JEAN LEUNE.

Les Grecs, continuant les progrès indiqués dans notre dernier numéro,

ont occupé Sérès et Drama, tandis que leur flotte s'emparait de Cavalla,

hâtivement évacuée par la garnison bulgare. Des faits extrêmement graves

et qui ont, aussitôt connus, provoqué une profonde émotion et une

indignation unanime en Europe ont été signalés, à chaque étape, par les

commandants hellènes, dans leurs télégrammes au roi Constantin: les

Bulgares, obligés de fuir, ont, en abandonnant les villages et les

villes occupés par eux, commis sur les populations grecques neutres de

véritables crimes contre la civilisation. Ces atrocités ont déjà été

signalées en détail au journal le _Temps_ par notre confrère danois M.

de Jessen, qui a pu voir lui-même, à Nigrita, une ville pétrolée,

détruite, et une partie de la population égorgée et mutilée. Nous

pensions qu'il nous aurait été possible de donner, à nos lecteurs, dans

ce numéro, la vision de ces tristes spectacles, car M. de Jessen nous

avait aussitôt annoncé l'envoi des clichés qu'il avait pris en hâte à

Nigrita. Ces clichés nous sont bien parvenus. Mais le développement a

montré que l'appareil avait mal fonctionné: les pellicules n'avaient pas

été impressionnées, et ce sont ainsi de précieux et irréfutables

témoignages qui disparaissent.

L'Illustration, No. 3673, 19 Juillet 1913 · 第 35 / 58 题