«Munich, le 17 avril 1806.
«Je profite, général, d'un courrier que M. la Bouillerie me demande pour
envoyer à votre corps d'armée pour faire exécuter un ordre de l'Empereur
que lui transmet le ministre du Trésor public, ainsi que vous la verrez
par la lettre ci-incluse.
«Je saisis cette occasion, mon cher Marmont, pour vous inviter à
m'écrire toutes les semaines par la poste, par Vérone et Trente, et à me
donner des détails, tant sur votre position que sur votre corps d'armée;
car vous n'êtes que détaché sous les ordres du vice-roi, et vous faites
toujours partie de la grande armée. D'ailleurs, mon cher Marmont,
l'amitié que j'ai pour vous me rend précieuse votre correspondance.
«Je viens de recevoir un courrier de M. de la Rochefoucauld,
relativement à nos affaires avec la cour de Vienne. À la fin de sa
lettre est le paragraphe suivant: voyez si ce que l'on dit est fondé.
«Les différents décasteres sont effrayés des rapports qu'ils reçoivent
sur les propos que les agents autrichiens attribuent à l'état-major du
général Marmont et aux généraux qui composent son armée. Ces propos
annoncent la prochaine entrée de nos troupes dans la Carniole. Je ne
vous fais part,» etc.
«C'est à vous seul, mon cher général, à juger si cela a quelque
fondement. Nous sommes à la vérité sur nos gardes; je conserve Braunau.
Nous gardons nos positions, mais nous ne sommes point en guerre.»