Et il rugit en lui-même:
--Non! non! ton père, c'est l'autre. Ce n'est plus moi! Va trouver
l'autre!... oh! oh! poursuivit-il parlant tout haut, oh! Thérèse! ma
Thérèse! ce n'était donc pas assez d'être morte! tu pouvais donc
mourir davantage! je ne t'avais pas perdue par la mort, je le vois
bien à présent!... C'est à présent que je te perds! oh! ma Thérèse! ma
Thérèse! Oh! Dieu! que tu me fais souffrir, morte!
Il tira de sa poche un portefeuille où il prit le portrait de Thérèse.
Il le regarda longuement sans plus penser ni à Lucien, ni à rien
d'autre qu'à elle, et tout à coup, lentement,--l'esprit vidé de tout
ce qui n'était pas la bonne, la douce, la fidèle Thérèse,--il baisa le
portrait en fermant les yeux.
--C'est impossible! murmura-t-il, c'est impossible.
--Et pourtant cela est! reprit-il après un silence.
Alors son esprit s'enveloppa d'un nuage et il s'abattit de tout son
long, sans un cri, frappé de congestion cérébrale.