«Alexandrie, 11 juillet 1799.
«Il paraît à l'instant, mon général, une flotte turque de sept
vaisseaux, cinq frégates et de cinquante-huit bâtiments d'un ordre
inférieur, en tout soixante-neuf ou soixante-dix bâtiments.--On estime
qu'elle porte dix à douze mille hommes. Avant que le débarquement soit
effectué, j'aurai le temps de recevoir toutes mes troupes.--Nous sommes
bien disposés, et nous recevrons bien les ennemis.
«Je fais porter la garnison d'Aboukir à deux cents hommes. Nos magasins
de vins sont en partie épuisés; mais j'en trouverai chez les habitants;
nous sommes d'ailleurs riches en riz. Ainsi vous pouvez être
parfaitement tranquille.
«À huit heures, l'ennemi paraît se diriger sur Aboukir; dès ce soir j'en
ai la certitude.--J'irai avec toute ma garnison, en laissant les marins
dans les forts, certain que l'ennemi est dans l'impossibilité de revenir
promptement devant Alexandrie, à cause des vents de nord-ouest.
«Dans tous les cas, mon général, comptez sur moi, sur mon zèle et mon
dévouement sans bornes.»