Un autre Membre de la Chambre des Communes reconnaissait--

“That the Congo State had done good work in excluding alcoholic liquors

from the greater part of their domain, that they had established a

certain number of hospitals, had diminished small-pox by means of

vaccination, and had suppressed the Arab Slave Trade.”

Si atténuées que soient ces appréciations, encore démentent-elles cette

affirmation d’aujourd’hui que “the natives are left entirely to

themselves, so far as any assistance in their government or in their

affairs is concerned.”

Telles ne semblent pas être les conclusions auxquelles, déjà en 1898,

arrivait le Consul Anglais Pickersgill.

“Has the welfare of the African,” se demande-t-il, “been duly cared for

in the Congo State?” Il répond: “The State has restricted the liquor

trade ... it is scarcely possible to over-estimate the service which is

being rendered by the Congo Government to its subjects in this

matter.... Intertribal wars have been suppressed over a wide area, and,

the imposition of European authority being steadily pursued, the

boundaries of peace are constantly extending.... The State must be

congratulated upon the security it has created for all who live within

the shelter of its flag and abide by its laws and regulations.... Credit

is also due to the Congo Government in respect of the diminution of

cannibalism.... The yoke of the notorious Arab Slave Traders has been

broken, and traffic in human beings amongst the natives themselves has

been diminished to a considerable degree.”

Ce Rapport constatait aussi que les travaux des natifs étaient rémunérés

et rendait hommage aux efforts de l’État pour instruire les jeunes

indigènes et ouvrir des écoles.

Depuis 1898 l’amélioration de la condition générale de l’indigène a

encore progressé. Le portage à dos d’homme, dont précisément Mr.

Pickersgill signalait le côté pénible pour les indigènes, a disparu là

où il était le plus actif, en raison de la mise en exploitation des

voies ferrées. Ailleurs, l’automobile est utilisée comme moyen de

transport. La “sentry”--le poste de soldats nègres qu’il critiquait non

sans raison--n’existe plus. Le bétail est introduit dans tous les

districts. Des Commissions d’Hygiène sont instituées. Les écoles et les

ateliers se sont multipliés.

“L’indigène,” dit le document ci-joint, “est mieux logé, vêtu, nourri;

il remplace ses huttes par des habitations plus résistantes et mieux

appropriées aux exigences de l’hygiène; grâce aux facilités de

transport, il s’approvisionne des produits nécessaires à ses besoins

nouveaux; des ateliers lui sont ouverts, où il apprend des métiers

manuels--tels que, ceux de forgeron, charpentier, mécanicien, maçon; il

étend ses plantations, et, à l’exemple des blancs, s’inspire des modes

de culture rationnels; les soins médicaux lui sont assurés; il envoie

ses enfants dans les colonies scolaires de l’État et aux écoles des

missionnaires.”

Il est juste de reconnaître, a-t-on dit à la Chambre des Communes, que

la régénération matérielle et morale de l’Afrique Centrale ne peut être

l’œuvre d’un jour. Les résultats obtenus jusqu’à présent sont

considérables; nous chercherons à les consolider et à les accentuer,

malgré les entraves que l’on s’efforce de mettre à l’action de l’État,

action que l’intérêt bien entendu de la civilisation serait, au

contraire, de favoriser.

La note Anglaise ne démontre pas que le système économique de l’État est

opposé à l’Acte de Berlin. Elle ne rencontre pas les éléments de droit

et de fait par lesquels l’État a justifié la conformité de ses lois

foncières et de ses concessions avec les dispositions de cet Acte. Elle

n’explique pas pourquoi ni en quoi la liberté de commerce, termes dont

la Conférence de Berlin s’est servie dans leur sens usuel, grammatical

et économique, ne serait plus entière au Congo parce qu’il s’y trouve

des propriétaires.

La note confond l’exploitation de son bien par le propriétaire avec le

commerce. L’indigène, qui récolte pour compte du propriétaire, ne

devient pas propriétaire des produits récoltés et ne peut naturellement

les céder à autrui, pas plus que l’ouvrier qui extrait les produits

d’une mine ne peut en frustrer le propriétaire en en disposant lui-même.

Ces règles sont de droit et sont mises en lumière dans de multiples

documents: consultations juridiques et décisions judiciaires dont

quelques-unes sont annexées. Le Gouvernement de Sa Majesté ne conteste

pas que l’État a le droit de répartir les terres domaniales entre les

occupants _bonâ fide_ et que l’indigène ne peut plus prétendre aux

produits du sol, mais seulement lorsque “land is reduced into individual

occupation.” La distinction est sans base juridique. Si l’État peut

céder les terres, c’est que l’indigène n’en a pas la propriété, et à

quel titre alors conserverait-il un droit aux produits d’un fonds dont

la propriété est légitimement acquise par d’autres? Pourrait-on

soutenir, par exemple, que la Compagnie du Chemin de Fer du Bas-Congo ou

la Société du Sud-Cameroun ou l’Italien Colonial Trading Company sont

tenues de tolérer le pillage par les indigènes des terres qu’elles ont

reçues, parce qu’elles ne les occuperaient pas actuellement? En fait,

d’ailleurs, au Congo, l’appropriation des terres exploitées en régie ou

par les Compagnies Concessionnaires est chose réalisée. L’État et les

Sociétés ont consacré à leur mise en valeur, notamment des forêts, des

sommes considérables se chiffrant par millions de francs. Il n’y a donc

pas de doute que dans tous les territoires du Congo, l’État exploite

réellement et complètement ses propriétés, tout comme les Sociétés

exploitent réellement et complètement leurs Concessions.

Cet état de choses existant et consolidé dans l’État Indépendant

permettrait, en ce qui le concerne, de ne point insister plus longuement

sur la théorie formulée par la note et qui envisage tour à tour les

droits de l’État, ceux des occupants _bonâ fide_, ceux des indigènes.

Cependant, elle s’impose à l’attention des Puissances par les graves

difficultés qu’elle ferait surgir si elle était implicitement acceptée.

Correspondence and Report from His Majesty's Consul at Boma Respecting the Administration of the Independent State of the Congo [and Further Correspondence] · 第 12 / 74 题