BERTHIER À MARMONT.

«Gaza, 29 décembre 1798.

«Nous voilà à Gaza, mon cher général, après avoir traversé soixante

lieues de désert et pris le fort d'El-Arich, dans lequel Djezzar-Pacha

avait eu la bêtise de laisser quinze cents hommes, que nous avons pris

en usant environ quatre cents boulets, que nous avons retrouvés dans la

brèche. Ils nous ont laissé également de la poudre et des vivres.

Arrivés à Gaza, environ six cents hommes de cavalerie et quelques hommes

d'infanterie de Djezzar se sont retirés aussitôt que nos dispositions de

les attaquer ont été faites et que nos tirailleurs les ont joints. Il y

a eu trois ou quatre hommes blessés de part et d'autre, trois tués à

eux, et un à nous.

«Nous avons, à Gaza, un très-bon fort dans lequel étaient cent

cinquante mille rations de biscuit, du riz, trente mille milliers de

poudre, des boulets, des balles, et beaucoup d'obus ensabotés.

«Nous trouvons ici un pays qui ressemble à la Provence, et le climat à

celui d'Europe.

«Vous avez dû recevoir, par le général Andréossi, les relations de

toutes nos affaires.

«Donnez-nous de vos nouvelles, mon cher général, et croyez à l'amitié

et au désir que j'ai de vous revoir. J'espère que nos affaires iront

bien ici.

«On dit que les troupes de Djezzar nous attendent à Jaffa. Nous le

désirons plus que nous ne le croyons.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9) · 第 20 / 99 题