2º _Note de M. Guizot, ambassadeur de France en réponse à la note de
l'ambassadeur de la Sublime Porte_.
Londres, le 21 juin 1840.
Le soussigné, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de S. M.
le Roi des Français auprès de S. M. Britannique, a reçu la note que
S. Ex. Chékib-Efendi, ambassadeur de la Sublime Porte auprès de S.
M. Britannique, lui a fait l'honneur de lui adresser, ainsi qu'aux
représentants des cours d'Angleterre, d'Autriche, de Prusse et de
Russie, en date du 31 mai dernier.
Le soussigné pense, comme S. Ex. M. l'ambassadeur de la Sublime Porte,
que l'Empire ottoman se trouve dans une situation fort critique, que
l'incertitude et les délais dans l'ajustement de la question d'Orient
ont, en Turquie, des conséquences graves et alarmantes, et que la
nécessité de la solution de cette question devient de jour en jour
plus urgente.
Le soussigné se félicite d'apprendre que S. Ex. M. l'ambassadeur de la
Sublime Porte, muni des pouvoirs les plus amples pour concerter, avec
les plénipotentiaires des cinq puissances, un arrangement basé sur des
principes équitables et qui renferme les garanties d'une paix durable
pour l'Empire ottoman, apportera toutes les facilités qui dépendront
de lui pour aider à lever les obstacles qui pourraient s'opposer à la
conclusion d'un tel arrangement.
Le soussigné est persuadé en outre, ainsi que S. Ex. M. l'ambassadeur
de la Sublime Porte, que la continuation de l'union entre les
cinq puissances est le plus sûr moyen de parvenir à un résultat si
désirable.
En conséquence, le soussigné a l'honneur de répondre à S. Ex. M.
l'ambassadeur de la Sublime Porte qu'il fera tous ses efforts de
concert avec les plénipotentiaires d'Angleterre, d'Autriche, de Prusse
et de Russie, pour mettre fin, par un arrangement aussi prompt qu'il
sera possible de l'obtenir, à un mal toujours croissant et qui menace
la paix de l'Orient.
Le soussigné a l'honneur d'offrir à S. Ex. M. l'ambassadeur de la
Sublime Porte les assurances de sa haute considération.