[Note 190: Cité par GERVINUS, _Histoire du dix-neuvième

siècle_, t. X, p. 383.]

Les pénibles souvenirs de la guerre sont tout à fait effacés; les

tendances et les sympathies anglaises se manifestent de plus en plus

dans la presse, dans la littérature et dans la politique américaines.

Bien mieux, la guerre d'indépendance est non seulement pardonnée, mais

presque glorifiée par les Anglais eux-mêmes, et George Washington, le

rebelle de 1774, est honoré par des écrivains anglais, des historiens,

professeurs dans les fameuses Universités d'Oxford et de Cambridge (ces

vieilles forteresses, ces solides remparts de l'esprit anglais), comme

un héros que l'Angleterre doit revendiquer et dont les actions ont

contribué à sa grandeur et à son expansion!

«George Washington, Expander of England!» tel est le titre d'une

conférence faite le 22 février 1886 à l'Université d'Oxford par le

célèbre professeur Freeman, auteur de plusieurs travaux historiques fort

sérieux et bien connus en France. «George Washington et ses

compagnons»,--j'emprunte ici les expressions mêmes du professeur,--«en

travaillant au démembrement de l'empire anglais, ont travaillé à

l'expansion de l'Angleterre!» et le conférencier explique ainsi sa

pensée: «Sûrement les Anglais de ces treize États qui, par malheur,

eurent à combattre l'Angleterre _pour avoir le droit d'être Anglais_ et

de jouir de tous les privilèges de ce titre, n'ont pas pu cesser d'être

Anglais justement parce qu'ils ont conquis ces droits. Leurs pays sont

devenus des _colonies du peuple anglais_ dans un sens bien plus vrai

depuis qu'ils ont cessé d'être des _dépendances de l'Angleterre_.

«Voyez la bannière des États-Unis, comptez les étoiles qui la

constellent, représentant chacune un des États de la Confédération,

nommez-les par leur nom: le nom de chacune d'elles est celui d'une libre

république du peuple anglais! Ne voyez-vous pas là l'expansion de

l'Angleterre dans sa forme la plus haute? Tant qu'elles ont dépendu de

l'Angleterre, ces provinces sont demeurées timidement enfermées entre

l'Océan et la barrière des monts Alleghanis. Devenues indépendantes,

elles ont trouvé ces frontières trop étroites, elles sont allées de

l'avant et ont pris possession du continent, elles ont porté avec elles

notre commune langue et notre commune loi au delà des montagnes, au delà

des fleuves, au delà de montagnes plus grandes encore, au delà de

l'Océan lui-même, jusqu'à ces extrêmes frontières d'Amérique qui de loin

regardent l'Asie!

«Nous sommes fiers aujourd'hui d'écrire l'histoire des _Anglais en

Amérique_. D'autres plumes dans l'avenir auront à écrire celle des

_Anglais en Australie_ et celle des _Anglais en Afrique_... Je ne verrai

peut-être pas ce jour, mais la plupart d'entre vous le verront sans

doute (il s'adressait aux étudiants), où l'oeuvre de Washington sera

répétée, mais d'une façon pacifique et sans effusion de sang, alors que,

à côté du _Royaume de la Grande-Bretagne_ et des _États-Unis d'Amérique_

pourront se dresser comme des «homes» anglais indépendants les

_États-Unis d'Australie_, les _États-Unis de l'Afrique du Sud_ et les

_États-Unis de la Nouvelle-Zélande_, tous liés les uns aux autres par

des liens communs et fraternels, unis aussi à leur commune mère par une

loyale reconnaissance sans lui être politiquement soumis[191].»

Voilà les larges idées dont s'imprègne, dans les universités[192], dans

celle de Cambridge, où domine l'esprit whig, aussi bien qu'à Oxford, où

règne l'esprit tory, la jeunesse anglaise, la nation de demain. La jeune

école historique s'étonne de l'aveuglement des historiens anglais du

commencement du siècle qui, dans l'histoire d'Angleterre au dix-huitième

siècle, n'ont aperçu que les luttes politiques et qui, absorbés en

entier par les débats du Parlement, ont passé sous silence l'admirable

mouvement d'expansion que leur patrie commençait à cette époque.

[Note 191: FREEMAN; Georges WASHINGTON, _Expander of

England_.]

[Note 192: M. Seeley, professeur à l'Université de

Cambridge, a publié sur le même sujet et dans les mêmes idées

un intéressant ouvrage sous le titre: _Expansion of

England_.]

L'expansion de l'Angleterre, la fraternité du sang, les libres colonies

anglaises, ce sont là des expressions qui sont aujourd'hui dans toutes

les bouches. Mais qu'on ne croie pas que cette satisfaction platonique

soit le seul avantage qu'attendent les Anglais.

Certes, c'est quelque chose que cette puissance morale que donne à la

patrie la présence sur tous les points du globe de nations issues

d'elle, reliées à elle par des liens plus ou moins relâchés au point de

vue politique, mais fort étroits encore au point de vue plus important

des moeurs et des idées. Le peuple anglais en garde à bon droit une

légitime fierté, mais son intérêt y trouve son compte en même temps que

son orgueil. Les relations commerciales survivent au relâchement et même

à la rupture du lien colonial. Bien qu'elles soient depuis longtemps

absolument émancipées au point de vue économique, bien que toutes elles

soient libres de régler elles-mêmes et leur régime commercial et leurs

tarifs douaniers, les colonies anglaises demeurent, en fait, en étroites

relations d'affaires avec la métropole.

Pour les États-Unis eux-mêmes, c'est encore avec l'Angleterre que se

fait la moitié de leur commerce total[193].

[Note 193: RECLUS, _Géographie universelle_. États-Unis,

p. 744.]

En même temps qu'une augmentation de puissance morale, en même temps

qu'une augmentation de richesses, ces colonies indépendantes ne

procurent-elles pas à l'Angleterre une augmentation de puissance

matérielle, leurs intérêts commerciaux se confondant avec les siens, ne

demeureront-elles pas nécessairement des alliées naturelles dans tous

les conflits qui pourraient se produire?

Le principe de l'indépendance coloniale n'est plus contesté par personne

en Angleterre, et ceux que leurs tendances entraîneraient le plus à des

idées de centralisation, les partisans eux-mêmes du projet un peu

chimérique de Fédération impériale ne vont pas au delà, dans leurs plans

les plus audacieux, de réclamer la formation, entre toutes les colonies,

d'une sorte de ligue qui ne restreindrait en rien l'autonomie

particulière de chacune d'elles, et n'ajouterait pas grand chose au lien

moral, mais indiscutable, qui existe déjà.

Quelle différence avec les idées qui ont cours en France! et quel est

celui de nos publicistes ou de nos hommes politiques qui oserait, comme

le font chaque jour pour leurs colonies les publicistes et les hommes

d'État anglais les plus autorisés, émettre seulement la possibilité de

l'indépendance future des colonies françaises?

Entre deux conceptions si opposées de l'expansion coloniale, l'histoire

tout entière, la puissance de l'Angleterre, son influence dans le monde,

nous disent quelle est la bonne.

Le Français qui aime son pays et voudrait le voir grand parmi les

nations s'afflige, en parcourant des yeux la carte de l'univers, d'y

trouver trop peu de ces «libres colonies du peuple français», par

lesquelles se propage «notre langue, nos moeurs, nos institutions et

notre religion, jusqu'aux extrémités de la terre», de ces libres nations

que les Anglais, eux, ont semées tout autour du globe et dont ils sont

si fiers.

Sur quelques points pourtant le patriote français peut, lui aussi,

arrêter avec fierté son regard. La France elle-même a donné naissance à

de jeunes nations qui comptent parmi les plus avancées, les plus

actives, et qu'elle peut revendiquer avec orgueil. La plus belle, la

plus grande et la plus prospère d'entre elles, c'est ce Canada français

qu'a méprisé Voltaire, mais que nous retrouvons aujourd'hui grand,

glorieux, et toujours fier de son ancienne patrie. Séparé d'elle à

jamais par les liens politiques, il lui demeure uni par les liens bien

plus forts de l'histoire et du patriotisme. Si l'on peut relever dans

une partie de la presse canadienne des attaques à l'adresse des

institutions gouvernementales qu'à tort ou à raison il nous a plu de

nous donner, ces polémiques ne diffèrent en rien de celles dont la

moitié de notre presse elle-même accable ces institutions. Pouvons-nous

faire un reproche aux Canadiens de dire de nous ce que nous en disons

nous-mêmes? Jusque dans leurs attaques ils demeurent Français. Leurs

divisions, leurs luttes, leurs inimitiés ne sont pas autres que les

nôtres; vous pouvez, près de beaucoup d'entre eux, dire tout le mal que

vous voudrez du gouvernement français, mais auprès d'aucun ne dites de

mal de la France!

«Notre destinée, dit M. Chauveau, séparée depuis si longtemps de la

sienne, s'y rattache encore par des liens mystérieux et invisibles; que

nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, nous ne pouvons nous

empêcher de nous réjouir avec elle, de nous affliger avec elle, de nous

humilier avec elle, et, s'il nous échappe quelques paroles amères à son

adresse, elles sont dues à notre amour qui nous fait sentir, comme si

elles étaient faites à nous-mêmes, les mutilations qu'elle s'inflige

dans le délire des révolutions.»

Ces sentiments, rien ne les déracinera du coeur des Canadiens; vouons

donc à leur patrie un amour égal à celui qu'ils conservent à la nôtre.

Ces deux patries d'ailleurs ne sont-elles pas communes, et le Canada

français n'est-il pas resté, malgré la conquête, la plus belle, non pas

des possessions françaises, mais des «libres colonies du peuple

français»?

Une terre où résonne notre langue, où le culte de la France est si

pieusement gardé, n'est-elle pas une terre française bien plus que

celles que nous conquérons et que nous gouvernons sans y implanter notre

race et y propager notre sang?

Tâchons de nous pénétrer des larges idées de nos voisins; cessons de

croire que là où est l'hôtel du gouverneur et la caserne, où sont la

direction des douanes, les bureaux et les administrations, là est la

colonie. Non: la colonie est là où est le peuple, là où sont les colons.

Si le peuple est français, quels que soient les liens de protectorat

politique qui l'attachent à une nation étrangère, c'est là, dans le

vrai sens du mot, une colonie française. A ce titre, réjouissons-nous

de la formation de la jeune nation canadienne; elle fait partie de la

patrie française, applaudissons à ses progrès et efforçons-nous de les

encourager.

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE

ORIGINES ET ÉVOLUTION HISTORIQUE

DE LA NATION CANADIENNE

CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES.

François Ier et Jacques Cartier.--Henri IV et Champlain.--Le fort de

Québec.--Mesures coloniales de Colbert.--Peuplement.--Convois de

colons.--Le régiment de Carignan.--Colonisation militaire.--Les

mariages.--Explorations et découvertes.--Le Mississipi.--Marquette et

Joliet.--Cavelier de la Salle.

CHAPITRE II

LA COLONISATION.

Défrichements.--Concessions de terres.--Système seigneurial.--Condition

sociale des seigneurs canadiens.--Leurs droits et leurs

devoirs.--Obligation du moulin banal.--Droits et devoirs des

censitaires.--Existence laborieuse des seigneurs canadiens.--Défaut de

la colonisation française.--La centralisation.

CHAPITRE III

PERTE DE LA COLONIE.

Les mesures de Colbert sont abandonnées au dix-huitième siècle.--Projets

de M. de la Galissonnière sur la vallée du Mississipi écartés.--La

guerre de Sept ans.--Mme de Pompadour et la politique

continentale.--Situation désespérée du Canada.--La catastrophe.--Mort de

Montcalm.--La capitulation et la paix de 1763.

CHAPITRE IV

L'ANGLETERRE S'ATTACHE LES CANADIENS. LA FRANCE LES OUBLIE (1763-1778).

Humiliation de la France.--Incroyable indifférence de l'opinion

publique.--Quel appui demeure aux Canadiens?--Le clergé.--La révolte des

colonies anglaises d'Amérique force la générosité de l'Angleterre envers

les Canadiens.--L'acte de Québec, 1774.--Étrange engouement des Français

pour la liberté américaine.--Tout pour les Américains, rien pour les

Canadiens.--Étonnement des Anglais devant la politique française.--Par

le traité d'alliance de 1778 avec la République américaine, la France

s'engage à ne pas reprendre le Canada!

CHAPITRE V

DES RIVAUX AUX CANADIENS.--LES LOYALISTES (1778-1791).

Formation de cantons anglais sur les confins du territoire occupé par

les Canadiens-Français.--Rivalité des deux populations.--Nécessité de

ménager l'une et l'autre.--Projet de Pitt.--Formation de deux

provinces.--Constitution de 1791.--Le clergé catholique rallié au

gouvernement anglais.

CHAPITRE VI

GAULOIS CONTRE SAXONS.--LA RÉVOLTE DE 1837.

Opposition de l'oligarchie anglaise du Canada à la constitution de

1791.--Contraste entre la politique généreuse du gouvernement anglais et

la haine de cette oligarchie contre les Canadiens.--Systématiquement

écartés du pouvoir, les hommes d'action canadiens deviennent des hommes

d'opposition.--Papineau.--Exaspération des esprits.--Révolte de

1837.--Les Canadiens trouvent en Angleterre de généreux

défenseurs.--Lord Gosford et lord Brougham.--Répressions sanglantes au

Canada.--Excitations haineuses de la presse: «Balayons les Canadiens de

la surface de la terre.»--Les gibets.--La sympathie se réveille en

France pour les Canadiens.--La _Gazette de France_.--Les Canadiens ont

un drapeau!

CHAPITRE VII

MALGRÉ LA RÉPRESSION, LES CANADIENS PROGRESSENT. RÉGIME DE L'UNION DES

PROVINCES (1840-1867).

Constitution adoptée en 1840 dans le but avoué d'anéantir l'influence

des Canadiens-Français.--Triple injustice de cette

constitution.--L'influence politique des Canadiens n'en est pas

atteinte.--Gouvernement généreux de lord Elgin.--Fureur de l'oligarchie

anglaise: «Ceux qu'on voulait écraser dominent!»--Le maintien de l'Union

des provinces devient impossible.--Recherche d'une

solution.--Organisation de la Confédération des colonies anglaises de

l'Amérique du Nord.--Les Canadiens y entrent, non plus en vaincus, mais

en égaux.

CHAPITRE VIII

L'AUTONOMIE DU DOMINION.

Sir John A. Macdonald et son oeuvre.--La Confédération.--Sa

constitution.--Indépendance presque absolue vis-à-vis de l'Angleterre.

CHAPITRE IX

L'AUTONOMIE DES CANADIENS-FRANÇAIS. LA PROVINCE DE QUÉBEC.

Étendue des pouvoirs réservés aux provinces.--Autonomie de la province

de Québec vis-à-vis du gouvernement fédéral.--Les Canadien-Français chez

eux.

DEUXIÈME PARTIE

ÉTAT ACTUEL, AU POINT DE VUE MATÉRIEL ET MORAL, DE LA NATION CANADIENNE

TERRITOIRE--POPULATION--SENTIMENT NATIONAL

CHAPITRE X

LE TERRITOIRE DES CANADIENS ET SA RICHESSE.

Étendue.--Grandes villes.--Québec et Montréal.--Beauté du

Saint-Laurent.--Lacs, forêts, montagnes, rivières.

CHAPITRE XI

LA FORÊT ET LES FORESTIERS.

Importance de l'exploitation forestière.--La vallée du Haut-Ottawa.--Vie

des bûcherons canadiens.--Un chantier.--Produits de la forêt.--Le

_dravage_ et les _cages_ de bois.--Les scieries d'Ottawa et de Hull.

CHAPITRE XII

LE PRÊTRE COLONISATEUR ET LE COLON.

Zèle pour la colonisation.--OEuvre patriotique et religieuse.--Mgr

Labelle.--Courageuse persévérance du colon canadien.--Difficulté des

défrichements.--Moyens employés.--Rancune du colon contre la forêt.

CHAPITRE XIII

LA LÉGISLATION FAVORISE LA COLONISATION.

Lois relatives à la propriété.--Suppression du système seigneurial

(1854).--Mode de concession des terres.--Conditions imposées aux

colons.--Garanties et avantages qui leur sont assurés.--Régime

municipal.

CHAPITRE XIV

MARCHE DE LA COLONISATION.

Richesse des anciennes paroisses.--Contrées récemment colonisées: lac

Saint-Jean, le Témiscamingue, presqu'île de Gaspé..

CHAPITRE XV

INDUSTRIE ET COMMERCE.

Importance du mouvement commercial.--Principales industries.--La

province de Québec détient l'entrée du Canada.--Elle est maîtresse du

commerce de transit.--Voies de communication.--Navigation maritime et

fluviale.--Chemins de fer.--Le territoire occupé par les

Canadiens-Français est propre au développement d'une grande nation.

CHAPITRE XVI

POPULATION CANADIENNE FRANÇAISE DANS LES PROVINCES DE QUÉBEC ET

D'ONTARIO.

Accroissement merveilleux de la population

canadienne-française.--Chiffres donnés par les statistiques.--Aveux des

Anglais.

CHAPITRE XVII

LES ACADIENS.

Populations françaises des provinces du Nouveau-Brunswick et de la

Nouvelle-Écosse.--Origine et histoire des Acadiens.--Persécutions

surmontées.--Leur état actuel.

CHAPITRE XVIII

POPULATIONS FRANÇAISES DU MANITOBA ET DES TERRITOIRES DU NORD-OUEST.

L'Ouest des Grands Lacs.--Description de la prairie.--La traite des

fourrures.--Rivalité des compagnies de la baie d'Hudson et du

Nord-Ouest.--Les Indiens et les voyageurs.--Formation de la race

métisse.--Les métis français, leur fierté.--Entrée des territoires de

l'Ouest dans la Confédération.--Louis Riel.--La province de

Manitoba.--État actuel des populations françaises.--Les _territoires_

d'Assiniboïa, Alberta et Saskatchewan.--Nouvelle révolte des

métis.--Supplice de Riel.--Persécutions actuelles contre l'élément

français.

CHAPITRE XIX

AUX ÉTATS-UNIS, LES CANADIENS DE L'OUEST.

L'émigration des Canadiens aux États-Unis.--L'Ouest américain a été une

terre française.--Depuis la conquête anglaise les Canadiens ont continué

à s'y porter.--Les Canadiens à Chicago.--A Dubuque.--A Milwaukee, à

Saint-Paul, etc.--Rude existence des Canadiens de l'Ouest.--Saint-Paul

en 1852.--Les traîneaux à chiens.--État actuel des populations

canadiennes de l'ouest des États-Unis.

CHAPITRE XX

CANADIENS DANS LA NOUVELLE-ANGLETERRE.

Leur vie est moins aventureuse que celle des Canadiens de l'Ouest, mais

ils s'établissent d'une façon plus solide dans le pays.--Leurs progrès

constatés par les Américains eux-mêmes.--Décadence de la population de

souche américaine.--Influence générale des Canadiens dans l'Union.

CHAPITRE XXI

PATRIOTISME ET SENTIMENT NATIONAL DES CANADIENS.

Il résulte de leur histoire même.--Amour du sol et sentiment

particulariste manifesté déjà sous la domination française.--Rivalité du

marquis de Vaudreuil, Canadien d'origine, et de Montcalm.--La conquête

anglaise fortifie le sentiment français dans le coeur des Canadiens.--Les

héros canadiens.--Cartier et Champlain.--Héros religieux: les

missionnaires et les martyrs. La vénérable Marie de

l'Incarnation.--Héros militaires: d'Iberville et les sept frères Le

Moyne.--Les Varennes de la Vérandrye.--Héros contemporains: le colonel

de Salaberry et la défense de Châteauguay en 1812.--Les victimes

politiques de 1838.--Monuments élevés par les Canadiens à toutes leurs

gloires nationales.

CHAPITRE XXII

LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA.

L'instruction publique dans la province de Québec.--Système

scolaire.--La langue populaire.--Anglicismes et canadianismes.--Le

langage parlementaire.--Il est légitime d'adopter les mots qui manquent

en français.

CHAPITRE XXIII

LA LITTÉRATURE CANADIENNE.--LES HISTORIENS.

Respect des Canadiens pour leur histoire.--L'historien national

Garneau.--Naissance de sa vocation et but de son livre.--«Effacer le nom

de peuple conquis!»--Les continuateurs de l'oeuvre patriotique de

Garneau.

CHAPITRE XXIV

ROMANCIERS ET POÈTES.

Tendance unanime des romanciers et des poètes canadiens.--Célébrer la

gloire et la beauté de la patrie canadienne.--Romans

historiques.--Peinture des moeurs canadiennes.--Souvenirs de la France

dans la poésie canadienne.--Poésie populaire: les vieilles

chansons.--Succès de la littérature canadienne.

CHAPITRE XXV

MISSION PROVIDENTIELLE.

La foi en une mission providentielle à remplir en Amérique est l'aliment

le plus fort du patriotisme des Canadiens.--Remplir dans le nouveau

monde le rôle civilisateur de la France en Europe.--Dans un milieu voué

aux préoccupations matérielles, enseigner le culte des arts et de

l'idéal.--Répandre la foi catholique sur un monde qui se crée.

TROISIÈME PARTIE

AVENIR DE LA NATION CANADIENNE.

CHAPITRE XXVI

DESTINÉE POLITIQUE ET SOCIALE.

L'union politique du Canada avec l'Angleterre n'est que

temporaire.--Opinion des hommes d'État anglais.--Hypothèses d'avenir:

Fédération impériale, indépendance ou annexion aux États-Unis?--Opinion

des conservateurs et des libéraux canadiens.--Les Américains

désirent-ils s'annexer le Canada?--Quelle serait la solution la plus

favorable aux intérêts des Canadiens français?--Confiance des Canadiens

dans leur avenir.--La France américaine.

CHAPITRE XXVII

LA NATION CANADIENNE COMPTE ENCORE DANS LA PATRIE FRANÇAISE.

La patrie s'élargit avec le perfectionnement des voies de

communication.--La conquête du monde depuis deux siècles.--Fausse

politique de la France au dix-huitième siècle.--Elle perd l'empire du

monde.--Mauvaise direction de l'opinion publique.--Étroites idées de

l'École philosophique sur les colonies et la politique

coloniale.--Opinions de Montesquieu.--Un ennemi personnel du Canada:

Voltaire.--M. de Sacy et l'_Encyclopédie_.--Formidable expansion de la

patrie anglaise.--Larges idées des Anglais.--Répandre à travers le monde

de libres nations, de leur _sang, de leur langue et de leur

religion_.--Opinions de M. Gladstone.--Opinions des Universités d'Oxford

et de Cambridge.--Étroites idées des Français sur la centralisation des

colonies.--Efforçons-nous de les élargir.--Toute terre où l'on parle

français est une terre française.--Les Canadiens sont toujours français.

PARIS

TYPOGRAPHIE DE E. PLON, NOURRIT ET Cie

Rue Garancière, 8.

End of Project Gutenberg's La Nation canadienne, by Gailly de Taurines

La Nation canadienne Étude Historique sur les Populations Françaises du Nord de L'Amérique · 第 19 / 19 段