LE GÉNÉRAL MOLITOR À MARMONT.

«Macarsca, le 8 mars 1806.

«Les Autrichiens m'ont cédé la majeure partie des places et ports de la

Dalmatie dans le désarmement le plus complet. Non-seulement ils en ont

évacué leurs munitions, mais même les munitions ex-vénitiennes, qui, aux

termes du traité de paix, appartenaient au royaume d'Italie. Ce qui

pourra vous surprendre davantage, c'est qu'après avoir vaincu des

difficultés dont aucun pays du monde n'offre d'exemples pour porter mes

troupes en Albanie, et être parvenu aux frontières de Raguse, les

troupes autrichiennes, l'élite du régiment de Thurn, sans avoir été

attaquées, sans avoir manqué de vivres, sans avoir été inquiétées par

les habitants de leurs garnisons (qui nous attendaient à bras ouverts),

sans avoir tiré un coup de fusil enfin, ont reçu l'ordre de céder et ont

cédé le 5 de ce mois aux troupes russes toutes les places des bouches de

Cattaro, dont la principale était en état de soutenir un siége avec

moins de troupes qu'elle n'en contenait.

«Le prince Eugène m'ayant interdit de commencer aucune hostilité, je

m'empresse de rendre compte à Son Altesse de toutes ces circonstances;

elles vous confirmeront sans doute, mon général, dans la nécessité de

garder Trieste et la Carniole, pourvu que ces provinces soient encore en

votre pouvoir.

«Veuillez bien agréer l'assurance de la très-haute considération avec

laquelle j'ai l'honneur d'être,» etc.

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 79 / 99 题