Le même soir, en rentrant, d'Argères écrivit la lettre suivante:
«Laure, je suis bien heureux! vous croyez en moi. Vous n'avez admis
aucun doute sur ma loyauté. Vous m'avez rendu bien fier, bien
reconnaissant envers moi-même. Jamais je n'ai senti si vivement le prix
d'une conscience _sans peur et sans reproche_.
»Vous m'avez rempli d'orgueil pour la première fois de ma vie. Oui,
vraiment, voici la première fois que j'obtiens une gloire qui m'élève
au-dessus de moi-même. C'est que vous êtes une femme unique sur la
terre. Est-ce la nature ou la douleur qui vous a faite ainsi? Personne
ne vous ressemble. Vous subjuguez comme en dépit de vous-même. Vous
ignorez, non pas seulement la puérile coquetterie de votre sexe, mais
encore la légitime puissance de votre beauté physique et morale. Vous
êtes humble comme une vraie chrétienne, naïve comme un enfant, simple
comme le génie. Je ne sais encore quel génie vous avez, Laure: peut-être
aucun que le vulgaire puisse apprécier; mais vous avez celui de toutes
choses pour qui sait vous comprendre. Vous avez surtout celui de
l'amour. Il se manifeste dans la terreur même qu'il vous cause, dans
votre refus de l'essayer encore. Eh bien, j'attendrai. J'attendrai dix
ans, s'il le faut; mais, certain de ne retrouver nulle part un trésor
comme votre âme, je ne renoncerai jamais à le conquérir; mon espérance
ne s'éteindra qu'avec ma vie.
»Avant de vous revoir, Laure, et comme je ne veux, auprès de vous,
m'occuper que de vous, je viens vous parler de moi, de mon passé, de ma
vie extérieure. Malgré votre sublime confiance, je me dois à moi-même de
vous faire connaître, non pas l'homme qui vous aime, il est tout entier
dans l'amour qu'il a mis à vos pieds, mais l'homme que les autres
connaissent, l'artiste que vous croiriez peut-être appartenir au monde
et qui n'appartiendra plus jamais qu'à vous.
»Vous m'avez dit, la première soirée que j'ai passée auprès de vous, que
vous aviez entendu parler d'Adriani, un chanteur de quelque mérite, qui
disait sa propre musique, et dont les compositions vous avaient paru
belles. C'était un souvenir, qui, chez vous, datait d'avant vos
chagrins. Je vous ai questionnée sur son compte, feignant de ne pas le
connaître, afin de savoir ce que vous pensiez de lui. Vous ne l'aviez
jamais vu, disiez-vous, parce que, à l'époque où il commença à faire un
peu de bruit, vous veniez de quitter Paris pour vivre en Provence. Vous
aviez su qu'il était parti peu de temps après pour la Russie; et puis,
le malheur vous ayant frappée, vous aviez perdu la trace de ses pas et
le souvenir de son existence; mais vous disiez que vous aviez
quelquefois chanté ou lu ses compositions dans ces derniers temps, et
que vous trouviez, dans ce que je vous avais chanté, le même jour, des
formes qui vous rappelaient sa manière.
»Vous m'avez dit encore:
»--Je n'ai guère l'espérance de jamais l'entendre. S'il revient en
France (il y est peut-être maintenant), ce n'est pas un homme à courir
la province, et on ne le verra jamais sur aucun théâtre. On m'a dit
qu'il avait de quoi vivre chétivement sans se vendre au public et qu'il
ne chantait que pour des salons amis, pour un auditoire d'élite, sans
accepter aucune rétribution. On n'osait même pas lui en proposer une, à
moins que ce ne fût pour les pauvres. Il a conservé l'indépendance d'un
homme du monde, bien qu'il soit pauvre lui-même. Cela est à sa louange.
»Et vous avez ajouté:
»--J'ai regretté autrefois de ne pas l'avoir connu; mais, aujourd'hui,
j'en suis toute consolée. Malgré tout ce que l'on m'a dit de son
originalité, il ne me semble pas qu'il puisse vous être supérieur.
»Eh bien, Laure, cet Adriani, c'est moi. Je m'appelle effectivement
d'Argères, et je suis d'une famille noble; mais mon nom de baptême est
Adrien. Né en Italie, j'ai pu, sans déguisement puéril, italianiser ce
prénom. Mon père occupait d'assez hauts emplois dans la diplomatie.
J'avais été élevé avec soin, j'étais né musicien. Je me suis développé,
comme voix et comme instinct, sous un soleil plus musical que le nôtre.
J'ai beaucoup vécu, dans mon adolescence, avec le peuple inspiré du midi
de l'Europe et des côtes de la Méditerranée. Tout mon génie consiste à
n'avoir pas perdu, dans l'étude technique et dans le commerce d'un monde
blasé, le goût du simple et du vrai qui avait charmé mes premières
impressions, formé mes premières pensées.
»Orphelin de bonne heure, je me suis trouvé sans direction et sans frein
à l'âge des passions. J'avais quelque fortune et beaucoup d'amis, les
artistes en ont toujours, car déjà on m'écoutait avec plaisir. Italien
autant que Français, jusqu'à l'âge de ma majorité, je ne connus la
France que dans le monde des grandes villes d'Italie. Je dissipai mes
ressources dans une vie facile, enthousiaste, folle même, au dire de mon
conseil de famille, et dans laquelle je ne trouve pourtant rien qui me
fasse rougir. Ruiné, je ne voulus pas vivre de hasards et d'industrie
comme tant d'autres; je ne voulus point m'endetter; je résolus de tirer
parti de mon talent. Mes grands-parents jetèrent les hauts cris et
m'offrirent de se cotiser pour me faire une pension. Je refusai: cela me
parut un outrage; mais, pour ne pas blesser en face leurs préjugés, je
vins en France; je me mis en relation avec des artistes; je chantai dans
plusieurs réunions; j'y fus goûté, encouragé, et je cherchai à me
procurer des élèves; mais cette ressource arrivait lentement, et le
métier de professeur m'était antipathique. Démontrer le beau, expliquer
le vrai dans les arts, c'est possible dans un cours, à force de talent
et d'éloquence; mais dépenser toute ma puissance pour des élèves, la
plupart inintelligents ou frivoles, je ne pus m'y résigner. Mon temps se
laissait absorber, d'ailleurs, par des leçons à quelques jeunes gens
bien doués et pauvres, qui me dédommageaient intellectuellement de mes
fatigues, mais qui ne pouvaient conjurer ma misère.
»La misère, je ne la crains pas extraordinairement; je ne la sens même
pas beaucoup quand elle ne se convertit pas en solitude. La solitude me
menaçait. Je mis l'amour dans mon grenier. Il me trompa. L'idéal pour
moi, c'est de vivre à deux. Il ne se réalisa pas. Je respecte mes
souvenirs; mais le milieu où je pouvais mériter et savourer le bonheur
vrai ne se fit pas autour de moi; et j'avais, d'ailleurs, une soif trop
ardente des joies parfaites, qui ne sont pas semées en ce monde et qu'on
n'y rencontre probablement qu'une fois.
»Je ne brisai rien, j'échappai à tout. Je ressentis et je causai des
chagrins dont il ne m'appartenait pas de trouver le remède. La fuite
seule pouvait en faire cesser le renouvellement. Je partis. Je voyageai.
Le produit fort modeste de quelques publications musicales, qui eurent
du succès, me permit de ne rien devoir à la libéralité de mes
enthousiastes. Pour un homme qui a quelque talent spécial et point
d'ambition, le monde est accessible, et partout je me vis comblé
d'égards, ce que je préférai à être comblé d'argent. Je pus consentir à
être associé aux plaisirs des riches et des grands de la terre, et je
peux dire que je n'y fus pas recherché seulement comme chanteur. On
voulut bien me traiter comme un homme, quand on me vit me conduire en
homme. Je ne sache pas avoir eu à payer d'autre écot, que celui d'être
et de demeurer moi-même. Et, en vérité, je ne comprends guère qu'un
artiste qui se respecte ait besoin d'autre chose que d'un habit noir et
d'une complète absence de vices et de prétentions, pour se trouver à la
hauteur de toutes les convenances sociales. Je ne me fais, au reste,
qu'un très-léger mérite d'avoir su renoncer aux vanités et aux
emportements de la jeunesse, dès le jour où la satisfaction de ces
appétits violents me fut refusée par la fortune. Je ne devins point un
sage: les plaisirs courent assez d'eux-mêmes après celui qui sait en
procurer aux autres et qui ne s'en montre pas trop affamé. Mais je
corrigeai en moi le travers du désordre, qui est une paresse de
l'esprit, et je reconnus que j'avais conquis la liberté du lendemain
avec un peu de prévoyance dans le jour présent.
»Enfin je ne souffris pas de jouir du luxe des autres, et de me dire que
je n'aurais en ma possession que le nécessaire. Ces besoins qu'éprouvent
les artistes de devenir ou de paraître grands seigneurs m'ont toujours
semblé des faiblesses de parvenus. L'homme qui a possédé par lui-même
n'a plus cette fièvre d'éblouir qui dévore les pauvres enrichis. Élevé
dans le bien-être, je ne méprisais ni n'enviais des biens dont ma
prodigalité avait su faire gaiement le sacrifice à mes plaisirs, mais
que je n'aurais pu reconquérir sans faire le sacrifice de ma fierté et
de mon indépendance.
»La fortune est quelquefois comme le monde: elle sourit à ceux qui ne
courent pas sur ses pas. Un petit héritage très-inattendu me permit de
revenir à Paris. Je me fis encore entendre, j'eus de grands succès. Le
public grossissait dans les réunions d'abord choisies, puis nombreuses
et ardentes où je me laissais entraîner. Le public voulut m'avoir à lui.
L'Opéra m'offrit et m'offre encore un engagement considérable. Les
élèves assiégeaient ma porte. Les concerts me promettaient une riche
moisson. J'ai tout refusé, tout quitté pour aller revoir la Suisse, le
mois dernier. J'avais placé, de confiance, ma petite fortune chez un ami
qui, sans me rien dire, l'avait risquée dans une opération commerciale
que je ne connais ni ne comprends, mais qu'il regardait comme certaine.
S'il l'eût perdue, je ne l'aurais jamais su; il me l'eût restituée; il
l'a décuplée. Pendant que je gravissais les glaciers et que mon âme
chantait au bruit des cataractes, je devenais riche à mon insu: je le
suis! J'ai cinq cent mille francs. Je n'ai pas connu mon bonheur tout de
suite. J'ai si peu de désirs dans l'ordre des choses matérielles
maintenant, que j'aurais perdu sans effroi cette richesse relative, le
lendemain du jour où elle me fut annoncée; mais, aujourd'hui,
aujourd'hui, Laure, elle me rend heureux, puisqu'elle me permet de me
donner à vous. Je m'appartiens! Où vous voudrez vivre, je peux vivre et
vivre à l'abri des privations. Votre Toinette m'a dit que vous êtes
riche; je ne sais ce qu'elle entend par là; j'ignore si vous l'êtes plus
ou moins que moi. Je vous avoue que je ne m'en occupe pas et que cela
m'est indifférent. Il est des sentiments qui n'admettent pas ce genre de
réflexions. Je vous connais assez pour savoir que, si vous m'aimiez
assez pour être à moi, vous m'eussiez accepté pauvre comme je vous
accepterais riche, sans me préoccuper des soupçons d'un monde auquel ni
ma vie ni ma conscience n'appartiennent.
»Si vous chérissez la solitude, nous chercherons la solitude; nous la
trouverons aisément à nous deux; car, pour une femme, elle n'existe
nulle part sans une protection. Vous n'aurez pas à craindre de
m'arracher à une vie agitée et brillante. Je suis repu de mouvement, et
mon soleil à moi est dans mon âme: c'est mon amour, c'est vous!
D'ailleurs, je n'ai jamais compris cet autre besoin factice que la
plupart des artistes éprouvent de se trouver en contact avec la foule.
Je ne suis pas de ceux-là. Je ne hais ni ne méprise ce qu'on appelle le
public. Le public, c'est une petite députation de l'humanité, en somme,
et j'aime, je respecte mes semblables. Mais c'est par mon âme, ce n'est
point par mes yeux ni par mes oreilles que je suis en rapport avec eux.
Si une bonne et belle pensée se produit en moi, je sais qu'elle leur
profitera, et je ressens leur sympathie en dehors du temps et de
l'espace. La répulsion ou l'engouement du public immédiat peut errer,
mais la réflexion des masses redresse l'erreur. Il faut donc contempler
le vrai dans l'homme face à face, être pour ainsi dire en tête-à-tête
avec l'âme de l'humanité dans les conceptions de l'intelligence et dans
les inspirations du coeur. Voilà le respect, voilà l'affection qu'on
doit aux hommes, et, dans cette notion de leur confraternité avec
nous-mêmes, ceux de l'avenir autant que ceux d'aujourd'hui comparaissent
pour nous servir de juges, de conseils ou d'amis.
»Mais, dans le besoin de les voir sourire, de respirer leur encens,
comme dans la crainte poignante de ne pas être compris d'emblée, il y a
quelque chose de maladif qui ne tiendrait pas contre une pensée
sérieuse, si le talent qui se produit était sérieux et prenait son siége
dans la conscience.
»Laure, tu pourras m'aimer, je le sens, je le veux! Jamais, quand je me
suis prosterné en esprit devant Dieu, source du vrai et du bon, pour lui
demander de me garder dans ses voies, il ne m'a laissé impuissant à
produire des accents vrais, des idées élevées. En ce moment, je lui
demande ses dons les plus sublimes, l'amour vrai partagé; et je
l'implore avec tant de feu et de naïveté, qu'il m'exaucera.
»Nous irons où tu voudras; nous resterons ici, nous parcourrons des pays
nouveaux, nous nous cacherons sous terre, nous dépenserons ma petite
fortune en un jour, ou nous assurerons par elle l'équilibre à notre
avenir. Tu n'as pas de volontés, je le sais. Je veux, j'attends que tu
en aies. Je serai bien heureux le jour où je verrai poindre seulement
une fantaisie, et je sens que, pour la satisfaire, je transporterai,
s'il le faut, des montagnes...
»Laisse-moi t'aimer, ne me plains pas d'aimer seul. Ne sais-tu pas que
c'est déjà du bonheur que tu me donnes en m'élevant à la plénitude de
mes propres facultés, en me plaçant au faîte de ma propre énergie!
»Laisse-toi aimer, ange blessé! Un jour, je te le jure, tu remercieras
Dieu de me l'avoir permis.
»A toi, malgré toi, et pour toujours.
»ADRIANI.»
Journal de Comtois.
Monsieur est un homme de rien. C'est un artiste! Je m'en étais toujours
douté. J'ai lu, par hasard, ce soir, un vieux morceau de journal dont je
me sers pour me mettre des papillotes. Il y avait dessus, à la date de
janvier dernier:
«Le célèbre chanteur et compositeur Adriani, dont le nom véritable est
d'Argères, est enfin revenu des neiges de la... et s'est fait entendre
dans les salons de..., où il a ravi une foule de... méthode... les
femmes... sa beauté idéale... un engagement... l'Opéra...»
Le reste des lignes manque; mais c'est assez clair comme ça; et me voilà
dans une jolie position! Valet de chambre d'un chanteur, d'un histrion,
sans doute! Je vas écrire à ma femme de me chercher une place. En
attendant, j'espère bien qu'il ne me fera pas banqueroute de mon voyage.
D'ailleurs, l'intrigant va faire fortune. Il épouse sa folle, puisqu'il
en est revenu ce soir passé minuit. Elle le battra, c'est tout ce que je
lui souhaite pour m'avoir si bien attrapé.
Narration.
D'Argères, ou plutôt Adriani, car c'est sous ce nom que son existence
avait pris de l'éclat, dormit mieux qu'il n'avait fait depuis huit
jours. Il ferma sa lettre, qu'il voulait envoyer à Laure avant de la
revoir, et goûta un repos délicieux, bercé par les riantes fictions de
l'espérance. En s'éveillant, il sonna Comtois pour le charger de sa
missive. Mais Comtois avait une figure et une attitude si
extraordinaires, qu'il hésita à mettre son secret dans les mains d'un
être bavard, sot et curieux.
--Voilà monsieur réveillé! fit Comtois d'un air qu'il croyait être
goguenard et qui n'était que stupide. Sans doute monsieur a bien dormi?
Il ne souffre pas du mal de dents, lui! Ce n'est pas comme moi, qui n'ai
pas pu fermer l'oeil: ce qui m'a conduit à lire de vieux journaux où
j'ai trouvé des choses bien drôles!
--Si vous êtes malade, Comtois, allez vous recoucher. Je me passerai de
vous.
--J'aimerais mieux que monsieur me donnât une petite consultation.
--Pour les dents? Je ne saurais. Je n'y ai eu mal de ma vie.
--Ah! c'est que je croyais monsieur médecin?
Ici, Comtois, voulant se livrer à un rire sardonique, fit une grimace si
laide, qu'Adriani le crut en proie à de violentes souffrances. Il
insista pour le renvoyer; mais Comtois n'en voulut pas démordre, et
s'acharna à raser son maître.
--Que monsieur ne craigne rien, lui dit-il en se livrant à cette
opération quotidienne où il excellait et dont il tirait une
incommensurable vanité, je raserais, comme on dit, les pieds dans le
feu. J'ai la main si légère, que, eussé-je des convulsions, par suite de
mes dents, vous ne me sentiriez point. Je sais ce qu'on doit de
précautions, surtout quand on approche le rasoir d'un gosier comme celui
de monsieur. Quant à moi, on pourrait bien me couper le sifflet, l'Opéra
n'y perdrait rien; mais peut-être qu'il y a des mille et des cents dans
le gosier de monsieur.
--Le drôle sait qui je suis, pensa Adriani: j'ai bien fait d'écrire. Il
faut que je me hâte de courir là-bas, avant qu'il ait eu le temps de
bavarder avec Toinette.
Comme il sortait, Adriani vit arriver la chaise de poste du baron de
West, qui revenait de Vienne, et qui, de loin, lui faisait de grands
bras. Désolé de ce contretemps, il feignit de ne pas le reconnaître et
se jeta dans les vignes. A travers les pampres, il vit la voiture qui
s'arrêtait, ce qui lui fit craindre que le baron ne courût après lui. Il
se glissa le long d'une haie, et se trouva en face de la vachère du
Temple, qui prenait le plus court à travers les vignes pour gagner la
route.
--Où allez-vous? lui dit-il.
--Je vas porter une lettre à M. d'Argères, répondit-elle. C'est-il vous
qui s'appelle comme ça?
Adriani ouvrit le billet. Il était de la main de Toinette.
«Madame n'a pas bien dormi cette nuit. Elle gardera la chambre ce matin.
Elle prie bien monsieur de ne venir qu'après midi.»
--Retournez vite au Temple, dit Adriani, et remettez ceci à madame
elle-même, aussitôt que vous pourrez entrer chez elle.
Il ajouta un louis à son message, pour que Mariotte comprît qu'il y
avait profit pour elle à s'en bien acquitter.
Puis il revint sur ses pas, en feignant d'apercevoir le baron, qui
arrivait à lui.