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FACECIES,
et motz subtilz, d'aucuns excellens
espritz et tresnobles
seigneurs.
En Francois, et Italien.
[EX AEQVITATE ET PRVDENTIA, HONOS.]
A Lyon,
Imprimé par Robert Granjon.
Mil. Vc. Lix.
Aueq priuilege du Roy.
Extrait du priuilege du Roy.
Par grace et priuilege du Roy, est permis à Guillaume Rouille,
d'imprimer ou faire imprimer, vendre et distribuer, vn liure Intitulé,
(Facecies, et motz subtilz: En Francois, et Italien.) Et defendu à tous
autres Libraires, Imprimeurs, et personnes quelconques de ce Royaume: de
non imprimer, ou faire imprimer, vendre ne distribuer lesdits liures,
sans le congé & consentement dudit Rouille. Et ce iusques au temps et
terme de dix ans, sur peine d'amende arbitraire, et confiscation des
liures qui seroyent imprimez.
Ledit priuilege ha esté donné à saint Germain en Laye le xxix. de
Nouembre, L'an Mil cinq cens cinquante sept, signé, De Lomenic, et
séelé du grand seau en cire Iaune à simple queuë.
Par le Roy, M. Ian Nicot, maistre
des requestes de l'hostel, present.
Epistre.
A Tresmagnifique et noble seigneur,
Sebastien Cruz.
Loys Dominique.
Nul est entre nous qui doute, la nature humaine auoir esté tellement
creée de Dieu tresbon et tresgrand, qu'elle ne puisse (aueq vn si debile
corps subiet à diuerses infirmitez et passions) souffrir les
continuelles fatigues. Et tout ainsi que dieu par vne supreme prudence,
ordonna dés le commencement du monde (aueq vne certaine douce harmonie)
que ores resplendist le Iour serain, commode aux trauaux, par lesquelz
s'acquierent les nourrissemens de la vie: ores suruient la nuit obscure,
aymant le repos, et reparant les forces perdues, semblablement aussi au
cueur des hommes, lors que le perseuerant estude, leur apporte
melancholie, on void l'heure qu'il est opprimé de la machine et pesant
faiz de diuers pensemens, et l'heure qu'il est plein d'allegresse, et
toutellement deliure de trauail: pourautant qu'en nous sont, par vn
certain moyen plantez, la tristesse et douleur, comme aussi la liesse &
contentement, mais c'est aueq vne douce temperance et egal contrepois
des choses. Il est donques besoin, que la pensée humaine, aucunefois se
procure, quelque peu de recreation aggreable, pour ne succomber souz les
continuelz desplaisirs, ou bien pour ne mourir entre les perseuerantes
fatigues. Attendu mesmement que, selon les prophetes l'esprit triste
deseiche les os. Et celuy qui ne prend repos, ne pourra longuement
durer. A ces causes se trouue par escrit, que les plus sages pour se
recreer, en quelque sorte, et pour n'anichiler la vertu, souuentefois
ont discontinué les affaires de la Republique, se retirans en lieux
delectables & de repos. Lon lit de Scipion, et Lelius, que quand ilz se
trouuoyent lassez des manimens publiques, s'occupoyent à recueillir des
coquilles, et des petites pierres sus le sablon du riuage de la mer. Et
Sceuola pour se recreer iouoyt quelquefois à la paume: Socrates aussi,
homme tresgraue, mettant vne canne entre ses iambes, simuloit de piquer
vaillamment vn cheual entre les petis enfans. Saint Augustin consoloit
son amy Licencius, luy persuadant de se retirer en l'habitation des
Muses. Or en suiuant les mieux renommez, pour me deliurer en partie de
mes plus molestes pensemens, ces Iours fascheux, à l'occasion du temps
d'esté (durant lequel assez proufité, et apprend, qui se conserue en sa
santé) ie me suis addonné à lire vn petit liure de Facecies, et motz
exquis, extraitz de plusieurs tresnobles et excellens espritz: lequel ie
recouuray de tresciuil & gentil mon honnoré amy M. Ian Massuoli de
strata, autrement nommé l'Estradin, habitant de Florence. A la courtesie
et diligence duquel sont grandement attenuz les hommes doctes et
vertueux. Pourautant que durant le temps de toute sa vie, en allant par
diuers païs, n'ha iamais espargné, ny sa poine, ny sa course, pour
reassembler de toutes les parties du monde, les plus antiques, et plus
exquis liures qu'il ha peu trouuer, en langue Tuscane: de sorte que
faisant harnois de telz bons liures seulement, en ha congregé plus
ensemble, que non seulement dans Florence, ains aussi, en toute l'Italie
ne s'en pourroit trouuer si grand nombre. De ces tresors, se monstre
tant liberal et amiable dispensateur, que sans attendre aucune priere,
souuentefois ha preuenu le desir des hommes curieux. Apres donques que
i'ay receu ledit liure de ses mains, et que i'en ay retiré le plaisir
que ie desirois le plus, i'en ay bien voulu faire part à vostre
Seigneurie, à celle fin que se trouuant quelquefois deliure de ces
solicitudes (que ie say estre de plus grande importance, que ces
soulacieux propos, et Ioyeuses fables) puissiez recouurer quelque
plaisir delectable. Et ne vueille s'esmerueiller icelle vostre
Seigneurie, si I'ay prins hardiesse de ce faire. Car ayant ces iours
passez (par le moyen de mon trescher et honnoré amy M. Marco Anthonio
Passero de Naples) prins amitié et demeurance domestique, aueq mon
tresnoble seigneur Messire Leonard vostre frere, et sachant que comme
vous estes coniointz de sanguinité, ainsi l'estes vous par charité et
bon amour, pour reconnoistre en partie la debonaireté d'iceluy vostre
trescordial frere: et pour ne mesconnoistre la beniuolence, qu'il me
porte, i'ay voulu enuoyer à vostre Seigneurie, ces parolles recreatiues,
lesquelles neantmoins me semblent estre vn petit don, et peu de cas:
mais c'est pour faire quelque moyen de tesmoignage, de l'affection que
ie porte à l'un et à l'autre, qui est la cause pourquoy i'y ay adiousté
plusieurs autres plaisanteries, en partie par moy recueillies de diuers
autheurs, partie entendues d'aucuns mes amis. Et par ainsi i'espere par
vn mesme don conseruer l'amitié du seigneur Leonard, et aussi acquerir
la vostre: estant certain que la rare concorde regnant en voz espritz et
pensemens, (tout ainsi qu'aux ieunes enfans de Leda) egalement estime
son propre, ce qu'est en la puissance d'autruy, Au moyen de quoy telle
est vostre bonté, que ie me pourray vanter d'auoir esté agreable à tous
deux, faisant vn petit seruice à l'vn de vous. Et à vostre Seigneurie
ie baise la main aueq honneur et reuerence.
Facecies, et motz subtilz, d'aucuns
excellens espritz et tresnobles
Seigneurs: En Francois
et Italien.
Laurens de Medicis fut requis de fauoriser en l'election des seigneurs,
Ie ne say quel citadin, aucunement suspect à l'estat, pourautant qu'il
estoit homme à qui plaisoit le suc de la vigne: et disant celuy qui luy
parloit, Tu luy feras faire, aueq vn verre de vin, tout ce qu'il te
plairra, respondit Laurens, Et si vn autre luy en donnoit vn flascon, ou
me trouuerois ie?
Lorenzo di Medici fu richiesto di fauorire nella electione di
signori non so chi alquanto sospecto allo stato, perche era
huomo a cui piaceua il succo della vitte, e dicendo gli chi
gliene parlaua, Tu gli farai fare ciò che tu vorrai con vn
bicchiere di vino: Rispose, che se vn altro gliene desse vn
fiasco, doue mi trouerai io?
Cosme de Medicis Pere et gouuerneur du païs de Florence, grand pere
d'iceluy Laurens, requis de l'arceuesque Antonin, de luy donner faueur,
quant à vne prohibition qu'il vouloit faire, pour empescher les prestres
de iouër aux cartes, ny aux dez, respondit, commencez à faire quelque
peu par vous, premier que les meschans dez soyent iettez.
Cosmo di Medici padre de la patria Fiorentina, auo di predetto
Lorenzo, richiesto de l'Arciuescouo Antonio de gli far fauore,
circa vna prohibitione che voleua fare, che i preti non
giocassero a li carte ni dati, gli disse, Cominciate a fare vn
poco prima da voi, che si mettano cattiui dati.
Laurens filz de Pierre qui fut filz d'iceluy Cosme, deuisant entre
plusieurs prestres dont l'vn dit, que les hommes ne peuuent se deffendre
d'eux, dit Il, ne s'en faut point esmerueiller: pource que les prestres
qui ont les accoustremens longs, ont plustost baillé vn coup de pied,
que les autres ayent veu remuer la iambe.
Lorenzo di Pietro di Cosmo predetto ragionando in vna compagnia
di preti, e dicendo l'vn, che l'huomo, non si potea guardare di
loro, disse, non esser marauiglia: perche hauendo essi i panni
luonghi, hauean datto prima il calcio, che altri vegga loro
muouere la gamba.
Braccio Martelli voulant donner à connoistre que René de Passi estoit
paureux et de petit courage, pourautant qu'il n'auoit voulu iouster à
vnes ioustes lors ordonnées, dit, que la cause pourquoy il absentoit,
estoit qu'il auoit peur dans son armet.
Braccio Martelli volendo mostrare che Rinato de Pazzi era
pauroso, non hauendo egli voluto giostrare ad vna giostra
ordinata, disse, che lo faceua per che egli haueua paura
nell'elmo suo.
Puccio d'Antoine Pucci confortant vn ie ne say quel citadin pour
accepter l'office de Gonfalonier de la iustice, en temps d'importance et
respondant Iceluy, qu'il ne se connoissoit assez sauant pour exercer tel
office, luy demanda, s'il luy suffisoit point estre autant sauant comme
Cosme. Il me souffiroit (dit il) de la moitié, pour bien y satisfaire.
Or ie t'enseigneray dit Puccio, à estre plus sage que luy. N'as tu point
d'entendement, de toy mesmes? Ouy dit il, i'en pense auoir quelque peu.
Apres, dit Puccio, fay donques ce que Cosme te dira, & par ce moyen tu
auras en cest endroit tout son sens et tout le tien. Parquoy tu en auras
plus que luy.
Puccio di Antonio Pucci, confortando non so che cittadino ad
accettare l'vfficio del Gonfaloniere di Iustitia in tempo
importante, e rispondendo egli, che non gli pareua esser tanto
sauio quanto a quello vfficio s'aspectaua, gli domandò se gli
bastaua esser sauio come Cosmo. E dicendo gli che se fusse la
metà sauio, che egli crederebbe assai bene sodisfare. Oh io
t'insegnero, disse Puccio, ad esser piu fauio di lui. Non hai tu
punto senno da te? E dicendo che pur credeua hauere ne qualche
poco, subiunce Puccio, fa dunche cio che Cosmo ti dice, e harai
a questo modo tutto il suo, e cossi ad essere piu sauio che
Cosmo.
Matthieu Franco, estant à voir vne dispute qui se faisoit à Pise,
laquelle auoit esté desia poursuiuie iusques à la nuit, & assez tard,
dit aux disputans, qu'ilz feroyent bien de la laisser, pource qu'en ne
voyant point de lumiere, leur argument se pourroit verser dehors, ou à
tout le moins qu'ilz se tinssent assis, de crainte que leurs argumens ne
tombassent au bas par le fondement de leurs chausses.
Matteo Franco stando a vedere a Pisa vna disputa, laqualle era
già condutta a tardi, disse, che farebbeno bene a lasciar la
stare, che non si vedendo lume, l'argumento si verserebbe fuori:
e che al meno sedessero accio che l'argumenti sen'andesseron giù
per le calze.
Laurens de Medicis susnommé, estant à Florence. Bernard Benuolenti,
Ambassadeur Senois, en le rancontrant vn certain iour par son chemin,
luy print le bras & luy tasta le poulx, luy demandant comme il se
trouuoit, touchant sa disposition. Lors Laurens escoust le bras, &
l'empoigna par le poulx, en luy disant, C'est à moy de sauoir comment
vous portez. Car ie suis des Medecins, et vous estes des malades.
Lorenzo de Medici predetto, essendo in Firenze Bernardo
Benuollenti, Ambasciadore Senese, il quale trouatolo per vn
certo andamento, gli tocco il polso, domandando come si
sentisse. Scosso il braccio Lorenzo, riprese il polso di detto
Bernardo, dicendo, Questo tocca a me, che sono de Medici, e voi
siete de gli Infermi.
Ambroise Pannochi deuisant aueq Laurens de Medicis du gouuernement des
Sienois, dit, ie croy qu'ilz sont saintes gens, en qu'ilz viuent de
miracles.
Ambrosio Pannochi, ragionando con Lorenzo di Medici del gouerno
de Senesi, gli disse, io credo che sono tutti santi, e che
viuono de miracoli.
Vn Paisan des montaignes auoit vn iour disne aueq Laurens et en sa
table: despuis reuenu en sa maison, dit à sa femme. I'ay auiourd'huy
plus fait, que iamais ne feit Iesus Christ. Et interrogué d'elle par
quel moyen, luy respondit, Iamais Dieu ne mangea, aueq plus grand
seigneur que soy, et i'ay auiourd'huy mange aueq le seigneur Laurens,
qui est mile fois plus grand seigneur que moy.
Vn Contadino de gli Alpi haueua vn giorno magnato nella tauola
di Lorenzo, e con esso lui: dapoi venuto in casa, disse à la
donna sua. Vedi moglie, io ho hoggi fatto piu che mai non fece
Christo, e domandatogli in qual modo, rispose: Mai Christo non
ha magnato con piu gran Signor di se, e io ho magnato hoggi con
il Signor Lorenzo, il quale è mileuolte piu gran signor di me.
Messire Agnel de la Stufa ayant receu vne lettre du Duc Galeas de Milan,
laquelle estoit pleine de plusieurs presens, entre lesquelz estoyent ces
parolles, ce que i'ay, est du tien. Messire Agnel luy respondit ainsi,
Or mon seigneur ne le dites plus. Car si lon sauoit icy que ie fusse si
riche, on me desferoit à force d'impostz et charges.
Messer Agnolo della Stufa hauendo riceuuto vna lettera dal Duca
Galeasso di Milano, laqual era piena di molte offerte, fra
lequali erano queste parole, cio che io ho, è del tuo. Messer
Agnolo gli rispose cossi: Oi me Signor, non lo dicete, che se
qua si sapesse, che io fusse si ricco, mi disfarebbeno con le
loro grauesse.
Cosme de Medici auoit coustume de dire que Francois Sacchetti, qui
tousiours frequentoit aueq les gens sauans, et ne sauoit rien, estoit
comme l'arnion qui est vne petite beste qu'en tous temps, se tient en
lieu gras, & iamais n'est grasse: mais tousiours maigre.
Cosmo di Medici soleua dire, che Francesco Saccheti (ilquale
sempre vsaua con dotti, e non sapeua niente, era come l'arnione,
che sempre sta nel grasso, e sempre è magro.
Laurens de Medici en parlant d'vn soupper qu'on luy auoit fait, dit
qu'entre les autres choses estans en la maison, on auoit esté fait ledit
souper. le lieu plus froid estoit la cheminée, et le plus chaud estoit
le puys.
Lorenzo di Medici ragionando d'vna cena che gli fu fatta, disse
che fra le altre cose, che erano in detta casa, doue detta cena
fu fatta, il piu fredo luogo che fusse era il camino, e il piu
caldo luogo era il pozzo.
Martin dit Scarpha, en pissant vne fois, et voyant vn ieune gars qui le
regardoit, pource qu'il estoit fort gras, se retourna par deuers luy en
disant: Si tu le vois salue le de ma part, car il y ha dix ans que ie ne
l'ay veu.
Martino detto Scarfa, orinando vn tratto, e vedendo vn fanciullo
che lo rigardaua, perche era grassissimo, voltosi a lui dicendo,
se tu lo vedi salutalo da mia parte, che son dieci anni, che io
non l'ho veduto.
Quelcun se lamentoit à Strosse pource que vne antique colonne erigée en
memoire d'vne certaine victoire luy ostoit la veuë d'vne sienne
fenestre. Auquel Strosse dit qu'il sauoit bien vn bon remede. Et
interrogué quel Il estoit, respondit, Il te faut murer la fenestre.
Strosso aduno che si lamentaua che vna colomna antiqua fatta in
memoria d'vna certa vittoria, gli tollieua la veduta di non so
qual finestra, disse, io so vn buon rimedio. E domandando colui,
Qual? rispose Strozzo, murate questa finestra.
Venant à Cosme vn de Pistoye, appellé le Balafré, qui pour estre enrolé
au nombre des soldats, se vantoit de iamais ne fuir deuant les coups: et
en tesmoin de ce monstroit son visage plein de balafres. Cosme luy dit:
Encores moins prenoit la fuitte celuy qui te frappoit ainsi.
Venendo à Cosmo vn Pistolese, chiamato lo Bardellato per
acconciarsi al soldo, si vantaua che non fuggiua mai, mostrando
in segno di ciò, il viso tutto frappato. Alquale Cosmo rispose,
E ancora colui che ti daua nel viso, non deuea fuggire.
Bernard Gerard estant Gonfalonier de iustice, respondit au pape Pie, qui
par plus grand magnificence se vouloit faire porter aux seigneurs de
Florence, comme il auoit esté porté par les Sienois, & luy dit, Il est
meilleur Pere saint, que vous fassiez porter par voz Capitaines que
voicy. Car nous auons les accoustremens trop longs.
Bernardo Gherardi essendo Gonfaloniere di giustitia, rispose a
Papa Pio, ilquale voleua per gloria esser portato da i Signori
Fiorentini, come era stato portato da Senesi, Santo padre,
disse, meglio è che vi portino questi vostri Capitani: che noi
habbiamo i panni troppi luonghi.
Iceluy Pape Pie vouloit faire son neueu Arceuesque de Florence, disant,
pource qu'il n'estoit natif de la ville, que saint Pierre fut bien
Euesque de Rome, combien qu'il feust estranger et Hebrieu. Auquel
respondit Iceluy Bernard, Aussi y fut il crucifié.
Il medesismo a Papa Pio, che voleua fare il nipote Archiuescouo
di Firenze, e allegaua che a Roma era stato santo Pietro,
ilquale era forestieri e Hebreo, rispose, E però vi fu egli
crucifisso.
Ian Antoine de Siene, Ieune homme et de tresbon esprit, fort familier du
Cardinal de Pauie, alla vn iour visiter le Pape estant à table, aueq
Iceluy Cardinal de Pauie, et le Cardinal de Siene, Auquel demanda le
Cardinal de Siene s'il auoit quelque querelle contre luy, attendu, qu'il
ne le venoit plus voir. Et respondant que non, pource qu'il estoit atout
à sa seigneurie, le Cardinal de Pauie dit: Or donques n'es tu plus à
moy? Auquel il respondit, Ie me nomme Ian Antoine. Ian est à vostre
seigneurie, et Antoine, au Cardinal de Siene. Lors dit le Pape Pie, Ie
n'y ay donques rien pour moy. Auquel il respondit: Ian et Antoine est
entierement tout de vostre sainteté.
Giouan Antonio da Siena giouano d'ottimo ingegno, e familiare
del Cardinale di Pauia, andando vn tratto a visitar il Papa, che
era a mensa con esso Cardinale di Pauia, e con Senese: fu
domandato di quel da Siena, se haueua con lui questione, che non
andaua a lo vedere piu, e rispondendo lui che non poteua con lui
fare questione, perche era tutto di sua Signoria. Il Cardinale
di Pauia disse, dunche non sei tu mio? E egli: Io ho nome Giouan
Antonio. Giouan è di vostra Signoria, e Antonio di Siena.
Al'hora Papa Pio disse, Io dunche non ci ho d'affare nulla.
Rispose, e Giouan e Antonio è tutto di vostra Santita.
Vn Senois auquel fut dit que les Florentins, estoyent Mercurialistes,
pource que Mercure leur auoit appris à bien parler & ornément, & à bien
traitter leurs marchandises, Ouy respondit il, et à bien desrober aussi.
Vn Senese alqual fu detto, che i Fiorentini sono Mercuriali,
perche da Mercurio hanno apparato il parlare ornato, e il fare
mercantie, rispose, E anchora di rubare.
Sante, qui ne risoit, ainsi appellé, pource que iamais on ne le put
faire rire, allant voir vne dame qu'on luy auoit promis de donner en
mariage, laquelle estoit laide comme par despit, quand il la veid si
treslaide, se print à rire. Lors elle luy dit, Mais comme Sante, lon dit
que vous ne riez iamais. Et il luy respond, Mais qui se garderoit de
rire, voyant vn tel caquesangue de visage.
Santi, che non ride, cosi detto, perche mai non era stato potuto
far ridere, andando a vedere la sposa sua, laqual'era brutta
comme per dispetto, vedendo la bruttissima, comincio a ridere, e
dicendogli essa, Oh tu ridi? rispose, Oh chi diauol non
riderebbe a vedere cotesto cacasangue di viso?
Le Poltron Caualcant, et Henry Rucellay, estoyent par ensemble grands
compaignons, & mutuelz amis, et tousiours iouoyent, dancoyent, &
faisoyent bonne chere ensemble, De sorte qu'ilz ne pouuoyent obtenir
office aucun de la ville. Henry estimoit que la cause procedast par
faute d'estre bien conneuz des seigneurs du Consulat. Or aduint que
comme de costume les seigneurs et gouuerneurs furent changez, et
quelques vns subroguez, qui connoissoyent assez le Poltron, & Henry. Ce
que venant à la connoissance de Henry, il fut fort ioyeux, & vint hurter
à la porte du Poltron luy disant, Bonnes nouuelles, mon amy, Tel & tel,
qui bien connoissent, & sont gens de bien, sont esleuz Seigneurs de la
ville. Loué soit Dieu. Car nous serons ores conneuz. Respondit le
Poultron, Ouy bien Henry: mais tu n'entens pas. Ce seroit le meilleur
pour nous d'auoir affaire à gens qui ne nous conneussent point.
Il Poltrone Caualcanti, e Arrigo Rucellai erano insieme gran
compagni, e sempre giocauano e papauano, onde non poteuano
hauere vfficio nessuno de la terra. Arrigo pensaua (che piu
simplice era) che cio nassesse per non esser conosciuti de gli
Signori del concilio. Auenne che mutati furono gli Signori, e
altri commessi nel luogo loro, donde alcuni cognosceuan Arrigo e
il Poltrone. Di che certificato Arrigo subito se n'andò a casa
del Poltrone, e picchiato l'vscio, e egli fattosi alla finestra,
disse, Arrigo buone nouelle: è son fatti tal e tal, che ben
cognoscono, Signori de la terra. Laudato sia Dio, che noi seremo
hora cognosciuti. Rispose il Poltrone, Hoi me Arrigo, tu non te
n'entendi. Per noi si farebbe di hauere affare con persone che
non ci cognoscessero.
Messire Ian Tingi Prestre de Sainte Reparée, estant vieux et tout chenu,
confessoit vne Dame. Aduint que luy feignant de dormir, elle se hasta de
dire vn peché, qu'elle auoit vergogne de declarer. C'estoit qu'elle
s'estoit vn iour separée de ses damoiselles pour secrettement mieux se
retirer en vne chambre secrette. A ce propos messire Ian luy demande, si
elle eust lors consenti à vn homme, s'il se feust illec trouué: et elle
disant, que ouy, Messire Ian respond, O Dieu, que ne me trouuay ie là!
Apres, dit la dame, ie n'entendois pas de vous Monsieur.
Ser Giouan Tingi prete in Santa Riparata, sendo vecchissimo e
tutto canuto, confessaua vna donna: auenne che facendo esso
vista di dormire, la buona donna presto disse vn peccato di che
si vergognaua. E questo è, che vn tratto se era separata delle
sue domigelle, e andata d'intro vna camera suola. A questo la
domandò ser Giovanni, se glei harebbe consentuto ad un huomo, se
al'hora vi fusse stato, e dicendo glei che si, risponde il ser
Giouan, Stato vi, fusse io. Poi disse la donna, io non intendeua
di voi.
Vn seruiteur en ioustant à selle basse dans Florence sans iamais tomber,
de sorte que ceux de la compagnie estimoyent qu'il feust lié aueq son
cheual: aduint ce neantmoins, vn coup qu'il fut rué par terre. Or là
estoit present le Seigneur Ludouic Viscomte, auquel fut demandé, lequel
des coups estoit le plus beau, que ce seruiteur auoit fait: C'est, dit
il, quand il est tombé.
Giostrando vn famiglio a sella bassa in Firenze, e non cadendo
mai, stimaua la brigata che lui fusse ligato, Auenne che per vn
tratto fu gittato in terra. Era presente il Signor Ludouico
Visconte, il quale nel fine de la giostra, domandando qual fusse
stato meglior colpo che colui auesse fatto, rispose, quando è
cadduto.
Semblable fut vn mot de Donatel Sculteur, qui interrogué quelle fut la
meilleure oeuure que iamais feit Laurens de Bartoluccio, respondit, ce
fut lors qu'il vendit Leprian. Pource que leprian estoit vne petite
maison champaistre, de laquelle ne pouuoit retirer grand fruit.
Simile fu il motto di Donatello, scultore il quale domandato
qual fusse la meglior cosa, che facesse mai Lorenzo di
Bartoluccio, rispose, a vendere Lepriano. Imperò che questo era
vna sua villa, de trarne poco frutto.
Le susdit Donatel faisoit à Venize vne statue de cuiure du Capitaine
Gattamellata, par le commandement de la seigneurie de Venize, et estant
trop importunément solicité d'icelle Seigneurie, print vn marteau et
aueq courroux, meit par pieces la teste d'icelle effigie. Et venant cecy
à la notice des Seigneurs, le manderent venir deuant eux, et entre
plusieurs autres corroux et menasses, luy dirent, que tout ainsi qu'il
auoit rompu la teste à la statue, & tout ainsi on luy romproit la
sienne. Lors il respondit, I'en suis (mes Seigneurs) content: Pourueu
qu'en vous soit la hardiesse de me promettre de refaire aussi tost ma
teste, comme ie referay à vostre statue la sienne.
Il predetto Donatello faceua in Venecia vna statua di bronso del
Capitano Gattamellata, per comandamento de la Signoria di
Venecia, e essendo troppo solecitato di essa Signoria, prese vn
martello, e con furia, eschiacciò il capo a detta statua. Inteso
questo la Signoria di Venecia, fattolo venire a se, e fra piu
altre minacie gli disse che come haueua fatto a quella statua,
cossi voleuano schiacciare il capo a lui. A iquali rispose
Donatello, Signori, io son contento, se vi da il cuore, di
rifarmi il capo, come io lo riffarò, a la vostra statua del
vostro Capitano.
Messire Andrieu Prieur de Lucarde interrogué de quelcun, s'il y auoit
rien de nouueau. Auquel il respondit, Non: tout est vieux, &
principalement mes habillemens.
Messer Andrea Priore di Lucardo, domandando da vn, Ecci nulla di
nuouo? rispose non, e massimo di panni mei.
Vn Lucquois disoit que à Lucques estoit vn aueugle qui iouoyt bien aux
eschaitz, et les remuoit et conduisoit bien. Auquel respondit Marabet
Manetti, Ie le croy fort bien, pource que nous auons à Florence vn
aueugle, auquel quand on luy presente vne lettre, apres l'auoir maniée
deux ou trois fois, il la lit aussi bien que s'il auoit de la lumiere.
Vn Lucquese diceua che in Lucqua era vn cieco che giocaua a
scacchi, e muoueua bene gli scacchi, Marabbeto Manetti gli
rispose, Io lo credo molto bene, perche noi habbiamo in Firenze
vn cieco, che quando gli è dato vna lettera, toccandola due, ò
tre volte, poi la lege come se hauesse lume.
Denis Pucci souloit dire, que Ian Francois Venturin, pour n'estre sans
affaires iamais n'en expedioit vn.
Dionigi Pucci era costume di dire, che Giouan Francesco Venturin
per hauer sempre qualche facenda, non expediua mai niuna.
Laurens de Medicis interrogué par Vgolin Martelli pourquoy il se leuoit
le matin à heure si tarde, respondit en demandant, que c'est qu'il auoit
fait la matinée? Et apres qu'il luy eut recité quelques petits affaires
legers qu'il auoit expediez, luy dit, Mieux vaut ce que i'ay pensé ce
matin dans mon lict, que tout ce que tu as fait auiourd'huy.
Lorenzo di Medici domandando da Vgolino Martelli perche si
leuasse la mattina tardi, rispose domandando gli che cossa
hauesse fatto quella mattina: e contando gli alcune cosse
legiere gli disse, E val piu quello che io ho pensato fra il
letto, che quello che tu hai fatto tutto hoggi.
Dante disnant vne fois aueq vn, qui estoit tellement eschaufé du vin, &
de parler, qu'il en suoit de tous coustez, et disant en certain propos,
que iamais lon ne se lasse à dire verité, luy respondit, Ie
m'esmerueilloye grandement aussi de ce que tu suois en si grand'
abondance.
Dante essendo vna volta à desinare con vno, il quale era
riscaldato dal vino e dal fauellare, in modo, che tutto sudaua,
dicendo egli a certo proposito, Chi disse il vero, non se
affatica, Rispose Dante, Io mi marauigliaua ben d'el tuo sudare.
Vn pauure homme et tout nud, dés qu'il auoit vn solz le despendoit à la
tauerne: & estant reprins de cela, dit à ceux qui le reprenoyent: Puis
que dieu veut, que ie doiue monstrer le cul, ie le veux monstrer gros et
gras.
Vn pouer' huomo e ignudo come haueua vn grosso, lo spendeua à la
tauerna: e ripreso d'alcuni, disse, Poi che Domenedio vuole che
io habbia a mostrare il culo, io lo voglio mostrare grosso e
grasso.
Il y auoit deux hommes qui se perforcoyent à dire choses merueilleuses,
et disant l'vn qu'il auoit veu en certain païs vn chou, souz lequel
pouuoyent demeurer, mil et cinq cens hommes à cheual, dit l'autre, i'ay
veu en vn païs vne chaudiere, laquelle cent maistres forgeoyent, et
estoit si grande, que l'vn n'entendoit pas l'autre, tant estoyent
separez, Et disant le premier, Que diable vouloyent ilz faire de ceste
chaudiere? L'autre respond, pour cuire ton si grand chou.
Eran duoi che faceuano a dire miracoli, e dicendo l'vno che
haueua veduto vn cauollo in vn paese, che vi stauan sotto, mille
cinque cento huomini a cauallo, disse l' altro, E io vidi in vn
paese vna caldaia che la fabricauano cento maestri, e era tanto
granda, che l'vno non sentiua l'altro, tanto erano discosti. E
dicendo gli il primo, che diauolo voleuan fare di cotesta
caldaia, rispose, Cuocere cotesto Cauollo.
A vn qui se grattoit les reins disant, Si ce n'est Amour qu'esse donq
que ie sens, luy fut respondu, Amour est vn pou, pourautant qu'il mord
son maistre.
A vno che si grattaua le reni, diceua, s'Amor non è, che dunche
è quel che io sento, gli fu riposto, è vn pidocchio Amore perche
morde il patrone.
Messire Otto exposoit à Rome dans le consistoire, vne Ambassade, et
estant du Cardinal In portico (homme toutefois curieux & fort estrange
en ses demandes) par plusieurs fois interrogué de la cause pourquoy il
auoit perdu vn bras, poursuiuoit ce nonobstant le propos de ce pourquoy
auoit esté mandé, disant au Cardinal, Bien tost ie vous respondray, & en
poursuiuant sa parole, tomba sus le moyen de dire, Pere saint, à l'vn
deffaut vne chose, à l'autre vne autre, L'vn naist sans vn pied, L'autre
sans vn doigt. Quant est de moy ie nasqui sans vn bras, mais plusieurs
sont naiz sans cerueau: et tellement accommoda sa responce, que son
propos fut entendu d'vn chacun.
Messer Otto esponeua a Roma nel consilio vna Ambasciata, e
essendo dal Cardinale in Portico (huomo pur curioso, e strano
nella domanda) piu volte domandato che cossa fusse stata quella
perche esso hauesse mosso vn braccio, seguitaua pure la sua
Ambassiata, dicendo al Cardinale, tosto vi daro risposta, e nel
processo del parlare, induce a proposito queste parole, Santo
Padre a chi mancha vna cossa, a chi mancha vna altra. Altri
nasce sensa vn piè, altri sensa vn dito. Io nacqui sensa mano, e
altri sensa cervello. E in modo accommodò la risposta, che fu
inteso il suo proposito da ongniuno.
Dante interroguoit vn païsan quell'heure estoit: qui assez rudement luy
respondit, qu'il estoit heure d'aller mener les bestes boire. Dante luy
dit, Et toy, pourquoy n'y vas tu donq?
Domandaua Dante a vn contadino qual hora fusse, il quale
grossamente rispondendogli, che era hora d'andar dare a bere a
le bestie, dice, E tu perche non vai bere?
Vn, toutes les fois que son cheual choppoit, disoit, Diable ayde luy, et
reprins d'vn autre, pource qu'il n'inuoquoit plustost Iesus Christ, dit,
Ie connois bien, que tu ne scais encores le teste, qui dit, In nomine
Iesu omne genu flectatur.
Vno certo quando il suo cauallo inciampaua, diceua, Diauolo
aiutalo: e riprese da vn altro, che lo confortaua de dire piu
tosto Giesu, dice, tu non dei sapere force questo testo. In
nomine Iesu omne genu flectatur.
Lon dit que Messire Bernard Renaud perdit quelque fois l'entendement. Au
moyen dequoy vne simple femme ayant son filz fol, cherchoit conseil et
remede pour luy. Et elle fut enuoyée par deuers luy. Auquel elle dit:
Messire Renaud, i'ay ouy dire qu'autre fois vous auez esté fol, parquoy
ie vous prie de m'enseigner les moyens par lesquelz vous receutes
guerison: pource que i'ay vn filz qui est fol comme vous estiez.
Entendue par messire Bernard la simplicité de la femme, luy respondit,
Voy ma bonne Dame, gardez vous bien de le faire guerir: car ie n'eu
iamais le meilleur temps, que quand i'estois fol.
Dicesi che Messer Bernardo Rinaldo impazzò vna volta, onde
consigliandosi con alcuni, vna semplici donna, che haueua vn
figliuolo impazzato, qual rimedio fusse a guarirlo, fu mandata
al detto messer Rinaldo. La donna trouatolo gli disse, messer
Rinaldo, io ho intezo, che voi impazzaste vna volta, e però vi
prego, che voi m'insegnate, come voi faceste a guarire, perche,
io hò vn figliuolo impazzato. Inteza messer Rinardo, la
semplicità della donna, rispose, Oi me buona donna non lo fate
guarire, che io non hebbi mai il piu bel tempo, che quando io
era pazzo.
Messire Barthelemy medecin de Pistoye, homme singulier, estant en
disposition de se marier, on luy presenta deux femmes, L'vne que luy
donnoit petit mariage, mais elle estoit sage: L'autre n'estoit si sage,
mais elle luy donnoit trois cens escus de dote, plus que la premiere. Or
il respondit, à ceux qui luy en parloyent, De la plus sage femme du
monde, à la plus fole, n'y ha difference d'vn petit grain de millet. Ie
ne veux pas acheter ce petit grain trois cens escus, ou bien perdre
trois cens escus, pour vn grain de millet.
Messer Bartolomeo medico Pistolese, huomo singulare, essendo per
torre moglie, e essendogli messo in anzi due donne, l'vna che
gli daua poca dote, ma era sauia, l'altra che non era tanto
sauia, gli da trecenti ducati di dote piu che l'altra. Rispose
che de la piu sauia del mondo a la piu pazza, non ci era
differenza d'vn grano di panico: e che non voleua, questo
granello comparar trecenti ducati: o veramente, perdere trecenti
ducati per hauer questo granello.
Iceluy mesme fut interrogué de la cause pourquoy, en sa vieillesse auoit
prins femme, il respondit: En la vieillesse les sens commencent à
diminuer, & qu'au temps qu'il estoit Ieune, & qu'il auoit bon iugement,
s'en estoit gardé: mais estant apres venu vieux et moins sage, y estoit
tombé.
Il supradetto domandato, perche in vecchieza haueua tolto
moglie, disse, che a vecchi comincia a mancare l'intelletto: e
mentre che fù giouane, e di buon sentimento, se n'era guardato:
poi vecchio come men sauio vi era inciampato.
Estant requis de la part du Roy de France et de l'Empereur le Duc de
Bouloigne, de faire ligue aueq eux, leur feit ceste responce, Fut vne
fois requis le Liëure de faire ligue aueq le Lyon & l'Ours, et pensant à
leur qualité delibere de ne la faire aucunement, et leur feit ceste
responce disant ainsi, Il est vray qu'ilz sont grands maistres, et plus
puissans que moy: Mais ilz ont besoing de chercher à manger, et moy ie
n'ay necessité que de paistre l'herbe. Semblablement le Roy et
l'Empereur sont l'Ours & le Lyon, qui sont plus grands princes que moy
qui suis le Lieure me contentant de peu, au moyen dequoy trouueray assez
à pasturer en tous lieux, pour honnestement entretenir mon estat.
Essendo dal Re di Francia, e dall'Imperadore richiesto il Duca
di Bologna, di fare lega con essi, fè questa risposta: Fu
richiesta la Lepre di fare lega con l'Orso, e col Lione, e
l'Aquila, pensando a loro qualita: la Lepre deliberò de non la
fare, dicendo, Questo e vero che loro son maggiori di me, ma a
loro bisogna cercare di magnare, a me non mancherà mai che
pascere, Cossi l'Imperadore e il Re, sono l'Orso, e il Lione,
perche son gran maestri: io son la Lepre, e perche mi contento
di poco, trouerò che pascer in ogni luogo.
Vn Paisan auoit deux enfans d'ont l'vn estoit fort paresseux, et l'autre
fort diligent. Aduint vn matin, que le diligent allant au labourage,
trouua en son chemin vne bourse de cinq cens ducatz. Au moyen dequoy,
retourne en arriere, pour les porter en la maison. Son pere le voyant
l'interrogue s'il auoit ia acheué son oeuure: auquel il respond: Mon
pere ne vous souciez plus de rien, I'ay fait vne bonne iournée: donnez
moy seulement à disner. Tenez voilà que i'ay gaigné à ce matin. Le pere
voyant tant de ducatz ensemble, remply d'vne grand' liesse, s'en va à
son autre filz qui estoit encores au lict, luy disant: Va poultron,
forfant, seras tu tousiours ainsi paresseux. Ton frere ha desia
auiourd'huy trouué vne bourse de cinq cens ducatz, et tu es encores au
lict. Respond le filz encores tout endormy, Meilleur seroit à celuy qui
les ha perdus, qu'il feust encores au lict endormy comme moy.
Vn contadino haueua duoi figliuoli, l'vno pigrissimo da se leuar
la mattina, l'altro diligente in ogni cossa. Auenne vna mattina
che lo diligente andando al lauore, trouò nella strada vna
borsa, doue eran cinque centi ducati, perche ritornò drieto in
casa, e domandato dal padre, si hauesse fornito l'opra sua,
disse, non dubita niente, padre, io ho fatto giornata, date mi
pur a magnare. Vedete che io ho guadagnato questa mattina. Il
padre vedendo tanti ducati insieme, che mai non haueua veduti,
pieno di allegressa, sene va al figliuolo, ilquale era nel
letto, dicendo, Oi poltron, forfant, serai tu sempre mai cossi
paressoso? Ecco il tuo fratello ha trouato cinque cento ducati
in vna borsa. Rispose il figliuolo, ancora sopito, Meglio fusse
a colui che gli ha perduti, che fusse ancora nel lecto come io.
Vn Medecin fut vne fois interrogué de la cause pourquoy il interroguoit
les dames qu'il voyoit auoir bon visage et frais, de leur portement.
C'est (dit il) pourautant, que i'ay veu plusieurs flascons ayans la
robbe toute neufue, et le verre estoit rompu dedans: et plusieurs pommes
desquelles l'escorce reluisoit, et le dedans estoit tout mangé des vers.
Vn Medico fu domandato per qual causa domandaua alle donne come
stauano, vedendo le hauer buon viso, disse, Perche io ho veduto
molte volte de fiaschi rotti con la veste nuova, e molte pome
bellissime nella pelle, ma dintro magnate di vermi.
Frere Blaise des Carmes estoit coustumier de dire, que qui doit estre
laboureur, il naist aueq la sarpe en main.
Fra Biagio di Carmelite soleua dire, che chi doueua essere
zaniolo, nasceua con manico in mano.
Messire Pierre de Nocere, voulant seurement transporter de Lyon à
Florence vne grand somme de deniers, les commit en la banque des
Medicis, en prenant vne lettre de change. Or en s'en venant commenca par
les chemins fort à soupsonner que ses escus ne luy feussent entierement
renduz. Toutesfois dés aussi tost qu'il fut arriué à Florence, et en la
maison des Medicis, ses escus luy furent entierement renduz. Au moyen
dequoy s'en alla à Cosme, et luy dit (apres l'auoir honorablement
remercié) O Cosme, Magna est fides tua! Et Cosme luy respond, Messire
Pierre, le plus riche tresor des marchands est la foy. & plus de
fidelité ha le marchand, plus est il riche.
Messer Pietro da Nocera hauendo a transferire vna gran somma di
scudi, de Lione in Firenze gli commesse al banco di Medici, e
con lettre di Cambio sene venne a Firenze. Hor per la via
cominciò a sospectare assai che gli danari non gli fussero
restituiti: Ma come giunse al banco, tutti gli furono subito
numerati. Onde andatosene a Cosmo disse, O Cosmo, Magna est
fides tua. E egli, M. Pietro, il tesoro de mercadanti è la fede,
e piu fede ha il mercadande, tanto piu è ricco.
Disoit souuent le Comte Francois, que quatre choses sont necessaires à
bien parfaire quelque cas. A sauoir, penser, se conseiller, deliberer,
et faire.
Diceua il Conte Francesco, che quattro cosse bisognauano a far
ben vna cossa, pensare, consigliare, deliberare, e fare.
Le Duc de Milan (Galeas Marie) souloit dire, que trois choses sont
necessaires à faire vne bonne tourte: C'est, sauoir, pouuoir, et
vouloir.
Il Duca di Milano, Galeasso Maria, soleua dire, che tre cosse
bisognaua hauere a fare vna buona torta: sapere, potere, e
volere.
Messire Marcel recitoit, que luy estant en France, il auoit ouy dire à
vn fol, que lon trouuoit quatre bonnes meres, lesquelles auoyent quatre
mauuais enfans. La premiere estoit Verité, et son filz estoit courroux.
L'autre estoit Prosperité, et son filz se nommoit Orgueil. La troisiesme
s'appelloit Seureté, et son filz estoit Peril. Il disoit la quatriesme
estre, Familiarité, laquelle enfantoit Contemnement.
Messer Marcello racontaua da vn matto hauere vdito dire in
Francia questa sentencia, che sono quattre buone madri che hanno
quattro cattiui figliuoli, e diceuale in latino in questo modo:
Veritas, quæ parit odium: Prosperitas, Superbiam: Securitas,
Periculum: Familiaritas, Contemptum.
Iceluy mesme parloit d'vn vieux homme qui portoit les iambes en sa main,
les aureilles au sein, et les yeux en sa ceinture.
Il medesimo, disse d'vn vecchio, che portaua, le gambe in mano,
le orecchie in seno, e gli occhi a la cintura.
Vn Sienois auoit de coustume de dire en leur conseil, Messieurs les
Citadins, gardez vous des Florentins. Car eux vous garderont bien des
autres.
Vn Senese soleua dire in consiglio: Cittadini mei guardateui da
Fiorentini, che di altri vi guarderanno essi.
Vn iour Cosme se courroussoit alencontre de ses seruiteurs, qui le
portoyent dans vne chaire, parquoy l'vn luy disoit, Quoy monsieur vous
criez, deuant que lon vous fasse aucun mal, respond, Il m'est besoin de
crier deuant que tu me fasses mal, car de crier apres, ne me seruiroit
de rien.
Gridaua vna volta Cosmo contra da gli suoi famigli, e dicendo
vno, Oh, che hauete voi? Voi gridate, inanzi che habbiate nulla.
Rispose Cosmo, Oh prima bisogna che io gridi, che poi non mi
varebbe nulla.
Combien de choses doit auoir vne femme, pour estre belle en perfection?
Trois noires, trois blanches, trois petites, trois longues, trois
grosses. A sauoir, les trois noires, les surcilz, les yeux, la nature;
les blanches sont les cheueux, les dents et la chair: les petites sont
la bouche, le nez, les aureilles: les longues, sont les doigts, le bust,
et le col: les grosses, sont les bras, les iambes, et les cuysses.
Quante cosse voglia hauere vna donna per esser bella a
perfettione? Tre nere, tre bianche, tre piccole, tre luonghe,
tre grosse: Cio è, nere, ciglia, occhi, natura: Bianche,
capilli, denti, carne: Piccole, bocca, naso, orecchie: Luongue,
ditta, busto, collo: Grosse, braccia, gambe, coscie.
Iaques Bini me disoit vn de ces iours, que ceux de Florence, ont
tousiours esté de trois raisons en leurs gouuernemens. Pource que l'vn
ha presté la reputation, l'autre les deniers, et le troisiéme, ha pendu
vne sonnette. Ie luy demanday que vouloit dire ce pendement de sonnette.
Lors il me dit, que vn certain nombre de rats deliberarent vne fois
parensemble de pendre vne sonnette à la queuë d'vn chat, pour mieux le
sentir venir. Mais apres la conclusion, il ne se trouua vn seul de ces
rats qui voulust commencer le premier à pendre ceste sonnette.
Iacobo Bini mi disse a questi di, che quelli di Firenze, sempre
sono stati di tre ragioni nel gouerno: perche vno ha prestata la
riputatione: l'altro i danari: e il terzo ha appicato vn
sonaglio. Io domandai questo appicare il sonaglio che voleua
dire. Contomi all'hora che certi topi deliberarono, vna volta
insieme de appicare vn sonaglio a la coda de la Gatta per
sentirla: Ma la conclusione fatta, non si trouò nessun di questi
topi, che volesse esser il primo ad appiccarlo.
Vn homme vieux me dit ces iours passez, que les choses iniustes ne
peuuent durer, et que la iustice ressemble à l'eau d'vne riuiere,
laquelle quand on luy donne quelque obstacle, ou empeschement à son
cours, elle rompt son rampar, ou bien elle croist tellement, et
s'engrossit qu'elle rengorge par dessus.
Vn vecchio mi disse a questi di, che le cosse iniuste non
possono durare, e che la iustitia è fatta come l'acqua, che
quando è impedita da suo corso, ella rompe quel riparo e
impedimento, o vero tanto cresce e ingrossa che ella schocca poi
disopra.
Disoit Cosme que trois bourses sont necessaires à qui veut plaidoyer,
l'vne plaine d'argent, l'autre de cautelles, et la troisiéme de
finesses.
Diceua Cosmo, che bisogna hauere tre borse piene a quelli che
vogliono litigare, l'vna di danari, l'altra di cautele, e
l'altra di diligentie.
Estant venu vn Ambassadeur du Roy d'Aragon au temps de Cosme, demandant
pour tribut aux Florentins tous les ans vn faucon, s'offrant par ce
moyen garder et conseruer l'estat des Florentins, fut commise la
responce à Puccio filz d'Antoine de Pucci, homme tresprudent et de grand
hardiesse, lequel respondit à l'Ambassadeur par telles parolles: Combien
que le Comte Galeas nommé, Comte de vertu, eust requis vn Esparuier aux
Florentins pour tribut annuel, aueq offre de deffendre nostre estat, si
est ce que les Florentins ne s'y voulurent aucunement accorder. Par quoy
ilz ne luy bailleroyent point non seulement vn faucon, mais qu'ilz ne
luy mostreroyent pas vne Pie. Mais toutes les fois qu'il plaira à vostre
Roy, de se mettre en deuoir, et en bon ordre, pour estre nostre
Capitaine, nous luy donnerons quarante ou cinquante mil ducatz. Et de
ceste offre ne se doit rendre vergogneux en l'acceptant. Pourautant que
plusieurs autres plus grands que luy, auoyent esté leurs Capitaines.
Essendo venuto vn Ambasciadore dal Re di Aragona, a tempi di
Cosmo, il quale chiedeua tributo d'vn falcone ogni anno,
offerendosi per quello conseruare lo stato a Fiorentini, fù
commessa la risposta a Puccio di Antonio Pucci huomo
prudentissimo e di grand'animo. Il quale rispose in questo modo:
Che con ciò fusse, che il Conte Giouan Galeazzo, detto Conte di
Vertu, hauesse chiesto vno sparuiere per tributo a Fiorentini,
con simili offerta di conseruare lo stato, e che i Fiorentini
non gli haueuan voluto concedere che a lui, non solamente, non
darebbono vn falcone, ma non pure gli mostrarebbono vn Gheppio.
Ma si quando volesse acconciarsi per loro Capitano, che gli
darebbeno quaranta o cinquanta mille ducati. E di questo non si
dourebbe vergognare. Perche molti altri piu grandi che lui eran
stati loro Capitani.
Ce mesme Puccio disoit que la verité ressembloit à l'huile qui tousiours
nageoit au dessus de l'eau: de sorte que qui mettroit l'huile dans vn
vaisseau de fer lequel feust ietté au plus profond de la mer: par long
espace et varieté du temps, le vaisseau se romproit, et l'huile
reuiendroit au dessus de l'eau.
Diceua questo Puccio, que la verità è simile a l'oglio, il quale
sempre nata supra l'acqua, di modo, che mettendo l'oglio dentre
vn vaso di ferro, il quale fusse gittato nel piu profundo d'il
mare, il vaso consumando se per la varietà del tempo, l'oglio
riuenerebbe sopra di l'acqua.
Estant iceluy Puccio Ambassadeur enuoyé au Duc Philippe à Milan, demeura
par espace de temps attendant d'auoir audience. Pource que le Duc se
gouuernoit assez par les points d'Astrologie. Or ayant entendu par son
Astrologue vne heure propice pour luy, enuoya querir Puccio, disant,
qu'il estoit prest de luy donner audience. Auquel feit responce Puccio,
qu'il n'y vouloit lors aller. Pource que si c'estoit l'heure du Duc, ce
n'estoit point encores la sienne.
Essendo Puccio predetto Ambasciatore al Duca Filippo a Milano
soprastete assai, ad hauere vdientia, perche il detto Signore se
gouuernaua assai per punto di astrologia. Hora hauendo inteso
dallo Astrologo vna hora accommodata, mandò per il predetto
Puccio, dicendo che era presto a dargli vdientia; a cui Puccio
fesse rispondere, che non voleua andarui all'hora Perche si in
quell'hora vi era il punto del Duca, non vi era il suo.
Deux cordeliers venoyent de Florence, et arriuant au logis de l'Escalle
trouuarent deux autres freres dudit ordre, et tous quatre n'auoyent
autre chose à manger qu'vn poisson, qu'auoit vn d'iceux freres, qui le
meit en trois tronsons, et luy disant l'hoste pourquoy il n'auoit fait
quatre parties d'iceluy poisson, respondit, I'ay fait cecy pour ceste
cause que celuy, qui ne saura dire quelque bonne sentence de
l'escriture, n'en mangera point. A quoy s'accordarent tous les autres
religieux. Et mis le poisson dans vn plat, l'vn print la teste disant,
In capite libri scriptum est de me: l'autre print le tronson du milieu,
en disant, Stetit Iesus in medio discipulorum suorum: le troisiéme print
la queuë en disant, Qui perseuerauerit vsque in finem, hic saluus erit:
le quatriesme se voyant sans auoir part au poisson, prent la casse par
le manche ou auoit esté frit le poisson, & respanchant l'huile toute
chaude par dessus la teste des autres trois, dit, Et non est qui se
abscondat à calore eius.
Doi frati di san Francesco venean di Fiorenze, e adiungendo a
l'ostaria della Scalla, trouarono duoi altri frati di detto
ordine, e tutti quatri non hauean altra cossa da magnare que vn
pesce, il quale haueua l'vn di questi frati messo in tre parte,
e dicendo l'hoste, perche non haueua diuiso in quatre parti,
disse, io hò fatto questo perche nessun non magnara d'el pesce,
che non disse qualque buona autorità de la Scritura, Di che
furono d'accordi, tutti gli altri frati. E messo che fu il pesce
dentro lo piato, l'vn piglia la testa dicendo, In capite libri
scriptum est de me: l'altro disse, Stetit Iesus in medio
discipulorum suorum: il terzo disse, Qui perseuerauerit vsque in
finem, hic saluus erit: e dicendo queste parole il secondo
pigliò la parte del mezo e l'altro pigliò la coda: il quarto
vedendosi sensa hauere parte nessuna del pesce pigliò la patella
per lo manico e risparge l'olio sopra la testa de gli altri,
dicendo, Et non est qui se abscondat a calore eius.