Le reste du poëme de _l'Enfer_ ne contient pas d'autres beautés de
composition de ce genre; mais il éclate toujours en beautés et en
horreurs alternatives de style.
Ici ce sont des damnés dans l'enfer du froid, dont les larmes se
glacent en coulant des yeux; là des âmes déjà torturées dans l'enfer
pendant que les corps de ceux qui portent leur apparence et leurs noms
sur la terre continuent à y vivre; ailleurs le roi des démons broyant
trois damnés à la fois dans ses mâchoires: ces trois damnés sont
_Judas_, _Brutus_ et _Cassius_. La partialité de Dante pour le césar
d'Allemagne explique le supplice des meurtriers du césar romain. Puis
Virgile et Dante remontent de l'abîme, en se servant, en guise
d'échelle, _des poils du corps de Lucifer_, précipité du ciel la tête
en bas!
«Nous montâmes ainsi, moi le premier, lui le second, jusqu'à une
ouverture ronde par où nous aperçûmes les belles choses qu'enveloppe
le ciel!»
Ainsi finit, par une grotesque ascension plus digne de _Gulliver_ que
de Virgile, le poëme de _l'Enfer_ du Dante; poëme dont les conceptions
sont au-dessous des _Mille et une Nuits_ arabes, mais dont le style
(aux cynismes près) est la plus robuste nudité de poésie qui ait
jamais manifesté la force des muscles intellectuels sur les membres
d'un Hercule de la pensée!
Passons aux deux autres poèmes de _la Divine Comédie_.