Les Grecs, continuant les progrès indiqués dans notre dernier numéro,
ont occupé Sérès et Drama, tandis que leur flotte s'emparait de Cavalla,
hâtivement évacuée par la garnison bulgare. Des faits extrêmement graves
et qui ont, aussitôt connus, provoqué une profonde émotion et une
indignation unanime en Europe ont été signalés, à chaque étape, par les
commandants hellènes, dans leurs télégrammes au roi Constantin: les
Bulgares, obligés de fuir, ont, en abandonnant les villages et les
villes occupés par eux, commis sur les populations grecques neutres de
véritables crimes contre la civilisation. Ces atrocités ont déjà été
signalées en détail au journal le _Temps_ par notre confrère danois M.
de Jessen, qui a pu voir lui-même, à Nigrita, une ville pétrolée,
détruite, et une partie de la population égorgée et mutilée. Nous
pensions qu'il nous aurait été possible de donner, à nos lecteurs, dans
ce numéro, la vision de ces tristes spectacles, car M. de Jessen nous
avait aussitôt annoncé l'envoi des clichés qu'il avait pris en hâte à
Nigrita. Ces clichés nous sont bien parvenus. Mais le développement a
montré que l'appareil avait mal fonctionné: les pellicules n'avaient pas
été impressionnées, et ce sont ainsi de précieux et irréfutables
témoignages qui disparaissent.