Quelquefois aussi je composais en silence des psaumes enfantins, à
l'imitation de ceux de David que j'entendais sans cesse murmurer par
le père Varlet récitant son bréviaire. J'en ai conservé quelques
strophes incomplètes que j'avais données à mes soeurs en revenant à la
maison aux vacances, et que j'ai retrouvées, il n'y a pas longtemps,
en feuilletant les modèles d'écriture et de dessin livrés aux rats
dans un cabinet noir de notre maison paternelle. Les voici: on y verra
la pente et la première goutte de ce ruisseau de poésie qui devint
plus tard des _Harmonies_. L'enfant est le germe d'un homme.