D’un buisson d’azalées, Puck sortit, habillé de deux feuilles de trèfle
jointes ensemble par des fils de la vierge; il est si petit, que ce
costume lui était un peu large; pour bonnet de fou, un volubilis des
haies, où tremblait, ainsi qu’une clochette, un bouton d’or mi-clos.
--Yolaine, dit Puck en riant comme un nid, pourquoi te désoles-tu si
fort?
--Mon seul amour s’en va, et je ne puis le suivre.
--Ton amour est-il ce beau jeune homme, en armure d’argent, les ailes
d’un alérion de neige éployées à son casque, qui chevauche là-bas, sur
une cavale blanche?
--C’est lui-même. Ses yeux sont bleus comme le ciel et il a les cheveux
couleur de la nuit.
Puck agita la ramille d’aubépine qui lui tient lieu de marotte.
--Quand c’est mon plaisir, Yolaine, la tortue paresseuse devance les
nuages, et les emportés étalons, soudainement ralentis, courent moins
vite que le scarabée qui met toute une heure à traverser la feuille d’un
platane. Yolaine, suis ton amour, sans inquiétude. Où il va, tu
arriveras en même temps que lui.
Tandis que Puck rentrait dans le buisson d’azalées, Yolaine se mit en
marche; les cailloux où elle posait ses petits pieds chaussés de satin
et de perles, disaient dans un joli bruit: «Merci, petits pieds
d’Yolaine.»