Ce qu'est le légionnaire au feu, il est inutile de le rappeler en ces
lignes, car notre article prendrait les proportions d'un fabuleux livre
d'or. Mais toutes nos illustrations des campagnes coloniales de la
France ont toujours représenté, au premier plan de nos héros, le
légionnaire. Que ce soldat, admirable en campagne, soit plus facilement
que tous autres déprimé par la vie de garnison où se réveillent trop
souvent les instincts de ces natures ardentes et impulsives, on ne
saurait s'en étonner. Il en résulte la nécessité d'une stricte
discipline qui n'a point d'ailleurs le même caractère impitoyable que
celle dont on est obligé d'user pour les bataillons d'Afrique et qui
doit être opportune et appropriée à des éléments d'origine si diverse.
«Il faut, écrit le général Bruneau, un doigté spécial, «une main de fer
dans un gant de velours», et les colonels qui ont laissé le meilleur
souvenir à la légion sont précisément ceux qui ont su allier dans une
juste mesure ces deux manières si différentes de s'imposer: la
bienveillance et la sévérité».
Au reste, la vie que l'on mène à la caserne des deux dépôts, à
Sidi-Bel-Abbès et à Saïda, est la même que celle des autres corps
d'Algérie, avec les manoeuvres et les corvées d'usage. Les casernements,
nos photographies en témoignent, ont tout le confortable militaire. La
table est substantielle et variée comme le montre la feuille de menus
ci-contre.