien diriger.
L'indépendance qui accompagna une partie de ma jeunesse fut la faute des
circonstances, et non celle de mon excellente mère, dont je me trouvai
presque toujours séparée.
C'est dans ces premières années que mon caractère naturellement
très-vif, prit cette teinte d'exaltation qui a décidé depuis presque
toutes mes actions, bien plus que la prudence et la raison. Une
résolution enfantée par cette exaltation a pu avoir des résultats si
grands, si importans, que je dois en parler. Si je le fais, si je me
soumets au blâme dont les âmes froides qui ne me comprendront pas
pourront la flétrir, je crois remplir un devoir dont on trouvera plus
loin l'explication.
Je désire aussi apprendre quelle force cette exaltation peut prêter à un
faible bras. Le levier d'Archimède n'était pas plus puissant; mais cette
puissance empruntant toute sa force de l'opinion, peut la perdre aussi
facilement qu'elle l'acquiert.
Au 20 mars, lorsque j'appris le débarquement de Napoléon, je jugeai dans
un instant tous les malheurs dont son retour serait accompagné.
Non-seulement je prévoyais que notre belle France serait conquise de
nouveau; mais de tous les malheurs qu'on devait craindre, la
représentation du second acte de notre dégradation morale fut celui dont
je fus le plus péniblement affectée.
L'année précédente, j'avais été indignée en voyant tous les serviteurs
de Napoléon former le cortége de Monsieur; je pressentais, je devinais
toutes les honteuses défections dont nous allions être les témoins;
j'aurais voulu au prix de ma vie sauver ce déshonneur à mon pays.
C'était moins le sang qui allait couler que je désirais épargner que
notre gloire nationale que j'aurais voulu sauver. Dès les premiers
instans du débarquement de Napoléon je m'étonnai des mesures adoptées
pour arrêter sa marche.
Je ne suis qu'une faible femme, dont les facultés ne s'étendent guère au
delà d'une petite dose de sens commun; mais si j'eusse été à la place de
ceux qui ordonnèrent ces mesures, j'aurais agi absolument en sens
inverse.
Loin d'envoyer des troupes à sa rencontre, je me serais pressée
d'éloigner de sa route toutes celles qui pouvaient s'y trouver; tandis
qu'il s'avançait en venant du midi, j'aurais fait marcher vers le nord
tous les régimens qui pouvaient se trouver sur son passage. Je me serais
bien gardée de le rapprocher des soldats avec lesquels il avait
combattu; j'aurais voulu au contraire l'isoler de tous, et mettre une
grande distance entre eux et lui.
Qui ne sait que l'armée _ne juge pas_? Le soldat sait se battre et
mourir, mais ce n'est pas lui qui peut décider si l'homme en possession
de la puissance n'en abusera pas. Ce n'est pas à lui qu'il appartient
déjuger quelle est l'espèce de gouvernement qui convient le mieux à son
pays; cette grande question ne doit jamais lui être soumise.
Quand on les envoyait pour tourner leurs armes contre le général qui les
avait conduits si souvent à la victoire, on devait prévoir que c'était
un cortége qu'on lui formait, pour protéger et assurer son retour dans
la capitale.
Je n'ai jamais conçu qu'une idée si simple n'ait pas frappé tous les
esprits. Si chaque commandant de place qui se trouvait sur la route
parcourue par Napoléon eût éloigné les troupes dont il avait le
commandement, l'isolement dans lequel il se fût trouvé (réduit seulement
au petit nombre qu'il avait ramené de l'île d'Elbe) eût rendu bien
facile son arrestation. Pour l'opérer, il n'eût plus fallu qu'un petit
nombre d'hommes dévoués...
Quand je vis quels étaient les moyens employés, je jugeai que tout était
perdu.
C'est alors qu'une pensée forte, unique, vint me saisir et absorber
toutes mes facultés.
En voyant cette hydre menaçante s'élancer vers nous, j'osai me demander
si le bras qui l'arrêterait n'aurait pas bien mérité de sa patrie.
C'était la vie des Français, leurs trésors, leur honneur qui allaient
payer le retour de Napoléon. À la vie de cet homme qui n'avait presque
jamais épargné celle de personne étaient attachées les destinées de la
France... Toute personne raisonnable pouvait prévoir ces destinées. Il
était impossible, dans l'état de désunion où elle se trouvait, qu'elle
ne succombât pas sous les armes qu'on allait diriger contre elle; et
par combien de sang ce grand débat allait être scellé!
Quand de si graves intérêts étaient attachés à une seule vie, je ne
concevais pas qu'elle ne fût pas encore tranchée. Cet homme avait fait
périr des milliers de ses semblables, et il ne s'en trouvait pas un qui
sût mourir pour sauver son pays!...
Cette action me semblait grande et héroïque; j'enviais la gloire de
celui qui l'exécuterait.
La pensée que cette action pût être considérée comme un crime ne se
présenta pas un seul instant à moi. Le duelliste qui tue son adversaire
n'a jamais rien perdu dans l'opinion; pourquoi? parce qu'en prenant la
vie de son ennemi, il a exposé la sienne. La possibilité d'être tué
lui-même (quoique fort incertaine) ôte à cette action tout le blâme dont
on flétrit les assassins.
Et cependant c'est seulement sa propre cause qu'il venge! Avec bien plus
de raison, celui qui n'a nulles chances d'échapper à une mort certaine,
et qui s'y dévoue dans l'intérêt du bien public, me paraissait digne des
hommages de l'univers. Mon imagination plaçait son nom parmi ceux qui
sont cités honorablement comme, les sauveurs de leur patrie. Je me
disais que c'était avec admiration qu'on parlait de Scévola se brûlant
la main qui avait manqué Porsenna.
Bientôt mon imagination exaltée me présenta sans cesse la même idée;
j'en étais poursuivie dans mon sommeil; à mon réveil, je la retrouvais
avant la lumière du jour. Je crus qu'à moi était réservé l'honneur de
cet honorable dévouement; une seule pensée venait combattre ma
résolution!... je n'aimais pas Napoléon.
Je craignais que mon éloignement pour lui n'eût égaré mon jugement;
cette action, digne de l'admiration des siècles à venir, n'eût plus été
qu'un crime, si quelques ressentimens personnels s'y fussent mêlés.
J'examinai mon cœur; je n'y trouvai qu'un désir passionné de sauver la
France.
Bien loin d'être dirigée par aucune animosité contre Napoléon, j'aurais
voulu l'aimer. Je regrettais que cette victime à immoler au bien public
ne me fût pas chère à quelque titre; alors j'aurais pu ajouter le
sacrifice de mes propres affections à celui de ma vie, qui me paraissait
trop peu de chose.
Dès l'instant où cette grande résolution fut prise, je m'occupai d'en
assurer l'exécution; ma position la rendait très-difficile: j'étais
entourée de mes amis, de mon mari; je ne pouvais en aucune façon me
confier à eux: ils m'eussent gardée à vue pour me retenir.
Mon plan était simple, il consistait à me munir d'une bonne paire de
petits pistolets et d'une chaise de poste; je me croyais certaine de
pouvoir approcher de Napoléon.
Il n'entrait pas dans ma pensée de lui survivre; je croyais succomber
sous les coups des amis qui l'entouraient. Je dis plus, c'était cette
certitude que je croyais avoir qui me donnait le courage de tenter cette
action si hardie. Il fallait qu'elle fût lavée dans mon sang, pour
passer à la postérité comme un dévouement digne d'éloges. La première
exécution que je donnai à ce projet fut d'aller m'exercer au tir de
Lepage, qui se trouvait à côté de chez moi.
L'espace que Napoléon avait déjà parcouru, le peu de temps qui me
restait, si je voulais que sa mort empêchât le départ du roi, me
forçaient de précipiter le mien, et me mettaient dans la nécessité de me
confier à quelqu'un qui pût me seconder. Dans ce moment, je ne pouvais
faire l'achat d'une chaise de poste sans que mon mari en fût instruit.
Je cherchai, parmi les personnes que je connaissais, une qui fût assez
dévouée au roi pour garder mon secret. Je crus que le prince de Polignac
pourrait faire mettre de suite à ma disposition la voiture dont j'avais
besoin. Son dévouement au roi me persuadait qu'il approuverait le mien.
Malheureusement le prince ne savait pas qu'il y avait en moi autant de
courage pour exécuter que d'exaltation pour concevoir. Il pensa
peut-être que ce dévouement n'était qu'un acte de folie. Il me dit que
nous devions nous en remettre aux soins de la Providence, qui savait
mieux que nous ce qui pouvait nous sauver de la crise qui s'approchait.
Je ne sais si l'expression de sa figure ordinairement si gracieuse
m'abusa, mais je crus voir un léger sourire errer sur ses lèvres.
L'effet de ce sourire, si imperceptible, si fugitif, fut incroyable sur
moi; celui d'un bain de glace n'eût pas été plus prompt.
Cette auréole de gloire au milieu de laquelle mon imagination avait
placé mon nom disparut dans un instant.
En sortant de chez le prince, j'étais comme une personne qui verrait
tomber autour d'elle les murs d'un palais enchanté, et qui se trouverait
seule au milieu d'un désert.
Ce rêve de gloire était fini. L'apparence d'un sourire l'avait fait
évanouir.
Une heure avant, cette action me semblait mériter qu'on élevât des
autels pour en consacrer le souvenir, et dans ce moment je commençai à
me demander si j'avais bien le droit de disposer de la vie de mon
semblable. Dès l'instant où je pus m'adresser cette question, elle fut
résolue pour moi.
Si cette action n'excitait pas l'admiration, elle n'était plus qu'un
crime.
Mon parti fut pris à l'instant. Je revins chez moi, je m'y enfermai, et
j'attendis les événemens.
Ils se succédèrent avec rapidité, comme chacun sait. Tous les corps
constitués vinrent prodiguer à la famille royale les assurances de leur
zèle, de leur respectueux dévouement. Peu de jours après ils offrirent
la parodie complète de ces paroles.
Ah! combien j'eus à souffrir! Chaque fois que le bruit de ces coupables
défections parvenait jusqu'à moi, je pensais que la honte m'en était
due, pour m'être laissée arrêter dans l'exécution de ce noble projet par
une si faible cause.
Tout le sang qui fut répandu, nos musées dévastés, jusqu'aux longues
souffrances de Napoléon sur le rocher où il expira, m'ont semblé
quelquefois mon ouvrage, tant est grande sur moi la puissance de
l'imagination.
Le temps a jeté son voile sur ces souvenirs; si je les rappelle
quelquefois dans le secret de ma pensée, c'est pour méditer sur la
faiblesse des causes qui produisent ou paralysent souvent les plus
grands événemens.
Un mot, un regard d'encouragement eût soutenu cette force morale;
l'apparence d'un sourire la fit évanouir. Mes parens, mes amis, ne
surent jamais rien de cette circonstance importante.
Le prince de Polignac seul en a eu connaissance. En la publiant
aujourd'hui, je crois accomplir un devoir envers lui. Je m'occupe peu de
politique et ne lis pas toujours les journaux, que je reçois cependant
chaque jour. Dernièrement il en est tombé un sous mes yeux, dans lequel
j'ai vu qu'on osait lui attribuer la machine infernale.
Je laisse à tout esprit raisonnable à décider si l'homme qui a arrêté
mon bras quand il voulait frapper Bonaparte put avoir quelque chose de
commun avec la machine infernale.
Il devait mourir seul, sa mort n'exposait personne autre que moi, elle
sauvait la France; l'intérêt immense attaché à cette mort avait bien de
quoi la justifier; et cependant le prince ne l'a pas voulue. Son âme
pure a cru y voir un crime. Lorsqu'on parle d'un ministre, l'opinion
émise sur lui peut être suspectée; on croira sans doute que la mienne a
pu être influencée par cette considération, mais on serait dans une
grande erreur. Je vis loin de la société, et ne lui demande rien. Je
n'ai pas vu M. de Polignac depuis plusieurs années. Il n'est personne,
peut-être qui ait plus d'indépendance dans ses opinions, et qui soit
moins susceptible que moi de se laisser influencer par toutes les
petites considérations qui gouvernent le monde. Je crois en donner la
preuve dans ce moment, en publiant un fait qui était inconnu, et qui
sera blâmé par la grande majorité.
Tous ces êtres froids, égoïstes, qui, sous tous les gouvernemens, se
sont traînés au pied du pouvoir, depuis Robespierre jusqu'à Charles X,
n'ont rien en eux de ce qu'il faut pour me comprendre et me juger.
J'entends d'avance l'arrêt dont ils flétriront un projet dont
l'inexécution ne tint pas à ma volonté.
Le peu d'intérêt que je prends à tous ces jugemens d'un monde auquel je
n'appartiens plus, m'empêchera sans doute de les connaître; mais dans
tous les cas, ils ne troubleront pas un seul instant mon repos.
On a dit, et on répète encore, que le règne de Napoléon fut environné de
gloire; si c'est de la gloire militaire qu'on veut parler, on a tort de
la faire rejaillir sur lui. En France, elle sera toujours indépendante
des souverains; ce n'est pas à eux qu'on doit en rapporter l'honneur,
il appartient tout entier au caractère français. Qu'on se rappelle
plutôt les premières victoires de la révolution; nous n'avions ni
généraux expérimentés, ni magasins, ni armes; nous marchions contre
toute l'Europe, avec le seul secours de nos bras et de notre courage; on
sait ce qu'il a produit.
Bien loin d'attribuer au règne de Napoléon aucune gloire pour la nation,
je dis qu'il l'a avilie, qu'il l'a dégradée, qu'il a perdu notre
caractère national; son despotisme a fait courber devant lui tous les
fronts dans la poussière.
Les hommes les plus distingués par leur esprit, leurs lumières,
rampaient à ses pieds, beaucoup plus par l'effet de la peur que par
celui de l'admiration. Une seule voix généreuse s'est élevée pour
défendre la cause de l'humanité et faire sentir au despote qu'en
avilissant la nation qui lui était soumise, il ne pouvait plus trouver
de gloire à la commander. La noble conduite de M. de Chateaubriand à
cette époque a fixé son rang parmi les plus grands hommes, bien plus
encore que son admirable génie.
Ce n'est jamais qu'avec un sentiment pénible que je reporte ma pensée
sur ce règne tant vanté par quelques personnes. À l'exception de M. de
Chateaubriand, qui eut le noble courage d'opposer sa volonté à la
sienne, je n'y trouve que des esclaves courbés sous le joug. Loin de
nous glorifier de ce règne, oublions-le s'il est possible, et déchirons
la page de l'histoire qui, en le consacrant, éternise des souvenirs peu
honorables pour la nation.
On a dit qu'il faut gouverner les Français avec une main de fer et un
gant de velours[63]; nous avons senti la main de fer, Napoléon l'a
appesantie sur nous de tout son poids, mais il ne nous a jamais montré
le gant. En lisant quelquefois des journaux, je m'étonne de trouver à
côté des critiques sur notre gouvernement des éloges de ce règne qu'ils
nomment glorieux. Quel est celui d'entre eux qui eût osé se permettre la
plus légère observation sur aucun acte de cette puissance infaillible?
Le voile même de l'allégorie n'était pas assez épais pour couvrir
quelques légers signes de désapprobation; celui qui eût osé s'en servir
en eût été bientôt puni par l'exil ou la prison.
On pourra penser peut-être que la chute de Bonaparte, que tous les
changemens survenus depuis ont pu en apporter dans mon opinion, et
influencer celle que je viens d'exprimer; mais c'est quand il était à
l'apogée de sa puissance que mon jugement sur lui s'est formé.
J'ai eu presque toute ma vie l'habitude de me rendre compte le soir de
mes actions, de mes impressions de la journée, sans autre but que celui
de fixer des observations, des idées souvent passagères, dont il ne
restait nulles traces, si elles n'étaient pas écrites de suite.
Durant le voyage que j'ai fait avec Joséphine, j'ai continué ce journal
chaque soir.
C'est une copie de ce journal qui a été publiée par M. Constant. On peut
y reconnaître que l'opinion énoncée quand Napoléon n'est plus qu'un nom
historique ne diffère en rien de celle qui fut émise quand il gouvernait
le monde[64]. Cela est si vrai que j'avouerai que, lorsque j'ai revu
dernièrement ce journal, que je n'avais pas relu depuis qu'il avait été
écrit, je me suis presque étonnée de la sévérité de mes jugemens. Alors
j'avais lu le récit des souffrances de Bonaparte à Sainte-Hélène. La
pitié (même à mon insu) avait affaibli cette sévérité. Pour ne pas
trouver trop amères les expressions qu'elle m'avait dictées, j'ai eu
besoin de me rappeler que nous lui devions la dégradation des Français
flétris par son joug despotique, et la tache imprimée à notre gloire
militaire par la folie et l'imprévoyance de son orgueil.