BERTHIER À MARMONT.

«Lintz, le 7 novembre 1805.

«Il est ordonné à M. le général Marmont de partir de la position qu'il

occupe avec tout le corps à ses ordres, pour se porter à grandes marches

à Leoben, prendre et culbuter tout ce qu'il y aura devant lui. Il aura

soin de se faire précéder d'une avant-garde qui poussera des

reconnaissances en avant de lui.

«Le général Marmont aura également soin de laisser, depuis Steyer, des

petits postes de cavalerie de cinq en cinq lieues, afin de pouvoir

correspondre facilement avec le quartier général impérial. Cet article

est important, afin que l'Empereur sache promptement ce qui se passera

dans la vallée de l'Ens, de la Muhr et en Italie.

«Du moment que la grande armée sera arrivée à la position de

Saint-Pölten, le général Marmont communiquera et placera ses petits

postes de cavalerie par la route de Mariazzell.

«Le général Marmont se conduira suivant les circonstances. L'Empereur ne

voit pas qu'il puisse rien craindre dans l'état où se trouve l'ennemi;

cependant il mettra beaucoup de prudence dans sa marche. Je lui répète

qu'il doit effectuer son mouvement en faisant les plus grandes marches

qu'il lui sera possible.

«Il doit me faire connaître, par le retour de l'officier, les endroits

où il compte coucher jusqu'à Leoben.

«Il est très-important que, de l'endroit où le général Marmont couchera

chaque soir, il prenne des renseignements pour savoir comment, de cet

endroit, il pourrait rejoindre directement la grande armée sur

Saint-Pölten s'il en recevait l'ordre. Il sentira combien il est

important que je reçoive souvent de ses nouvelles.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 65 / 99 题