II

_«Je tiens ce qui m'est le plus cher, et je ne serai pas le plus

misérable des hommes si je meurs vous ayant près de moi.»_

Sophocle.

_(Oedipe à Colone.)_

Frileusement blottie au flanc Sud de la montagne, entre un bois de

chênes et une forêt de sapins, recouverte de lierre depuis sa base

jusqu'aux fines colonnettes de son toit plat, Paradiso, la vieille

maison héréditaire des Meydan, avait tout l'aspect d'un nid. Les

larges allées de ses jardins montaient et descendaient autour d'elle,

traversant les bosquets touffus, s'arrondissant en terrasses aux

échappées sur la belle vallée vaudoise de ***. Ses fenêtres dont les

vitres nettes, garnies de rideaux frais, scintillaient parmi les

mouvantes et vertes draperies, attiraient, accueillantes, comme des

regards amis. Un feu, où brûlait une énorme bûche de Noël, se reflétait

dans la porte-fenêtre de la pièce du centre, la salle à manger, qui

s'ouvrait sur un petit perron de pierre.

Auprès de la table servie, Monsieur Meydan dépouillait le courrier du

matin en attendant ses enfants. C'était un homme d'une cinquantaine

d'années, de taille moyenne, l'air bien plus jeune que son âge. D'épais

cheveux blonds, à peine blanchissants, se retournaient en touffe sur

un front large, où les soucis, la maladie et la douleur avaient creusé

leurs profonds sillons. Des yeux très vifs encore, d'un bleu sombre,

semblaient brûler sous des arcades sourcilières avancées. Son visage,

d'une douceur presque féminine, avait des teintes de rose passée,

avivées aux pommettes. Il était vêtu avec soin d'un coin de feu beige.

De sa main amaigrie, il caressait une longue moustache, plus rousse que

ses cheveux, bien plantée au-dessus d'une bouche fine et d'un menton

ferme, fraîchement rasé.

Issu d'une vieille famille vaudoise ayant du bien, réfugiée jadis en

Suède pendant les persécutions religieuses, il tenait de ces différentes

origines les contradictions et le charme de sa nature d'artiste,

ardente, impressionnable et tendre. Il terminait ses études à Rome

lorsqu'il avait rencontré celle qui devait être l'unique amour de sa

vie, sa femme, sa «Béatrice», ainsi qu'il l'appelait, belle comme un

rêve de poète, aimante et douce, mais d'une santé délicate, et qui avait

succombé, jeune encore, aux épreuves de ses trop nombreuses maternités.

Avec elle, par elle et pour elle, il avait vécu dans sa maison natale

dont elle avait fait un «paradis», au coeur d'un pays merveilleusement

beau, n'ayant d'autre occupation que les soins à donner à son vaste

domaine, l'étude de la musique, qu'il aimait passionnément et

l'éducation de ses enfants dont il semblait être plutôt le frère aîné

que le père...

Jacques entra le premier; et, le cour battant, après avoir dit bonjour,

attendit le regard de celui envers lequel il se sentait si coupable.

Mais, absorbé par sa lecture, Monsieur Meydan répondit distraitement,

sans lever la tête.

Nadine avait laissé sa mante et ses socques dans le vestibule. Toute

blanche dans sa robe de laine claire, elle vint par derrière son père,

se pencha et l'embrassa au front, comme elle faisait chaque matin «pour

faire envoler les soucis».

--As-tu bien dormi, Père, as-tu souffert cette nuit?

«Père» ne remarqua pas l'anxiété inaccoutumée de cette phrase

quotidienne, ni le léger tremblement de la voix.

--Bien, merci, dit-il. Tu es fraîche comme l'aube, tu sens l'air des

bois, ma chérie. Et, repliant la lettre qu'il lisait, il tendit sa tassé

à la jeune fille qui y versa le thé fumant. Le bonheur d'avoir mes

enfants auprès de moi m'a véritablement ressuscité, au contraire. Je me

sens léger et dispos, j'ai vingt ans ce matin. Quel bon Noël nous allons

passer ensemble! Aussi bon que possible sans... Tiens, j'ai une lettre

de Daniel, une lettre excellente. Il regrette de ne pouvoir venir, mais

ses malades le retiennent. Il réussit merveilleusement, ce petit! Ah!

c'est un cher garçon, un homme énergique, qui sait ce qu'il veut! Si tu

marches aussi bien comme avocat que lui comme médecin, mon Jacques, je

pourrai être fier de mes fils, je n'aurai pas tout-à-fait perdu ma vie.

Et je ne parle pas de mes filles... Comme votre mère serait heureuse,

mes enfants. Je veux être heureux pour elle et pour moi. Daniel vous

envoie ses meilleurs baisers de Noël. Mais pourquoi les fillettes ne

descendent-elles pas? Je ne vois pas leurs tasses...

--Elles étaient fatiguées du voyage; songe donc: huit heures de chemin

de fer et cette montée, depuis Borena, qu'elles ont voulu faire à pied!

Alors on leur a servi leur déjeuner au lit. Elles doivent s'habiller et

ne vont pas tarder à venir t'embrasser.

--Ah! comme tu les gâtes! Mais voyons, qu'as-tu? Maintenant que je te

regarde, il me semble que tu es pâle... Et Jacques... Vous avez tous

deux très mauvaise mine, vous me trompez, il y a quelque chose. Luce,

c'est Luce, n'est-ce pas?

--Pas le moins du monde, répondit Nadine, de cette voix calme qui avait

tant d'empire sur le malade. Luce se porte à merveille. Jacques et moi

avons été au bois, cueillir du houx pour ce soir et le froid nous a

saisis. Il fait une de ces gelées!

--La voilà qui dissimule, elle, si droite, pensait son frère: c'est pour

m'épargner. Mais, tout-à-l'heure, comment s'en tirera-t-elle? Pauvre

Père, quel écroulement! Je suis un bandit!

La jeune fille étendait le beurre sur les tartines chaudes. Elle se

disait avec angoisse: Il est impossible que je parle à Papa aujourd'hui.

Par exception, il est paisible et heureux; comment avoir le coeur de le

troubler? Quel changement dans ses traits, tout à l'heure, lorsqu'il a

remarqué notre pâleur! Comme on sent qu'un rien pourrait amener la crise

fatale! Elle serait d'autant plus violente, en ce moment, qu'il est plus

confiant et plus tranquille.

--Qui aurons-nous à dîner? demanda Jacques, cherchant à rompre un

silence pesant.

--Mon ancien camarade Malprat, avec sa femme, cette bonne Francesca;

le pasteur Le Brun est malade, il ne viendra pas; Monsieur et Madame

Porchano, nos aimables voisins des Cèdres; Madame Lelong, notre autre

voisine, mais pas sa pimbèche de fille qui, heureusement, est absente.

Je n'aime pas beaucoup cette femme, mais elle est veuve et isolée,

je n'ai pas le courage de la laisser seule, un soir de Noël. Enfin,

l'indispensable et cher Calvetti, sans lequel je ne conçois pas un dîner

à la maison. Tous, sauf Madame Lelong, de vieilles connaissances, tu

vois. Si j'ai bien compté, cela fait six, onze avec nous cinq.

--Onze! La table ne sera pas jolie, il manque une personne, répondit

Jacques, pour dire quelque chose. Et puis, l'élément «vieille

connaissance» quoique très appréciable, domine un peu trop. Il faudrait,

il me semble, un peu de jeunesse. Pourquoi n'as-tu pas invité Georges

Melville? Il y a si longtemps que je ne l'ai vu! Je serais bien aise de

le retrouver.

--C'est que...

--N'est-il plus ton médecin?

--Non.

--Comment, il n'est pas venu en consultation, quand tu as été si malade?

Nadine s'était levée brusquement.

--Tu t'en vas? demanda le père.

--Je vais voir les petites, dit-elle sans se retourner.

--Qu'y a-t-il? demanda Jacques, très intrigué, lorsqu'elle eut disparu.

Pourquoi ces réticences, ces airs mystérieux à propos de cet ami

d'enfance, de cet ami de toujours? Daniel s'est-il fâché avec lui? Ils

étaient si liés autrefois; ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre,

au point que quand ils faisaient leurs études ensemble à Rome, on les

appelait les frères Siamois. Il n'est pas possible qu'ils se soient

brouillés. Après cela, Daniel... il est parfait, j'en conviens, mais,

raide parfois, aussi. Pourtant, je ne peux le croire... Et puis, enfin,

que diable! ce ne serait pas une raison suffisante: il n'y a pas que

Daniel, ici. Du temps de Maman, Georges venait journellement à la

maison, il faisait partie de la famille. Et maintenant, éclipse totale

du Monsieur? C'est extraordinaire.

--Il a été en Allemagne pendant près d'un an. Puis il a perdu son père.

--C'est vrai; mais maintenant il est de retour et son deuil touche à sa

fin. Rien ne t'empêche plus de l'inviter.

--..................................

--Tu vois bien, il y a quelque chose. Quoi?

--Rien. Ou plutôt il avait des idées... Figure-toi qu'il s'était épris

de ta soeur et voulait l'épouser.

--Tu appelles cela des idées? Si quelque chose est naturel, logique

même, c'est ça. Ils semblent faits l'un pour l'autre. Melville est

un charmant garçon, et sérieux, et plein d'avenir! Nadine ne pouvait

trouver mieux, ni lui non plus. Elle n'a pas été assez folle pour

refuser, j'espère? Je ne le lui pardonnerais pas.

--C'est ce qui te trompe, mon cher: elle l'a refusé, bel et bien. Si

«charmant» qu'il te semble, il ne lui plaisait pas, sans doute. J'ai

laissé ta soeur entièrement libre, tu comprends. C'était il y a deux

ans, un peu avant Noël. Ton phénix finissait son internat. J'étais très

souffrant, je me souviens, le jour où j'ai reçu sa lettre. Et puis,

naturellement, elle m'avait bouleversé: on a beau élever ses enfants

pour eux, non pour soi, on a beau se préparer au sacrifice, se répéter

que sa fille est grande et qu'elle pourra vous être enlevée d'un moment

à l'autre, le coup est rude tout de même.

--Que faut-il répondre? ai-je demandé à ta soeur.

--Ceci, a-t-elle dit aussitôt, sans l'ombre d'une hésitation: «Ma fille

est de beaucoup trop jeune pour se marier.» Et, séance tenante, sous

mes yeux, elle a écrit la lettre, car j'étais trop faible pour le faire

moi-même. Peut-on rien trouver de plus net, de plus précis, et, à la

fois, de plus délicat que cette simple phrase? Cette enfant a un

esprit, un coeur! Cependant Melville nous a gardé rancune. A son retour

d'Allemagne, quand, après avoir soutenu sa thèse, il est venu prendre

la clientèle de son père à Borena, il a négligé devenir nous voir. Il

réussit fort bien, dit-on. Je le rencontre quelquefois en ville ou dans

la montagne quand il fait ses tournées. Nous nous saluons, et c'est

tout. Je ne lui en veux pas.

--Trop jeune! elle avait vingt ans! C'est l'âge, au contraire, ou

jamais!--allait dire le jeune homme, mais il se tut. Brusquement il se

souvenait des vacances de Noël de cette année-là, si assombries par il

ne savait quel malaise mystérieux: son frère qui boudait visiblement

et donnait de mauvais prétextes pour ne pas venir; Georges, subitement

parti pour l'Allemagne, par raison de santé, disait-on; Monsieur Meydan,

joyeux comme un homme qui vient d'échapper à un grand danger; enfin, et

surtout, Nadine, si différente d'elle-même, triste lorsqu'elle ne

se croyait pas observée, d'une gaité exagérée devant le monde. Et

maintenant, ce trouble, ce brusque départ, à ce nom...

--Elle l'aime! pensait-il. Elle s'est sacrifiée. Papa ne voit rien,

ou... mais ce serait d'un égoïsme monstrueux!

Le déjeuner était fini. Monsieur Meydan, les pieds tournés vers le feu,

lisait son journal. Jacques se leva et courut à la chambre de sa soeur.

Il frappa, on ne répondit pas. Il tâcha d'ouvrir la porte: elle était

fermée à clef.

--C'est cela, je ne me suis pas trompé! Ah! l'héroïque chérie! Que

faire, mais que faire? Je donnerais ma vie pour elle... et la savoir

ainsi malheureuse...

Nadine, à genoux devant son lit défait, cachait sa tête dans le coussin

pour étouffer les sanglots qui ne voulaient pas s'arrêter. Son coeur

vaillant, où tant de tristesses s'accumulaient en silence, éclatait

enfin. Ce nom si cher, prononcé à ce moment-là, c'était trop. Elle

pleurait toutes les larmes que, depuis si longtemps, sans cesse, elle

refoulait au fond d'elle-même. Sa force faiblissait subitement; tout

lui échappait à la fois. Sa tâche lui semblait manquée, son sacrifice,

inutile. Pourquoi avait-elle fait taire son coeur et blessé à jamais cet

ami toujours chéri en secret? Pour donner à ce père malade le calme,

la paix qu'il lui fallait à tout prix; pour rester auprès de lui et

continuer l'oeuvre inachevée, léguée par la chère morte. Or, voici cette

paix, ce calme compromis, et avec quelle légèreté, par son frère. Son

travail de persuasion, si délicat auprès de lui, avait donc été vain

aussi, son influence, nulle!

--J'ai sans doute été lâche, je ne l'ai pas assez grondé, pensait-elle.

C'est que Père, quand il se fâche, dépasse toujours la mesure; alors,

pour la rétablir... Je ne voudrais pas le rebuter, mon pauvre Jacques!

Si on le décourage, je le connais, il ne luttera plus et se perdra tout

à fait. Il est faible, étourdi, léger; pourtant son coeur est droit

et bon. Il est toujours si repentant! Je ne sais pas, moi, diriger un

garçon de cet âge, un homme, déjà! Tant de choses en lui m'échappent! Il

n'a que deux ans de moins que moi, après tout! Je ne suis pas sa mère,

mais sa soeur, sa camarade. Je ne puis que l'aimer!

Encore si Daniel m'aidait, lui, l'aîné, lui, si intelligent, si fort!

Mais il ne peut comprendre les faiblesses des autres; il est trop

sévère, aussi; il a des mots cruels qui font d'inguérissables blessures.

Et puis, je le sens, il m'en veut d'avoir refusé son ami. Il ne m'écrit

pas, il fuit la maison. Il aime tant Georges! Il avait rêvé d'en faire

son frère: la déception est grande, je le devine.--Ah! comme je

l'adore, pour cette admirable fidélité! Impossible, pourtant, de lui

expliquer les choses; il n'admettrait pas mes raisons. Je connais sa

logique inflexible: «Un père n'a pas le droit de sacrifier son enfant;

avant toute chose, une fille doit suivre la loi de la nature, qui est de

se marier, de fonder, à son tour, une famille.» Tout de suite, j'en suis

sûre, il avertirait Georges, parlerait à papa, dévoilerait le cher, le

douloureux secret, si difficilement gardé. A quoi cela servirait il

d'avoir tant combattu, tant souffert!

Ai-je eu tort de refuser le bonheur? Pourquoi l'ai-je fait si

brutalement? Ne pouvais-je laisser une porte ouverte à l'espérance? Mais

Père, ce jour-là, était si malade, si mortellement inquiet! Je revois sa

figure anxieuse: comme elle s'est subitement illuminée, quand je lui ai

répondu! A ce moment-là, le sacrifice a été facile. Mais ce «de beaucoup

trop jeune» qui l'a comblé de joie, qui lui semblait tout naturel (ne

suis-je pas toujours une gamine à ses yeux?) a dû paraître à Georges le

plus grossier des prétextes. Ah! je suis habile à faire souffrir, moi,

quand je m'en mêle! Ma main est sûre contre moi-même. Il fallait...

Mais que fallait-il?

La jeune fille se leva et prit sur la cheminée une petite photographie

jaunie, pâlie, presque effacée, dans un cadre de soie ancienne.

Que fallait-il faire? Explique-le-moi, toi? Ne m'as-tu pas dit, en me

les montrant tous: «Sois leur mère?» J'ai promis. Une mère n'abandonne

pas ses enfants. J'ai tenu ma promesse; mais, maintenant, je suis lâche,

tu vois. Quand saurai-je, à ton exemple, renoncer absolument à moi même?

Mon Dieu, aide-moi, toi seul le peux!

Ah! ce «moi» qui revient sans cesse, qui veut être heureux à tout prix!

Lasse de toujours donner, j'ai soif de recevoir à mon tour. J'ai tant

besoin de conseil et d'appui! Je suis jeune, inexpérimentée. Et puis, je

voudrais vivre moi aussi, être heureuse! Mais c'est fini: pardonne-moi,

Maman; va, je serai forte encore. Seulement, que faire en ce moment? Ne

rien dire à Père? Et ces mille francs où les trouverai-je?... Ah!

La brave enfant posa vivement le cadre sur la cheminée, courut à son

secrétaire, l'ouvrit, y prit une enveloppe sur laquelle il y avait

écrit: «Pour le portrait de Maman». Depuis la mort de sa mère, quatre

ans bientôt, elle ajoutait à ses petites économies de maîtresse de

maison tout l'argent que son père lui donnait pour ses menus plaisirs.

Elle compta les dix billets de cent francs; ils y étaient, de la veille.

C'était ce que demandait le peintre en renom, Bordinato, pour le pastel

de Madame Meydan. Il avait fait la connaissance de la mère et de la

fille à B***, dans les montagnes, où la pauvre femme prenait les eaux

avant sa mort. Ils demeuraient dans le même hôtel. Le peintre se

montrait plein d'attentions pour la malade. Nadine lui avait écrit et

venait de recevoir la réponse. Oui, il se souvenait fort bien de la

gracieuse femme aux grands yeux bleus si tristes, qu'il avait tant

admirée, dont il avait pris, sans qu'elle s'en aperçut, maints croquis,

dont il revoyait encore la fine carnation blanche, les lourds cheveux

sombres, l'expression de lassitude et d'exquise douceur. Aidé de tous

ses souvenirs et de la photographie passée, il essaierait de faire

revivre les traits aimés...

La jeune fille voyait déjà le médaillon dans le boudoir que sa mère

affectionnait, au-dessus du vieux secrétaire orné de cuivre où elle

écrivait, jadis. Le tendre regard la suivait, l'encourageait. Que son

père serait ému et doucement joyeux en l'apercevant! Ne déplorait-il pas

sans cesse de n'avoir pas un bon portrait de la chère morte?

La «grande» ferma l'enveloppe, et, jetant un dernier coup d'oeil

sur l'image pâlie, où les yeux devenus blancs, avaient perdu toute

expression:

--Tu m'approuves, je le sais, dit-elle à haute voix. Ton souvenir est en

moi; et là, il ne s'altèrera jamais!

Rapidement, elle descendit l'escalier, mit l'enveloppe dans la poche

extérieure du pardessus de son frère, bien à portée de sa main, sous

ses gants, puis, calme, entra dans l'office où «les petites soeurs»

impatientes, un grand tablier de cuisine noué autour de la taille, la

bavette piquée au corsage, les manches relevées, les cheveux attachés en

chignon, l'attendaient pour faire le pudding.

Contes de Noël · 第 26 / 31 题