Ce certificat fut attaqué dans le _Journal helvétique_; et Voltaire
publia la _Réfutation d’un écrit anonyme_, etc., qui est à la fin du
tome XXXIX. Voltaire ne reproduisit pas le certificat en 1763; ce fut
alors qu’il ajouta l’alinéa sur l’auteur de _Spartacus_. B.
[313] Bernard-Joseph Saurin, auteur de _Spartacus_, né en 1706, est
mort le 17 novembre 1781. B.
[314] Le _Dictionnaire de commerce_ n’est pas de Jacques Savari, mort
en 1690, mais de Jacques Savari, son fils, mort en 1716, et connu
sous le nom de Savari des Brulons. Ce ne fut qu’en 1723 que parut la
première édition, par les soins de l’abbé Savari, qui avait été le
collaborateur de son frère, et qui, lors de sa mort, en 1727, laissa un
volume de supplément, qui fut publié en 1730. B.
[315] Le 3 auguste. B.
[316] C’était l’opinion générale du temps de Voltaire; mais madame de
Sévigné est née le 5 février 1627. B.
[317] Ce qui précède est de 1756, et conséquemment antérieur à la
_Nouvelle Héloïse_ de J.-J. Rousseau; Voltaire a eu en vue les _Lettres
diverses du chevalier d’Herm..._ (par Fontenelle): voyez tome XXXIX,
page 243. Ce qui suit est de 1768. B.
[318] Madame de Sévigné, dans sa lettre du 6 novembre 1675, dit que
Mascaron _a surpassé tout ce qu’on attendait de lui_. Dans sa lettre
du 10 novembre, elle appelle l’oraison funèbre _admirable_; mais dans
la lettre du 28 mars 1676, elle met l’oraison funèbre de Turenne, par
Fléchier, au-dessus de celle par Mascaron. B.
[319] Silva, dont le nom se trouve dans des vers des second et
quatrième _Discours sur l’homme_ (voyez tome XII), est mort le 19 août
1742. B.
[320] Fille du maréchal de Coligni, tué à la Marfée, en 1646, et, par
conséquent, arrière-petite-fille de l’amiral. CL.
[321] Boileau (vers 90 de son épître VII) avait appelé Tallemant
... le sec traducteur du français d’Amyot. B.
[322] Voyez tome XXXV, pages 193-94. B.
[323] Jean Terrasson est né à Lyon en 1670. Matthieu Terrasson, son
cousin, avocat à Paris, né à Lyon, le 13 août 1669, est mort en 1734. B.
[324] Voyez, tome XIV, dans les _Poésies mêlées_ (année 1731), une
épigramme de Voltaire sur _Séthos_. B.
[325] Le 11 novembre 1636, auteur de l’_Histoire des perruques_, de _La
Sauce-Robert_, de la _Dissertation sur la sainte larme de Vendôme_,
etc. B.
[326] Le 11 octobre 1714. Son successeur à l’académie française fut
Malet, dont la réception est du 29 décembre 1714. B.
[327] Voltaire a déjà parlé de Ramsay, pages 183 et 184; voyez aussi,
dans la lettre à Formont, du 25 juin 1735, ce que Voltaire dit de la
_Vie de Turenne_, par Ramsay. B.
[328] C’est la satire XI, _Sur l’honneur_; elle a forme d’épître. CL.
[329] _Gesta Francorum_, 1646-58, trois volumes in-folio. B.
[330] Vauban est l’auteur du _Projet de dixme royale_; voyez ma note,
tome XXXIV, page 40. B.
[331] Vergier est né à Lyon, le 3 janvier 1655. B.
[332] Vergier n’est pas l’auteur de la parodie d’une scène de
_Mithridate_, dirigée contre le prince de Condé, que la calomnie accusa
d’avoir fait assassiner Vergier. Ce furent des voleurs de la bande de
Cartouche qui assassinèrent Vergier, dans l’intention de le voler. B.
[333] Au château de Bernetot, arrondissement d’Ivetot. CL.
[334] Les _Mémoires du duc de Villars, maréchal de France_, 1734, trois
volumes in-12, ont été publiés par l’abbé Margon, qui fabriqua les deux
derniers volumes; c’est le même qui, trois ans après, donna les faux
_Mémoires de Berwick_: voyez page 20. B.
[335] Née en 1632, à Alençon. CL.
[336] Marc-Antoine-Gérard, sieur de Saint-Amant, né à Rouen, en 1594,
ne mourut qu’en 1660, la dix-septième année du règne de Louis XIV,
alors âgé de vingt-deux ans. B.
[337] Sur sa _Lettre de la carpe au brochet_, voyez tome XXXIX, page
241. B.
[338] Alors on était dans l’usage de retrancher, dans les vers, les
lettres finales qui incommodaient; _vous ête_ pour _vous êtes_. C’est
ainsi qu’en usent les Italiens et les Anglais. La poésie française est
trop gênée, et très souvent trop prosaïque.
[339] Voiture, valet de chambre de la reine-mère, rêvant à la fontaine
de Belle eau, la reine vint par derrière, lui donna un coup sur
l’épaule, et lui demanda le sujet de sa rêverie. Sur quoi il lui
répondit qu’il aurait l’honneur de le lui donner par écrit à son
coucher; et voici les vers qu’il fit:
Je pensois que la destinée,
Après tant d’injustes rigueurs,
Vous a justement couronnée
D’éclat, de gloire, et de grandeurs;
Mais que vous étiez plus heureuse
Lorsque tous étiez autrefois,
Je ne veux pas dire amoureuse,
La rime le veut toutefois:
Je pensois (car nous autres poëtes
Nous pensons extravagamment)
Ce que, dans l’état où vous êtes,
Vous penseriez en ce moment
Si vous voyiez dans cette place
Venir le duc de Buckingam,
Et lequel seroit en disgrace
De lui ou du père Vincent.
Je pensois que le cardinal,
J’entends celui de La Valette,
Auroit un plaisir sans égal
En voyant l’éclat où vous ête:
Je dis celui de la beauté,
Car sans lui je n’estime guère,
Cela soit dit sans vous déplaire,
Tout celui de la majesté;
Que tant de charmes, de jeunesse,
Pour vous le feroit soupirer,
Et que madame la princesse
Auroit beau s’en désespérer.
Je pensois à la plus aimable
Qui fut jadis dessous les cieux,
A l’ame la plus admirable
Que formèrent jamais les dieux,
A la ravissante merveille
De cette taille sans pareille,
A la bouche la plus vermeille,
La plus belle qu’on ait jamais;
A deux pieds gentils et bien faits
Où le temple d’amour se fonde;
A deux incomparables mains,
A qui le ciel et les destins
Ont promis le sceptre du monde;
A mille graces, mille attraits,
A cent mille charmes secrets,
A deux beaux yeux remplis de flamme
Qui rangent tout dessous leurs lois:
Devinez sur cela, madame,
Et dites à quoi je pensois.
Voltaire, dans ses _Remarques sur l’épître dédicatoire de Polyeucte_
(voyez tome XXXV, page 276), cite quatre vers de cette pièce, qu’il
dit et que je crois inédite. Cependant vingt-quatre vers, dont huit ne
sont pas dans la copie que j’ai suivie, avaient été imprimés dans les
_Mémoires_ de madame de Motteville. B.
[340] Frédéric-le-Grand, roi de Prusse. B.
[341] Pascal Colasse, né en 1639, est mort en 1709. Sur Campra, voyez
tome XXXVII, page 493; sur Destouches, voyez, tome XLII, l’opuscule
intitulé: _André Destouches à Siam_. B.
[342] Sébastien Bourdon, né en 1616, mort en 1671. Moïse Valentin, né
en 1600, mort en 1632. CL.
[343] Né à Paris, en 1676; mort en 1754. CL.
[344] En 1647. Un frère aîné de Jouvenet naquit en 1644; de là
l’erreur. CL.
[345] Né en 1640; et mort à Paris, sa ville natale, en 1716. CL.
[346] Né à Paris, en 1649; mort dans sa ville natale, en 1717. CL.
[347] Né à Paris, en 1654; mort en 1733. CL.
[348] Né à Montpellier, en 1677; mort en 1734. CL.
[349] Né à Toulouse, en 1645; mort à Paris, en 1730. CL.
[350] Né à Valenciennes, en 1684; il était âgé d’environ trente-sept
ans quand il mourut, en 1721, à Nogent-sur-Marne. CL.
[351] François Desportes, né en 1661; mort en 1743. Jean-Baptiste
Oudry, né en 1686; mort en 1755. CL.
[352] Charles-André Vanloo, né en 1705, mourut en 1765. Son frère aîné,
Jean-Baptiste, cessa de vivre en 1745. CL.
[353] Pierre Legros, né à Paris, en 1666. Jean-Baptiste Théodon, mort à
Paris, en 1713. CL.
[354] Le même jour que Louis XIV. Il était né en 1630, selon la
_Biographie universelle_. CL.
[355] Antoine Coisevox, originaire d’Espagne, né à Lyon, en 1640; mort
à Paris, en 1720. CL.
[356] Trois sculpteurs ont illustré le nom de Coustou: Nicolas, né
à Lyon, en 1658, mort en 1733; Guillaume, frère de Nicolas, le plus
célèbre des trois, né en 1678, mort en 1746; et Guillaume, frère de ce
dernier, né à Paris, en 1716, mort en 1777. CL.
[357] François Chauveau, mort en 1676. CL.
[358] Robert Nanteuil, né à Reims, en 1630, gendre d’Edelinck, mort à
Paris, en 1678. CL.
[359] Claude Mellan, né à Abbeville, en 1598; mort à Paris, en 1688. CL.
[360] Girard Audran, le plus distingué des neuf artistes de ce nom,
naquit à Lyon, en 1640, et mourut à Paris, en 1703. CL.
[361] Gérard Edelinck, né à Anvers, en 1649, et appelé en France par
Colbert, mourut en 1707; il n’appartenait pas réellement au siècle de
Louis XIV. CL.
[362] Sébastien Leclerc, né à Metz, en 1637; mort à Paris, en 1714. CL.
[363] Pierre Drevet, né à Lyon, en 1664, eut pour fils Pierre Drevet,
né à Paris, en 1697; morts tous deux en 1739, selon la _Biographie
universelle_. CL.
[364] François de Poilly, né en 1622, à Abbeville, mourut en 1693. Son
frère Nicolas, mort en 1696, fut son élève, et laissa deux fils, morts
avant 1730, avec la réputation de graveurs habiles. CL.
[365] Bernard Picart, fils d’Étienne, naquit à Paris, en 1673, et
mourut à Amsterdam, en 1733. CL.
[366] Gaspard Duchange, né à Paris, en 1662, mort en 1756. CL.
[367] Claude Ballin mourut à Paris au commencement de 1678; et Pierre
Germain en 1682. CL.
[368] Né à Paris, en 1598; mort en 1666. CL.
[369] Né en 1645, à Paris, où son père, nommé aussi Jules HARDOUIN,
était premier peintre du cabinet du roi; mort à Marli, en 1708. CL.
[370] Voyez ma note, tome XXXIII, page 8. B.
[371] On a construit, depuis que M. de Voltaire a écrit cet article,
trois théâtres pour les trois grands spectacles de Paris. K.--Les trois
théâtres dont parlent les éditeurs de Kehl, étaient, pour l’Opéra,
la salle de la Porte Saint-Martin; pour les Français, la salle de
l’Odéon, consumée par les flammes le 28 ventôse an 7 (18 mars 1799);
reconstruite, brûlée de nouveau le 20 mars 1818, et reconstruite
encore; pour l’Opéra-comique, ou les Italiens, la salle qui est entre
le boulevard et la place des Italiens. Depuis la note des éditeurs
de Kehl, on a construit beaucoup d’autres théâtres. Aucune des trois
salles dont parlent les éditeurs de Kehl n’a conservé jusqu’à ce jour
sa destination première. B.
[372] Claude Perrault, auquel on doit la colonnade du Louvre, quoiqu’en
ait dit Boileau. Louis Levau, mort en 1670, eut pour élève François
Dorbay, mort en 1697. CL.
[373] André Le Nostre, fils d’un jardinier du roi, naquit en 1613,
à Paris, où il mourut en 1700. Beaucoup d’ouvrages, même récents,
racontent que Le Nostre embrassa effectivement Innocent XI, et qu’il en
usait ainsi avec Louis XIV, de l’aveu même de ce monarque. Anobli par
son maître, auquel il était fort attaché, mais sans adoration servile,
il n’oublia ni son _bon homme de père_, ni _sa bêche_; bien différent
en cela de tant de vilains, improvisés grands seigneurs depuis le
commencement du dix-neuvième siècle. CL.
[374] C’était ici que finissait cet article dans les premières
éditions: voyez la lettre de d’Alembert, du 24 août 1752. La fin de
l’alinéa a été ajoutée en 1763. Sur l’_Encyclopédie_, voyez, tome XL,
une des notes sur le premier des _Dialogues chrétiens_. B.
[375] Voyez ma _Préface_ en tête de ce volume. B.
[376] Louis XIV est né le 5 septembre 1638; l’établissement de
l’académie française est de 1635: voyez tome XXII, page 247. B.
[377] Voltaire s’exprimait ainsi en 1756, lorsque les chapitres
CLXV-CCX et CCXIII-CCXV de l’_Essai sur l’histoire générale_ (devenu
l’_Essai sur les mœurs_), se composaient de ce qu’il avait déjà publié
sous le titre de _Siècle de Louis XIV_. Voyez, au reste, tome XVIII,
page 169 et suivantes; et surtout les chapitres CLXXV et CLXXVI de
l’_Essai sur les mœurs_; voyez aussi le chapitre suivant. B.
[378] Il n’y a plus dans ce moment (juillet 1782) que huit électeurs,
les deux électorats de la maison de Bavière étant réunis; et de ces
huit électeurs trois sont rois. K.--Les diverses éditions données du
vivant de Voltaire portent dans le texte, les unes _quatre rois_, les
autres, _trois rois_, selon que l’électeur de Saxe était ou n’était pas
roi de Pologne. Les trois autres rois-électeurs étaient ceux de Bohême,
de Prusse (Brandebourg), d’Angleterre (Hanovre). L’empire d’Allemagne
n’existe plus (voyez ma note, tome XXIII, page 662). Beaucoup d’autres
états de l’Europe ont subi des changements par suite de la révolution
française. B.
[379] _Essai sur les mœurs et l’esprit des nations._--Voyez tome XVIII,
pages 271-279; et aussi les _Annales de l’empire_, tome XXIII, pages
582 et 596. B.
[380] Tome XVIII, page 295 et suiv.; et ci-dessus ma note, page 243. B.
[381] Voyez tome XXXII, page 379. B.
[382] Voyez l’article TAXE, tome XXXII, page 314. B.
[383] Voyez tome XVI, pages 27 et 233; tome XXVIII, pages 449 et 453;
et, tome XLVI, la remarque sur un des articles du _Journal de la cour
de Louis XIV_ (par Daugeau). B.
[384] _Essai sur les mœurs_, chap. CLXXXV.
[385] Vers le milieu du règne de Louis XIV, les sciences ont été
cultivées en Suisse. Ce pays a produit depuis quatre grands géomètres
du nom de Bernouilli, dont les deux premiers appartiennent au siècle
passé, et le célèbre anatomiste Haller. C’est actuellement une des
contrées de l’Europe où il y a le plus d’instruction, où les sciences
physiques sont le plus répandues, et les arts utiles cultivés avec
le plus de succès. La philosophie proprement dite, la science de
la politique, y ont fait moins de progrès; mais leur marche doit
nécessairement être plus lente dans de petites républiques que dans les
grandes monarchies. K.
[386] Voltaire écrivait en 1751. Depuis lors le sort de la Pologne a
subi bien des changements. Après deux partages, l’un en 1772, l’autre
en 1795, ce qu’on appelle aujourd’hui le royaume de Pologne est réuni à
la Russie, mai 1830. B.
[387] Voyez page 14. B.
[388] Comme dans la suite il sera souvent question de cette opération
sur les monnaies, et que M. de Voltaire n’en a discuté les effets dans
aucun de ses ouvrages, on nous pardonnera d’entrer ici dans quelques
détails.
La livre numéraire n’est qu’une dénomination arbitraire qu’on
emploie pour exprimer une certaine partie d’un marc d’argent. Cette
proposition, le marc d’argent vaut cinquante livres, est l’équivalent
de celle-ci: j’appelle livre la cinquantième partie du marc d’argent.
Ainsi, un édit qui prononcerait que le marc d’argent vaudrait cent
livres ne ferait autre chose que déclarer que, dans la suite, on
donnera dans les actes le nom de livre à la centième partie du marc
d’argent, au lieu de donner ce nom à la cinquantième. Cette opération
est donc absolument indifférente en elle-même; mais elle ne l’est pas
dans ses effets.
Il est d’un usage général d’exprimer en livres la valeur de tous
les engagements pécuniaires; si donc on change cette dénomination
de _livre_, et qu’au lieu d’exprimer la cinquantième partie d’un
marc d’argent, par exemple, elle n’en exprime que la centième, tout
débiteur, en payant le nombre de livres qu’il s’est engagé de payer, ne
donnera réellement que la moitié de ce qu’il devait.
Ainsi, ce changement, purement grammatical, devient l’équivalent du
retranchement de la moitié des dettes ou des obligations payables en
argent.
D’où il résulte pour un état qui ferait une opération semblable:
1º Une réduction de la dette publique à la moitié de sa valeur, ce qui
est faire une banqueroute à cinquante pour cent de perte.
2º Une diminution de moitié dans ce que l’état paie en gages, en
appointements, en pensions, ce qui fait une économie de moitié sur les
places inutiles ou jugées telles, et une diminution sur les places
utiles et trop payées: car on sent que, pour les places utiles, une
augmentation de gages devient une suite nécessaire de cette opération.
3º Une diminution aussi de moitié dans les impôts qui ont une
évaluation fixe en argent: on les augmente proportionnellement dans
la suite; mais cette augmentation se fait moins promptement que le
changement des monnaies. Souvent un gouvernement faible a profité
de cette circonstance pour faire, dans la forme des impôts, des
changements qu’il n’aurait osé tenter directement.
4º Une perte de moitié pour les particuliers créanciers d’autres
particuliers; injustice qu’on leur fait sans aucun avantage pour l’état.
5º Un mouvement dans les prix des denrées, qui dérange le commerce,
parceque les denrées ne peuvent pas doubler de prix sur-le-champ, ni
aussi promptement que l’argent.
Ainsi, cette opération est une manière de faire une banqueroute, et de
manquer à ses engagements, qui entraîne de plus avec elle une injustice
envers un très grand nombre de citoyens, même de ceux qui ne sont pas
créanciers de l’état, une secousse dans le commerce, et du désordre
dans la perception des impôts.
Mais si, dans quelque état de l’Europe, on établissait un système plus
raisonnable sur les monnaies que celui qui est adopté chez presque
toutes les nations, et qu’on fût obligé, pour donner à ce système
plus de perfection et de simplicité, de changer la valeur de la livre
numéraire, alors on éviterait les inconvénients dont nous venons de
parler, et on se mettrait à l’abri de toute injustice, en déclarant
que tout ce qui devait être payé en livres anciennes ne pourrait être
acquitté qu’en payant, non le même nombre de livres nouvelles, mais un
nombre de ces livres qui représenterait un égal poids d’argent.
Voici maintenant en quoi nous croyons que devraient consister les
changements dans les monnaies:
1º A rapporter toutes les évaluations en monnaies à un certain poids
d’un seul des deux métaux précieux, à l’argent, par exemple, et à ne
fixer aucun rapport entre la valeur de ce métal et celle de l’autre,
de l’or, par exemple. En effet, toute différence entre la proportion
fixée et celle du commerce est une source de profit pour quelques
particuliers, et de perte pour les autres.
2º A changer les dénominations et les monnaies, de manière que chaque
monnaie répondît à un nombre exact des divisions de la livre numéraire
et du marc d’argent, et que les divisions de la livre numéraire et
celles du marc d’argent eussent entre elles des rapports exprimés par
des nombres entiers et ronds. L’usage contraire a concentré entre un
petit nombre de personnes la connaissance de la valeur réelle des
monnaies; et dans tout ce qui a rapport au commerce, toute obscurité,
toute complication est un avantage accordé au petit nombre sur le plus
grand. On pourrait joindre à l’empreinte, sur chaque monnaie, un nombre
qui exprimerait son poids, et sur celles d’argent (_voyez_ nº 1), sa
valeur numéraire.
3º A faire les monnaies d’un métal pur: 1º parceque c’est un moyen de
faciliter la connaissance du rapport de leur valeur avec celui des
monnaies étrangères, et de procurer à sa monnaie la préférence dans
le commerce sur toutes les autres; 2º parceque c’est le seul moyen de
parvenir à l’uniformité du titre des monnaies entre les différentes
nations, uniformité qui serait d’un grand avantage. L’uniformité,
dans un seul état, s’établit par la loi; elle ne peut s’établir entre
plusieurs que lorsque la loi ne s’appuie que sur la nature, et ne fixe
rien d’arbitraire.
4º A ne prendre de profit sur les monnaies que ce qui est nécessaire
pour faire la dépense de leur fabrique. Cette fabrique a deux parties;
les opérations nécessaires pour préparer le métal à un titre donné, et
celles qui réduisent le métal en pièces de monnaie. Ainsi on rendrait,
pour cent marcs d’argent en lingots, cent marcs d’argent monnayé, moins
le prix de l’essai et celui de leur conversion en monnaie. On rendrait
pour cent marcs d’argent allié à un centième quatre-vingt-dix-neuf
marcs d’argent monnayé, moins les frais nécessaires pour l’affiner et
le réduire ensuite en monnaie.
Ces moyens très simples auraient l’avantage de rendre si clair tout ce
qui regarde le commerce des matières d’or et d’argent, et la monnaie,
que les mauvaises lois sur ce commerce, et les opérations pernicieuses
sur les monnaies, deviendraient absolument impossibles. K.
[389] Les lettres-patentes sont du 10 février 1638; ce fut le 15 août,
jour de la procession, qu’eut lieu la bataille entre le parlement et la
cour des comptes: voyez tome XXII, page 252. B.
[390] Il s’appelait Morin: voyez, tome XX, le chapitre
XXVI. B.
[391] Voyez, tome L, le paragraphe IX du _Prix de la
justice et de l’humanité_. B.
[392] «Et que le conseiller Courtin, interrogeant cette femme
infortunée, lui demanda de quel sortilége elle s’était servie pour
gouverner l’esprit de Marie de Médicis, que la maréchale lui répondit:
«Je me suis servie du pouvoir qu’ont les âmes fortes sur les esprits
faibles;» et qu’enfin cette réponse ne servit qu’à précipiter l’arrêt
de sa mort.»
«On voit encore,» etc. Variante de l’_Essai sur le Siècle de Louis
XIV_, dont j’ai parlé dans ma _Préface_. B.
[393] «Accusés tous deux de sortiléges. Dans cette disette d’arts, de
police, de raison, de tout ce qui fait fleurir un empire, il s’élevait
de temps en temps des hommes de talent, et le gouvernement se signalait
par des efforts qui rendaient la France redoutable. Mais ces hommes
rares et ces efforts passagers, sous Charles VIII, sous François Iᵉʳ,
à la fin du règne de Henri-le-Grand, servaient à faire remarquer
davantage la faiblesse générale.»
«Ce défaut de lumières,» etc. Variante de l’_Essai sur le Siècle de
Louis XIV_. B.
[394] Riencourt, dans son _Histoire de Louis XIV_, dit que le testament
de Louis XIII fut vérifié au parlement. Ce qui trompa cet écrivain,
c’est qu’en effet Louis XIII avait déclaré la reine régente, ce qui fut
confirmé: mais il avait limité son autorité, ce qui fut cassé.
[395] Le cardinal pouvait avoir en secret le motif que lui prête M.
de Voltaire; mais cette guerre avait un objet très important, celui
d’empêcher la maison d’Autriche de s’emparer de l’Allemagne et de
l’Italie. K.
[396] Torstenson était page de Gustave-Adolphe, en 1624. Le roi, prêt
d’attaquer un corps de Lithuaniens, en Livonie, et n’ayant point
d’adjudant auprès de lui, envoya Torstenson porter ses ordres à un
officier général, pour profiter d’un mouvement qu’il vit faire aux
ennemis; Torstenson part et revient. Cependant les ennemis avaient
changé leur marche; le roi était désespéré de l’ordre qu’il avait
donné: «Sire, dit Torstenson, daignez me pardonner; voyant les ennemis
faire un mouvement contraire, j’ai donné un ordre contraire.» Le roi ne
dit mot; mais le soir, ce page servant à table, il le fit souper à côté
de lui, et lui donna une enseigne aux gardes, quinze jours après une
compagnie, ensuite un régiment. Torstenson fut un des grands capitaines
de l’Europe.
[397] Dans les _Annales de l’empire_, voyez tome XXIII, page 618,
Voltaire dit que les combats eurent lieu du 5 au 9. B.
[398] Son père était mort en 1646.
[399] La prise de Courtrai est de juin 1646; la prise de Mardick est de
août 1646. B.
[400] Les Mémoires manuscrits du duc de La Rochefoucauld confirment le
même fait. Il était un des confidents de la reine dans les derniers
temps de la vie de Louis XIII. K.--Voyez les _Mémoires du duc de La
Rochefoucauld, première partie, jusqu’à ce jour inédite_. Paris,
Renouard, 1817, in-18. B.
[401] Cette évaluation a été faite avant la guerre de 1755. K.
[402] Voyez ci-dessus, page 36; et, tome XXII, pages 255 et 264. B.
[403] Ce fut le 7 juillet 1647 que Masaniello se mit à la tête des
révoltés napolitains. B.
[404] Voyez tome XXII, page 225. B.
[405] Voyez id., page 262. B.
[406] Voyez tome XVI, page 404; et tome XXII, page 38. B.
[407] Voyez _Histoire du parlement_, chap. XXX.
[408] Voyez tome XXII, page 268. B.
[409] Voyez tome XVIII, pages 221, 245. B.
[410] Voyez tome XXII, page 269. B.
[411] Voyez tome XXII, page 271. B.
[412] Sur cette date, voyez ma note, tome XVIII, page 315. B.
[413] Ces vers sont tirés d’une tragédie de Du Ryer; le duc de La
Rochefoucauld les écrivit au-dessous d’un portrait de madame de
Longueville: s’étant aperçu qu’elle le trompait, il en parodia les deux
derniers hémistiches:
Pour mériter son cœur, qu’enfin je connais mieux,
J’ai fait la guerre aux rois; j’en ai perdu les yeux. K.
Voltaire, dans son _Supplément au Siècle de Louis XIV_, première partie
(voyez tome XX), dit lui-même que les vers qu’il a mis dans la bouche
de La Rochefoucauld sont tirés de l’_Alcyonée_ de Du Ryer. B.
[414] Le prince de Condé fut d’abord conduit à Vincennes, avec une
escorte commandée par le comte de Miossens. L’abbé de Choisi rapporte
dans ses Mémoires que, la voiture du prince ayant cassé, Condé dit à
Miossens: «Voilà une belle occasion pour un cadet de Gascogne;» mais
que Miossens fut fidèle à la reine. Cette anecdote ne peut être vraie;
Miossens était d’Albret, du même nom que la mère de Henri IV, et ce
n’était pas du prince de Condé qu’il pouvait attendre sa fortune.
C’est le même que le maréchal d’Albret, qui fut depuis un des premiers
protecteurs de madame de Maintenon.
Le comte d’Harcourt, de la maison de Lorraine, conduisit ensuite Condé
au Havre; le prince, étant avec lui dans la même voiture, lui fit cette
chanson:
Cet homme gros et court
Si fameux dans l’histoire,
Ce grand comte d’Harcourt
Tout rayonnant de gloire,
Qui secourut Casal, et qui reprit Turin,
Est devenu recors de Jules Mazarin. K.
[415] Voyez page 296. B.
[416] Voyez page 297; et tome XXII, page 270. B.
[417] Voyez tome XXII, pages 255-256. B.
[418] Des hommes très instruits des anecdotes de ce temps prétendent
que le prince de Condé n’avait insulté Rieux que de paroles ou de
gestes: celui-ci donna le premier coup, que les amis du prince lui
rendirent avec usure. Les deux avocats-généraux du parlement, Omer
Talon et Jérôme Bignon, furent consultés: Talon voulait poursuivre
le comte de Rieux; Bignon, plus sage, s’y opposa, et fit revenir son
collègue à son avis. K.
[419] C’est le père du maréchal de Villars, à qui Louis XIV, dans ses
malheurs, a dû la victoire et la paix. K.
[420] Ce fut pendant cet exil que le cardinal écrivait au roi: «Il
ne me reste pas un asile dans un royaume dont j’ai reculé toutes les
frontières.» K.
[421] Voyez page 295. B.
[422] Voyez tome XXII, page 274. B.
[423] _Mémoires de Gourville._
[424] Dunkerque fut perdue en septembre 1652; Barcelone et Casal en
octobre. B.
[425] Voyez page 245. B.
[426] Voyez tome XXIII, pages 592 et 599. B.
[427] Datée de Vincennes, du 11 septembre 1654.
[428] Voyez tome XXVIII, page 266. B.
[429] Mai 1657. B.
[430] Nommée Calderona. B.
[431] Sous les noms de Charles II et Jacques II. B.
[432] On a long-temps cru que Cromwell était né en 1603; mais il naquit
à Huntingdon, le 25 avril 1599, et avait cinquante-neuf ans révolus
quand il mourut. B.
[433] Dans l’_Essai sur les mœurs_ (tome XVIII, page 327), chap.
CLXXXI.
[434] Voyez tome XXVIII, page 269. B.
[435] Voyez tome XXXIX, page 424; et ma note, tome XXIII, page 598. B.
[436] Un nommé La Beaumelle, qui falsifia le _Siècle de Louis XIV_,
et qui le fit imprimer à Francfort avec des notes aussi scandaleuses
que fausses, dit à ce sujet que Christine était en droit de faire
assassiner Monaldeschi, parcequ’elle ne voyageait pas incognito; et
il ajoute que Pierre-le-Grand, entrant dans un café à Londres, tout
écumant de colère, parceque, disait-il, un de ses généraux lui avait
menti, s’écria qu’il avait été tenté de le fendre en deux d’un coup
de sabre; qu’alors un marchand anglais avait dit au czar qu’on aurait
condamné sa majesté à être pendue.
On est obligé de relever ici l’insolence absurde d’un pareil conte.
Peut-on imaginer que le czar Pierre aille dire, dans un café, qu’un
de ses généraux lui a menti? fend-on aujourd’hui un homme en deux
d’un coup de sabre? un empereur va-t-il se plaindre à un marchand
anglais de ce qu’un général lui a menti? en quelle langue parlait-il
à ce marchand, lui qui ne savait pas l’anglais? comment ce feseur de
notes peut-il dire que Christine, après son abdication, était en droit
de faire assassiner un Italien à Fontainebleau, et ajouter, pour le
prouver, qu’on aurait pendu Pierre-le-Grand à Londres? On sera forcé
de remarquer quelquefois les absurdités de ce même éditeur. En fait
d’histoire, il ne faut pas dédaigner de répondre; il n’y a que trop de
lecteurs qui se laissent séduire par les mensonges d’un écrivain sans
pudeur, sans retenue, sans science, et sans raison. K.
[437] Balthasar Charles, fils de Philippe IV et d’Isabelle, fille de
Henri IV, né le 17 octobre 1629, est mort le 9 octobre 1646. B.
[438] La renonciation d’Anne d’Autriche avait été présentée aux états
de Castille et d’Aragon, et acceptée par eux. Celle de Marie-Thérèse
ne leur fut pas présentée; et c’est une des principales raisons sur
lesquelles les casuistes et les jurisconsultes, auxquels Charles
II s’adressa, se fondèrent pour décider que les descendants de
Marie-Thérèse étaient les héritiers légitimes de la couronne d’Espagne.
K.
[439] Les compagnies de mousquetaires de la maison du roi ont été
supprimées par Saint-Germain, ministre de la guerre, de 1775 à 1777.
Elles ont eu quelques mois d’existence en 1814 et 1815. B.
[440] Cet alinéa fut ajouté dans l’édition de 1752. B.
[441] C’est que Mazarin avait des talents pour la politique extérieure,
et qu’il n’avait ni talents ni lumières pour l’administration; c’est
qu’un ministre ne peut guère avoir, dans les négociations, d’autres
intérêts que ceux du peuple qu’il gouverne; au lieu que, dans le
gouvernement intérieur, il peut en avoir de tout opposés; c’est enfin
que l’art de négocier ne suppose que certaines qualités de l’esprit
et du caractère, communes à tous les pays et à tous les siècles, au
lieu que la science de l’administration suppose des principes qui
n’existaient pas encore dans le siècle de Mazarin. K.
[442] Chapitres XXV à XXX. B.
[443] Voltaire reparle de cet événement dans son opuscule intitulé:
_Les Droits des hommes_: voyez tome XLIV. B.
[444] Voyez ma note, tome XVI, page 35. B.
[445] Jean de Coligni, né à Saligny, le 17 décembre 1617, mort le
16 avril 1686, laissant un fils, Alexandre-Gaspard, qui mourut eu
1694, sans postérité. Jean avait écrit sur les marges d’un missel
ses _Mémoires_ ou notes, qui ont été imprimées dans le chapitre
VIII des _Contes historiques, par V. D. Musset-Pathay_,
Paris, 1826, in-8º. Le prince de Condé, dont il avait été aide-de-camp,
y est bien maltraité. B.
[446] En 1666, le 13 septembre. L’incendie dura quatre jours, et
consuma treize mille maisons; Voltaire en a parlé tome XVIII, page 334.
B.
[447] Tome Iᵉʳ, page 16, édition supposée de La Haye.
[448] Louis de Crévant, marquis puis duc d’Humières, nommé maréchal
en 1668, n’assiégea jamais Arras, qui appartenait aux Français depuis
1640; mais, en 1676, il assiégea Aire, dont il se rendit maître le 31
juillet. B.
[449] Ces plans ont été depuis transportés aux Invalides. K.
[450] Sur l’origine du nom de Franche-Comté, voyez tome XXIII, page
191. B.
[451] Jean de Witt avait été, en Hollande, un des premiers et un des
meilleurs disciples de Descartes. On a de lui un _Traité des courbes_,
ouvrage de sa première jeunesse, rempli de choses ingénieuses et
nouvelles, qui annonçaient un véritable géomètre. Il paraît être le
premier qui ait imaginé de calculer la probabilité de la vie humaine,
et d’employer ce calcul pour déterminer quel denier des rentes viagères
répond à un intérêt donné en rentes perpétuelles. K.
[452] Chapitres XXXII et XXXIII. B.
[453] Arthur ou Artus, prince de Galles, fils de Henri VII, roi
d’Angleterre, épousa, en 1501, Catherine d’Aragon, et mourut six mois
après son mariage, sans l’avoir, dit-on, consommé. Henri VII, pour
ne pas rendre la dot, obtint du pape Jules II, le 26 décembre 1503,
dispense pour faire épouser à Catherine le nouveau prince de Galles,
son beau-frère, Henri, depuis roi sous le nom de Henri VIII. Ce fut
sous Clément VII que Henri VIII prétendit que les dispenses de Jules
II étaient nulles, etc., et, par suite, se sépara de l’Église romaine:
voyez tome XVII, page 286, B.
[454] Il avait épousé Maria de Gonzague, veuve de son frère, avec
toutes les dispenses dont pouvait avoir besoin un jésuite cardinal,
pour se marier avec sa belle-sœur; et on a prétendu qu’en France il
épousa secrètement Marie Mignot, fille d’une blanchisseuse, mais déjà
veuve d’un conseiller au parlement de Grenoble, et du second maréchal
de L’Hospital. Cette anecdote n’est rien moins que certaine. K.
[455] 25 juin 1669. B.
[456] Voyez les _Anecdotes du Siècle de Louis XIV_, chap.
XXVI. K.
[457] On trouve des anecdotes curieuses sur toutes ces négociations,
dans les pièces justificatives des _Mémoires de la Grande-Bretagne
et de l’Irlande_, par le chevalier Dalrymple. On y voit comment
l’argent de Louis XIV gouverna l’Angleterre depuis 1669 jusqu’en 1677;
comment il servait à déterminer Charles II à se convertir, et puis à
l’engager à différer sa conversion, et qu’il était le contre-poids
des autres intérêts qui conduisaient ce roi et ses ministres. Ces
détails de corruption sont honteux, mais il est utile que les peuples
les connaissent, et que les princes apprennent que ces mystères de la
politique sont toujours révélés. Au reste, ces _Mémoires_ prouvent qu’à
cette époque Louis XIV avait beaucoup plus de politique que de zèle
pour la religion. Après avoir acheté la nation anglaise de Charles II,
Louis XIV, peu satisfait de lui, se lia avec les mécontents, et leur
fournit également de l’argent contre Charles et contre ce même Jacques,
qu’il protégea depuis avec tant d’opiniâtreté. Dalrymple a imprimé la
liste de ces pensionnaires du roi de France, avec les sommes données
à chacun. On y trouve le nom d’Algernon Sydney, avec une somme qui
n’aurait pas suffi pour séduire son secrétaire. Il est vraisemblable,
ou que Barillon trompait Louis XIV avec ces listes, comme d’autres gens
le trompèrent depuis avec des listes de conversions; ou (ce qui est
plus probable encore) que quelque intrigant subalterne trompa Barillon,
et garda pour lui-même l’argent qu’il prétendait avoir fait accepter à
Sydney. K.
[458] Corwei, en latin _Corbeia nova_, pour la distinguer de _Corbeia
vetus_, Corbie, en Picardie. CL.
[459] Voyez chapitre VII, page 360. B.
[460] Il est vrai que depuis on a frappé en Hollande une médaille
qu’on a crue être celle de Van-Beuning; mais elle ne porte point de
date. Elle représente un combat avec un soleil qui culmine sur la tête
des combattants. La légende est: _stetit sol in medio cœli_. Cette
médaille, que des particuliers ont fabriquée, n’a été faite que pour
la bataille d’Hochstedt, en 1709, à l’occasion de ces deux vers qui
coururent alors:
«Alter in egregio nuper certamine Josue
Clamavit: Sta, sol gallico! solque stetit.»
Or, Van-Beuning ne s’appelait point Josué, mais Conrad.
[461] L’éditeur des _Œuvres de Voltaire_, en douze volumes in-8º,
propose de mettre _fesait la même chose_. Je crois la correction très
bonne; mais je ne la trouve dans aucune édition. B.
[462] Voyez page 175. B.
[463] On prononce Ossembrouck; l’_œ_ fait _ou_ chez les Hollandais.
[464] Peu de temps après un de ces archevêques titulaires d’Utrecht,
se trouvant par hasard ce qu’on appelait janséniste, se retira dans
son diocèse où les jansénistes sont tolérés comme toutes les autres
communions chrétiennes. Il se fit élire un successeur par le clergé et
le peuple de son Église, suivant l’usage des premiers siècles; ensuite
il le sacra. Au moyen de cette précaution, il s’est établi en Hollande
une succession d’évêques jansénistes, qui ne sont, à la vérité,
reconnus que dans leur Église. K.
[465] Il fut stathouder le premier juillet. Comment La Beaumelle, dans
son édition subreptice du _Siècle de Louis XIV_, a-t-il pu dire dans
ses notes qu’il ne fut déclaré que capitaine et amiral?
[466] La Beaumelle, dans ses notes, dit: «C’est un être de raison que
cette politesse.» Comment cet écrivain ose-t-il démentir ainsi l’Europe?
[467] On avait d’abord tenté d’assassiner le grand pensionnaire dans
La Haye; mais il échappa et eut le crédit de faire punir l’assassin.
On n’osa condamner son frère à la mort, parceque ses tourments
n’avaient pu lui arracher l’aveu d’aucun des crimes qu’on lui avait
imputés; on se contenta de le bannir. Ce fut dans le moment où le grand
pensionnaire allait délivrer son frère de la prison après ce jugement,
que tous deux furent massacrés. Cette mort a répandu sur le nom de
Guillaume III un opprobre ineffaçable. K.
[468] Voyez page 380. B.
[469] La Beaumelle dit qu’il fut condamné à une prison perpétuelle.
Comment cela pourrait-il être, puisque, l’année suivante, il fut tué au
siége de Grave?
[470] Cet usage, qui n’a point été réformé, est ancien, et n’a pu
avoir pour origine qu’un enthousiasme exagéré de valeur, et une grande
indifférence pour le sort des malheureux bourgeois qu’il dévouait à
toutes les horreurs du pillage. Mais depuis que l’art des siéges s’est
perfectionné, et qu’on a la précaution de détruire toutes les défenses
d’une place avant d’y donner l’assaut, cette condition imposée aux
gouverneurs n’est plus regardée que comme une chose de forme; et, de
nos jours, un officier qui, prenant une ville d’assaut, la livrerait
au pillage, serait aussi déshonoré qu’il l’aurait été dans le siècle
dernier pour avoir refusé de servir de second dans un duel. K.
[471] Pendant le cours de cette édition, M. Colini, secrétaire intime
et historiographe de l’électeur palatin aujourd’hui régnant, a révoqué
en doute l’histoire du cartel par des raisons très spécieuses, énoncées
avec beaucoup d’esprit et de sagacité. Il montre très judicieusement
que l’électeur Charles-Louis ne put écrire les lettres que Courtilz de
Sandras et Ramsay ont imputées à ce prince. Plus d’un historien, en
effet, attribue souvent à ses héros des écrits et des harangues de son
imagination.
On n’a jamais vu la véritable lettre de l’électeur Charles-Louis,
ni la réponse du maréchal de Turenne. Il a seulement toujours passé
pour constant que l’électeur, justement outré des ravages et des
incendies que Turenne commettait dans son pays, lui proposa un duel
par un trompette, nommé Petit-Jean. J’ai vu la maison de Bouillon
persuadée de cette anecdote. Le grand-prieur de Vendôme et le maréchal
de Villars n’en doutaient pas. Les _Mémoires_ du marquis de Beauvan,
contemporain, l’affirment. Cependant il se peut que le duel n’ait
pas été expressément proposé dans la lettre amère que l’électeur dit
lui-même avoir écrite au prince maréchal de Turenne. Plût à Dieu qu’il
fût douteux que le Palatinat ait été embrasé deux fois? Voilà ce qui
n’est que trop constant, ce qui est essentiel, et ce qu’on reproche à
la mémoire de Louis XIV.
M. Colini reproche à M. le président Hénault d’avoir dit, dans son
_Abrégé chronologique_, que le prince de Turenne répondit à ce cartel
_avec une modération qui fit honte à l’électeur de cette bravade_. La
honte était dans l’incendie, lorsqu’on n’était pas encore en guerre
ouverte avec le Palatinat, et ce n’était point une bravade dans un
prince justement irrité, de vouloir se battre contre l’auteur de ces
cruels excès. L’électeur était très vif; l’esprit de chevalerie n’était
pas encore éteint. On voit dans les _Lettres_ de Pellisson que Louis
XIV lui-même demanda s’il pouvait en conscience se battre contre
l’empereur Léopold.--Cette note fut ajoutée par Voltaire dans l’édition
de 1768. Cosme-Alexandre Colini, secrétaire de Voltaire, de 1752 à
1756, mort en 1806, avait publié, en 1767, une _Dissertation historique
et critique sur le prétendu cartel envoyé par Charles-Louis, électeur
palatin, au vicomte de Turenne_. B.
[472] Voyez tome XVI, page 385.
[473] Voyez, chapitre XXVI (tome XX); et tome XXVIII,
page 417. B.
[474] Né en 1611 (voyez page 30), il avait cinquante-sept ans lors de
sa conversion. B.
[475] Voyez, dans la _Correspondance_, la lettre au président Hénault,
du 8 janvier 1752. B.
[476] Reboulet dit que le marquis de Créqui eut la faiblesse de signer
la capitulation: rien n’est plus faux; il aima mieux se laisser prendre
à discrétion, et il eut ensuite le bonheur d’échapper. Qu’on lise tous
les mémoires du temps; que l’on consulte l’_Abrégé chronologique_ du
P. Hénault: «Bois-Jourdain, dit-il, fit la capitulation à l’insu du
maréchal, etc.»
[477] Voyez page 8. B.
[478] L’_Art de vérifier les dates_ dit que la ville de Gand fut prise
le 9 mars, et que la citadelle capitula le 12. B.
[479] Kintzing, rivière de Souabe, qui se jette dans le Rhin vis-à-vis
de Strasbourg. B.
[480] Près d’Augusta, le 22 avril. Ruyter mourut de ses blessures le 29
du même mois. CL.
[481] Duquesne fut mal récompensé parcequ’il était protestant. Louis
XIV le lui fit sentir un jour: «Sire, lui répondit Duquesne, quand
j’ai combattu pour votre majesté, je n’ai pas songé si elle était
d’une autre religion que moi.» Son fils, forcé de s’expatrier après
la révocation de l’édit de Nantes, se retira en Suisse, où il acheta
la terre d’Eaubonne. Il y porta le corps de son père, qu’il avait été
obligé de faire enterrer en secret.
On lit sur son tombeau:
«La Hollande a fait ériger un mausolée à Ruyter, et la France a refusé
un peu de cendre à son vainqueur.» K.
[482] Dans ses remarques sur _Horace_, tome XXXV, page 158, Voltaire
dit qu’on donna à Corneille le nom de _grand_, «non seulement pour le
distinguer de son frère, mais du reste des hommes.» B.
[483] Dans la compilation intitulée: _Mémoires de madame de Maintenon_,
on trouve, tome III, page 23, ces mots: «Les réunions des chambres
de Metz et de Besançon.» Nous avons cru d’abord qu’il y avait eu
une chambre de Besançon réunie à celle de Metz. Nous avons consulté
tous les auteurs, nous avons trouvé que jamais il n’y eut à Besançon
de chambre instituée pour juger quelles terres voisines pouvaient
appartenir à la France. Il n’y eut, en 1680, que le conseil de Brisach
et celui de Metz chargés de réunir à la France les terres qu’on croyait
démembrées de l’Alsace et des Trois-Évêchés. Ce fut le parlement de
Besançon qui réunit pour quelque temps Montbeillard à la France.
[484] On a prétendu que ce fut alors que le prince d’Orange, depuis
roi d’Angleterre, dit publiquement: «Je n’ai pu avoir son amitié, je
mériterai son estime.» Ce mot a été recueilli par plusieurs personnes,
et l’abbé de Choisi le place vers l’année 1672. Il peut mériter quelque
attention, parcequ’il annonçait de loin les ligues que forma Guillaume
contre Louis XIV; mais il n’est pas vrai que ce fût à la paix de
Nimègue que le prince d’Orange ait parlé ainsi; il est encore moins
vrai que Louis XIV eût écrit à ce prince: «Vous me demandez mon amitié,
je vous l’accorderai quand vous en serez digne.» On ne s’exprime ainsi
qu’avec son vassal: on ne se sert point d’expressions si insultantes
envers un prince avec qui on fait un traité. Cette lettre ne se trouve
que dans la compilation des _Mémoires de Maintenon_; et nous apprenons
que ces _Mémoires_ sont décriés par le grand nombre d’infidélités
qu’ils renferment.
[485] Cet appareil est plus effrayant que l’effet n’en est terrible.
Les bombes sont mal ajustées; les bâtiments qui les portent manœuvrent
mal, sont aisément désemparés, le feu y prend fréquemment, et les frais
de ces armements excèdent de beaucoup le dommage qu’ils peuvent causer.
On prétend que le dey d’Alger ayant su ce que l’expédition de Duquesne
avait coûté à Louis XIV: «Il n’avait qu’à m’en donner la moitié,
dit-il, j’aurais brûlé la ville tout entière.» K.
[486] Voyez les étranges particularités du siége de Vienne, dans
l’_Essai sur les mœurs_ (tome XVIII, p. 432); et dans les _Annales de
l’empire_ (tome XXIII, page 640).
[487] Léopold ne vit Sobieski qu’à cheval et en pleine campagne.
Il avait délibéré sur l’étiquette qu’il devait observer avec son
libérateur; et ayant assemblé son conseil, il demanda comment un
empereur devait recevoir un roi électif: «A bras ouverts, s’il a sauvé
l’empire,» répondit le duc de Lorraine. Il fut le seul de son avis. K.
[488] Dans l’_Essai sur les mœurs_ (tome XVII, page 508).
[489] Le bombardement de Gênes est du mois de mai. B.
[490] L’édition encadrée de 1775, et, d’après elle, les éditions de
Kehl, disent _quatorze mille_. Dans les éditions antérieures à 1775, on
lit _quatre mille_. B.
[491] 15 mai 1685. B.
[492] 28 septembre 1684. De nouveaux ambassadeurs de Siam arrivèrent à
Paris en juillet 1686. B.
[493] Le P. Dorléans a publié une _Histoire de M. Constance_, 1692,
in-12. Une autre _Histoire de M. Constance, par Deslandes_, a été
imprimée en 1756, petit in-8º. B.
[494] Il est singulier que des ministres osent porter leur mépris
pour leur maître jusqu’à lui faire dire que _c’est à lui de servir
d’exemple_; et cet exemple était celui de favoriser chez un de ses
voisins la contrebande, qu’il réprimait dans ses états par un code
barbare, et de protéger contre les lois les voleurs et les assassins. K.
[495] Joseph Clément: voyez, tome XXIII, page 24. B.
[496] Tome XX, chap. XXXVI, du calvinisme. B.
[497] On trouve, dans la compilation des _Mémoires de Maintenon_, au
tome III, chapitre IV, intitulé: _Du roi et de la reine
d’Angleterre_, un tissu étrange de faussetés. Il y est dit que les
jurisconsultes proposèrent cette question: «Un peuple a-t-il le droit
de se révolter contre l’autorité qui veut le forcer à croire?» Ce fut
précisément le contraire. On s’opposa en Angleterre à la tolérance du
roi pour la communion romaine. On agita cette question: «Si le roi
pouvait dispenser du serment du test ceux qu’il admettait aux emplois?»
Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna au prince d’Orange
deux cent mille ducats pour aller détruire la religion catholique en
Angleterre.
Le même auteur, avec la même témérité, prétend qu’Innocent XI fit dire
des milliers de messes pour l’heureux succès du prince d’Orange. Il
est reconnu que ce pape favorisa la ligue d’Augsbourg; mais il ne fit
jamais de démarches si ridicules et si contraires aux bienséances de sa
dignité. L’envoyé d’Espagne à La Haye fit des prières publiques pour
l’heureux succès de la flotte hollandaise. M. d’Avaux le manda au roi.
Le même auteur fait entendre que le comte d’Avaux corrompait des
membres de l’état: il se trompe, c’est le comte d’Estrades. Il se
trompe encore sur le temps; c’était vingt-quatre ans auparavant. Voyez
la lettre de M. d’Estrades à M. de Lyonne, du 17 septembre 1665.
Le même auteur ose citer l’évêque Burnet, et lui fait dire, pour
exprimer un vice du prince d’Orange, que ce prince n’aimait que _les
portes de derrière_. Il n’y a pas un mot dans toute l’histoire de
Burnet qui ait le moindre rapport à cette expression si basse et si
indigne de l’histoire. Et si quelque feseur d’anecdotes avait jamais
prétendu que l’évêque Burnet eût laissé échapper dans la conversation
un mot aussi indécent, ce témoignage obscur ne pourrait prévaloir
contre une histoire authentique.
[498] L’auteur des _Mémoires de Maintenon_ avance que le prince
d’Orange, voyant que les États-Généraux refusaient des fonds, entra
dans l’assemblée, et dit ces mots: «Messieurs, il y aura guerre au
printemps prochain, et je demande qu’on enregistre cette prédiction.»
Il cite le comte d’Avaux.
Il dit que ce ministre pénétrait toutes les mesures du prince d’Orange.
Il est difficile d’entasser plus mal plus de faussetés. Les neuf mille
matelots étaient prêts dès l’an 1687. Le comte d’Avaux ne dit pas un
mot du prétendu discours du prince d’Orange. Il ne soupçonna le dessein
de ce prince que le 20 mai 1688. Voyez sa lettre au roi, du 20 mai.
[499] On peut consulter sur ces détails les _Mémoires du chevalier
Dalrymple_ déjà cités. Nous n’en rapporterons ici qu’une anecdote.
Jacques, qui, sous le règne de son frère, l’avait empêché de faire
grace au lord Russel, appela auprès de lui le vieux comte de Bedford,
père de Russel, et le conjura d’employer en sa faveur son crédit sur
les pairs. «Sire, j’avais un fils, répondit le comte, il aurait pu vous
servir.» K.
[500] Voyez les _Lettres de madame de Sévigné_, et les _Mémoires de
madame de La Fayette_, etc.
[501] On attribue le même propos à Charles II. «Mon frère, disait-il,
perdra trois royaumes pour une messe, et le paradis pour une fille.» On
fit cette chanson, attribuée à Fontenelle:
Quand je veux rimer à Guillaume,
Je trouve aisément un royaume
Qu’il a su mettre sous ses lois;
Mais quand je veux rimer à Jacques,
J’ai beau rêver, mordre mes doigts,
Je trouve qu’il a fait ses pâques. K.
[502] Sur les écrouelles, voyez tome XVI, page 41; tome XXVIII, page
528; et, dans la _Correspondance_, la lettre de Frédéric II, du 27
juillet 1775. B.
[503] Le _Mercure_ de 1753, juin, premier volume, contient, page 140,
une _Lettre à M. de Voltaire, sur son Histoire de Louis XIV, par M***_.
L’auteur de cette _Lettre_, qui, dans la guerre d’Irlande, combattit
contre Guillaume, après quelques détails sur différents combats,
demande à Voltaire comment il a «pu dire que les Irlandais s’étaient
toujours mal battus chez eux.» B.
[504] On lisait dans les premières éditions, «la supériorité que les
blancs ont sur les nègres.» M. de Voltaire effaça cette expression
injurieuse. L’état presque sauvage où était l’Irlande lorsqu’elle fut
conquise, la superstition, l’oppression exercée par les Anglais, le
fanatisme religieux qui divise les Irlandais en deux nations ennemies;
telles sont les causes qui ont retenu ce peuple dans l’abaissement
et dans la faiblesse. Les haines religieuses se sont assoupies, et
il a repris sa liberté. Les Irlandais ne le cèdent plus aux Anglais,
ni en industrie, ni en lumières, ni en courage. K.--L’édition de
Berlin, 1751, deux volumes petit in-12, est la seule dans laquelle on
lise: «Les Anglais ont toujours eu sur les Irlandais cette espèce de
supériorité que les hommes blancs ont sur les nègres.» Les éditions de
1752 ont le texte actuel. B.
[505] Les nouveaux _Mémoires de Berwick_ disent le contraire; mais
plusieurs historiens, et entre autres le chevalier Dalrymple, sont
d’accord avec M. de Voltaire. Schomberg, qui avait quitté le service
de France à cause de sa religion, combattit les troupes françaises
à la tête des réfugiés français. Blessé mortellement, il criait aux
troupes qui passaient devant lui: «A la gloire, mes amis! à la gloire!»
Ces troupes ayant été mises en désordre, Callemotte, qui remplaçait
Schomberg, les rallia, et leur montrant les régiments français:
«Messieurs, voilà vos persécuteurs.» Ainsi les dragonnades furent une
des principales causes de la perte de la bataille de la Boyne, et de
l’oppression des catholiques dans les trois royaumes. K.
[506] On nie ce fait dans les _Mémoires de Berwick_, et Dalrymple n’en
parle point. On peut voir, dans ce dernier historien, les détails de
la conduite de Guillaume, qui fut politique et dur, beaucoup plus que
généreux. K.
[507] La bataille de La Hogue est du 29 mai. B.
[508] Tourville avait ordre de combattre, et ce fut lui qui attaqua
la flotte anglaise. Seignelai lui avait reproché de n’avoir pas osé,
l’année précédente, aller brûler les vaisseaux anglais dans leurs
ports, après la défaite de leur flotte. Tourville parut regarder ce
reproche comme un soupçon sur sa bravoure. «Vous ne m’avez pas entendu,
répliqua le ministre; il y a des hommes qui sont braves de cœur et
poltrons de tête.»
Russel, qui commandait la flotte anglaise, avait une correspondance
secrète avec Jacques. Lui, Marlborough, plusieurs chefs du parti
populaire, avaient formé le projet de rétablir Jacques, en lui imposant
des conditions encore plus dures que celles qu’ils avaient forcé le
prince d’Orange d’accepter. Russel avait écrit à Jacques de remettre
la descente à l’hiver, et surtout d’éviter que la flotte française
n’attaquât la sienne; qu’il le connaissait incapable de sacrifier à
aucun intérêt l’honneur du pavillon britannique. Jacques avait encore
d’autres intelligences dans la flotte.
On a prétendu que Russel, voyant qu’on le forçait à combattre,
déconcerta ces intelligences en changeant les capitaines suspects la
veille de l’action. Dalrymple rapporte, au contraire, qu’on en donna le
conseil au prince d’Orange, mais qu’il prit le parti de faire écrire
par la reine à Russel qu’on avait cherché à lui donner des soupçons
sur la fidélité de plusieurs officiers, et proposé de les changer,
mais qu’elle ne ferait aucun changement, regardant ces imputations
comme l’ouvrage de ses ennemis et des leurs. Russel lut publiquement la
lettre, et tous jurèrent de mourir pour leur reine et pour leur patrie.
On a dit que Jacques, placé sur le rivage, voyant combattre les mêmes
vaisseaux avec lesquels il avait gagné des batailles, ne pouvait
s’empêcher de s’intéresser à eux contre lui-même. Cependant il avait
demandé à combattre sur la flotte française. K.
[509] On a nié ce fait dans les _Mémoires de Berwick_. Nous observerons
que M. de Voltaire a été lié intimement avec les personnes qui
connaissaient le mieux les petits détails de la cour de Saint-Germain.
K.
[510] En 1701, ainsi qu’on le lit page 13. B.
[511] On a poussé le ridicule jusqu’à dire que ses reliques avaient
guéri un évêque d’Autun de la fistule.
[512] Voyez, tome XXI, les chapitres XXIV et
XXV du _Précis du Siècle de Louis XV_. B.
[513] Le 29 octobre. B.
[514] _Mémoires du maréchal de Luxembourg._
[515] Voyez les _Anecdotes_ à l’article de la _Chambre ardente_, chap.
XXVI. Il est aujourd’hui généralement regardé par les
militaires comme le premier homme de guerre qui ait connu l’art de
faire manœuvrer et combattre de grandes armées.
[516] On voit, par les _Lettres de madame de Maintenon_, qu’elle
n’aimait pas le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui; elle
appelle sa modestie _orgueil_. Il paraît que le peu de connaissance
qu’avait cette dame des affaires et des hommes, et les mauvais choix
qu’elle fit, contribuèrent depuis aux malheurs de la France.
[517] Plus d’un siècle après, une autre victoire a été remportée par
les Français, le 26 juin 1794, sous le commandement du général Jourdan.
B.
[518] Né le 2 août 1674, le duc de Chartres avait, le jour de la
bataille, dix-huit ans révolus. B.
[519] Racine, dans sa lettre à Boileau, du 6 août 1693, rapporte ces
paroles un peu différemment, et les met dans la bouche du comte de
Solms. B.
[520] Voyez, tome XX, une note de Voltaire sur le chap. xxvii. B.
[521] Voyez tome XXXIX, page 19-20. B.
[522] Voyez chapitre xiv, page 445. B.
[523] Voyez l’_Ode_ de Boileau, et le _Fragment historique_ de
Racine. L’expérience, dit Racine, avait fait connaître au prince
d’Orange combien il était inutile de s’opposer à un dessein que le roi
conduisait lui-même.
[524] Voyez chapitre XVIII, année 1703. B.
[525] Ces _Mémoires de Torci_ ont été imprimés depuis, et confirment
combien l’auteur du _Siècle de Louis XIV_ était instruit de tout ce
qu’il avance.--Les _Mémoires de Torci_ ont été, comme on l’a vu, page
83, publiés en 1756. La note de Voltaire est de 1761; son texte est de
1752. B.
[526] _Paix précipitée par le seul motif de soulager le royaume.
Mémoires de Torci_, tome Iᵉʳ, page 50, première édition.
[527] Giannone, si célèbre par son utile _Histoire de Naples_, dit
que ces tribunaux étaient établis à Tournai. Il se trompe souvent
sur toutes les affaires qui ne sont pas celles de son pays. Il dit,
par exemple, qu’à Nimègue, Louis XIV fit la paix avec la Suède. Au
contraire, la Suède était son alliée.
[528] François 1ᵉʳ, époux de Marie-Thérèse: voyez, tome XXI, le chap.
XVII du _Précis du Siècle de Louis XV_. B.
[529] Il avait dix-huit ans, comme Voltaire le dit tome XXIV, page 64,
dans son _Histoire de Charles XII_. B.
[530] Voltaire l’appelle _Maximilien-Marie_, tome XXIII, pages 28-29;
et _Marie-Emmanuel_, tome XXIII, page 644. L’_Art de vérifier les
dates_ dit _Maximilien-Emmanuel_. B.
[531] Voyez les _Mémoires de Torci_, tome Iᵉʳ, page 52.
[532] L’auteur du _Siècle de Louis XIV_ avait écrit la plupart de ces
particularités, alors aussi nouvelles qu’intéressantes, long-temps
avant que les _Mémoires_ du marquis de Torci parussent; et ces
_Mémoires_ ont enfin confirmé tous les faits rapportés dans cette
histoire.--Voyez ma note, page 504. B.
[533] Joseph-Ferdinand Léopold, destiné à la couronne d’Espagne, était
né le 27 octobre 1692. B.
[534] Les bruits odieux répandus sur la mort du prince électoral de
Bavière ne sont plus répétés aujourd’hui que par de vils écrivains
sans aveu, sans pudeur, et sans connaissance du monde, qui travaillent
pour des libraires, et qui se donnent pour des politiques. On trouve
dans les prétendus _Mémoires de madame de Maintenon_, tome V, page 6,
ces paroles: «La cour de Vienne, de tout temps infectée des maximes de
Machiavel, et soupçonnée de réparer par ses empoisonneurs les fautes
de ses ministres.» Il semble, par cette phrase, que la cour de Vienne
eût de tout temps des empoisonneurs en titre d’office, comme on a des
huissiers et des drabans. C’est un devoir de relever des expressions si
indécentes, et de combattre des idées si calomnieuses.
[535] Voltaire dit _Pernits_, dans le chap. XXVI.
Saint-Simon écrit _Berlips_; voyez pages 278, 445 du tome II de
l’édition de ses _Mémoires_ en vingt volumes in-8º. B.
[536] Reboulet suppose que cet ambassadeur fut reçu d’abord
magnifiquement. Il fait un grand éloge de sa livrée, de son beau
carrosse doré, et de l’accueil tout-à-fait gracieux de sa majesté. Mais
le marquis, dans ses dépêches, avoue qu’on ne lui fit nulle civilité,
et qu’il ne vit le roi qu’un moment dans une chambre très sombre,
éclairée de deux bougies, de peur qu’il ne s’aperçût que ce prince
était moribond. Enfin, les _Mémoires_ de Torci démontrent qu’il n’y a
pas un mot de vrai dans tout ce que Reboulet, Limiers, et les autres
historiens, ont dit de cette grande affaire.
[537] Il y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne. Les
chefs de ce parti imaginèrent de faire accroire au roi qu’il était
ensorcelé, et l’on envoya consulter, en conséquence, le plus habile
sorcier qu’il y eût alors dans toute l’Espagne. Le sorcier répondit
comme on le desirait, mais il eut la maladresse de compromettre dans sa
réponse des personnes très considérables; ce qui fournit à la reine,
contre qui cette intrigue était dirigée, et qui n’osait s’en plaindre,
un prétexte pour perdre le sorcier et ses protecteurs. (_Mémoires de
Saint-Philippe_). K.
[538] Quelques mémoires disent que le cardinal Portocarrero arracha du
roi mourant la signature de ce testament; ils lui font tenir un long
discours pour y disposer ce monarque: mais on voit que tout était déjà
préparé et réglé dès le mois de juillet. Qui pourrait d’ailleurs savoir
ce que dit le cardinal Portocarrero au roi tête à tête?
[539] Voyez, dans le volume suivant, le chapitre (XXVII)
des _Anecdotes_.
[540] Voyez les _Mémoires_ de Torci, tome Iᵉʳ, page 12.
[541] A ne considérer que la justice, cette question était délicate.
Le traité de partage liait Louis XIV; mais il n’avait aucun droit de
priver son petit-fils d’une succession qui était indépendante de son
autorité. Il avait encore moins celui de donner à l’Espagne un autre
maître que celui qui était appelé au trône par la règle ordinaire des
successions, par le testament de Charles II et le consentement des
peuples. Le traité fait avec l’Angleterre paraît donc injuste; et
ce n’est pas de l’avoir violé, mais de l’avoir proposé, qu’on peut
faire un reproche à Louis XIV. Devait-il regarder comme absolument
nul cet engagement injuste, ou devait-il, en laissant la liberté à
son petit-fils d’accepter ou de refuser, se croire obligé à ne lui
point donner de secours contre les puissances avec lesquelles il avait
pris des engagements? La guerre qu’elles feraient au nouveau roi
d’Espagne n’était-elle point évidemment injuste? Et l’engagement de ne
pas défendre son petit-fils, injustement attaqué, aurait-il pu être
légitime? K.
[542] Malgré le mépris où sont en France les prétendus _Mémoires de
madame de Maintenon_, en est pourtant obligé d’avertir les étrangers
que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament est faux. L’auteur
prétend que lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint apporter à Louis XIV
les dernières volontés de Charles II, le roi lui répondit: _Je verrai_.
Certainement le roi ne fit point une réponse si étrange, puisque, de
l’aveu du marquis de Torci, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de
Louis XIV qu’après le conseil dans lequel le testament fut accepté.
Le ministre qu’on avait alors en Espagne s’appelait _Blécour_, et non
pas _Belcour_. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel dos Rios, dans
les _Mémoires de Maintenon_, n’a jamais été dit que dans ce roman.
[543] Guillaume III, né, suivant les uns, le 14 octobre 1650, suivant
les autres, le 13 novembre, est mort le 16 mars 1702, avant d’avoir
atteint sa cinquante-deuxième année. Il était dans la cinquante et
unième au commencement de 1701. B.
[544] Du moins c’est ce que rapportent les _Mémoires_ manuscrits _du
marquis de Dangeau_. Ils sont quelquefois infidèles.
[545] Cet alinéa fut ajouté dans l’édition de 1752. Des changements et
additions furent aussi faits à ce qui précède et à ce qui suit. B.
[546] Il paraît, d’après les notes des _Mémoires de Berwick_, que Louis
XIV avait pris sa résolution avant la mort de Jacques, et qu’ainsi le
conseil, dont en a parlé ici, fut tenu avant la troisième visite de
Louis XIV à ce prince, celle où il déclara au malheureux Jacques qu’il
reconnaîtrait son fils pour roi d’Angleterre. K.
[547] Entre autres, milord Bolingbroke, dont les _Mémoires_ ont depuis
justifié ce que l’auteur du _Siècle_ avance. Voyez ses _Lettres_,
tome II, page 56. C’est ainsi que pense encore M. de Torci dans
ses _Mémoires_. Il dit, page 164 du tome Iᵉʳ, première édition:
«La résolution que prit le roi, de reconnaître le prince de Galles
en qualité de roi d’Angleterre, changea les dispositions qu’une
grande partie de la nation témoignait à conserver la paix, etc.» Le
lord Bolingbroke avoue, dans ses _Lettres_, que Louis XIV reconnut
le prétendant _par des importunités de femmes_. On voit, par ces
témoignages, avec quelle exactitude l’auteur du _Siècle de Louis XIV_ a
cherché la vérité, et avec quelle candeur il l’a dite.
[548] Voyez page 476. B.
[549] Voyez, ci-devant, la note de la page 460.
On a fait dire à Guillaume: «Le roi de France ne devrait point me haïr;
je l’imite en beaucoup de choses, je le crains en plusieurs, et je
l’admire en tout.» On cite sur cela les _Mémoires de M. de Dangeau_. Je
ne me souviens point d’y avoir vu ces paroles: elles ne sont ni dans le
caractère ni dans le style du roi Guillaume. Elles ne se trouvent dans
aucun mémoire anglais concernant ce prince, et il n’est pas possible
qu’il ait dit qu’il imitait Louis XIV, lui dont les mœurs, les goûts,
la conduite dans la guerre et dans la paix, furent en tout l’opposé de
ce monarque.