«Munich, le 22 avril 1806.
«Une note que je reçois de M. de la Rochefoucauld, général, m'oblige à
vous expédier de nouveau un de mes courriers.
«Il me demande: 1° _Le général Marmont a-t-il l'ordre d'occuper la
partie des États héréditaires autrichiens situés entre l'ancienne
frontière et la rive droite de l'Isonzo?_
«2° _Les intentions de Sa Majesté Impériale et Royale sont-elles que
l'on frappe de réquisitions ce pays?_
«J'ai dû provisoirement répondre que je ne savais pas que vous eussiez
l'ordre d'occuper les pays appartenant à l'Autriche, sur la rive droite
de l'Isonzo.
«Vous verrez, par la copie de trois lettres que je vous envoie, que l'on
continue à faire des réquisitions sur le territoire autrichien, ce que
le cabinet de Vienne réclame comme une contravention à l'article 22 du
traité de paix.
«Je vous prie, général, de me faire connaître les ordres que vous
pourriez avoir reçus de l'Empereur directement, et qui seraient
contraires aux dispositions du traité: je vous demanderai également
quelques détails sur votre position à l'égard du territoire autrichien
et de la ligne militaire que vous devez occuper conformément au traité.
«Les trois lettres dont je vous envoie copie prouveraient que l'on
frappe encore des réquisitions sur le territoire autrichien, ce qui est
évidemment contraire au traité. Je vous prie de me donner des
éclaircissements sur cet objet, afin que je puisse répondre à M. de la
Rochefoucauld.»