Ma tâche de pâtre est finie; mon âme est enfin délivrée. Maintenant de

joie que crierai-je? Je ne peux plus ne plus chanter que des

chansons.--Je ne peux plus, baigné d’amour, le soir, crier des vers au

bord des places, ni plus faire danser les enfants. Je ne peux plus

n’avoir rien connu que la ville; n’avoir pas traversé le

désert.--Maintenant El Hadj, que ferai-je? Que le prince soit mort--le

sais-je? Je me souviens des noces qui l’attendent, comme si rien de lui

n’était mort... Voici, voici dans l’intérieur du palais de la Ville, je

sais qu’un jeune frère du prince grandit... Attend-il que ma voix le

guide? et recommencerai-je avec lui, avec un nouveau peuple une nouvelle

histoire, que je reconnaîtrai pas à pas... ou si, comme ces esprits

pleins de deuil et nourris de cendres amères, je m’en irai tout

seul--comme ceux cachant un secret, qui rôdent autour des cimetières, et

qui cherchent sans le trouver leur repos dans les lieux déserts.

TABLE

PHILOCTÈTE 5

LE TRAITÉ DU NARCISSE 67

LA TENTATIVE AMOUREUSE 93

EL HADJ 131

Paris.--Imprimerie Veuve ALBOUY, 75, avenue d’Italie. 104.6.89

Philoctète · 第 5 / 5 段