M. Béjambes. En rang, dans les allées du parc. Jamais je
n'ai vu les élèves aller jouer dans le parc. Il y avait des
cours qui donnaient sur le parc, mais il était bien
interdit aux élèves de dépasser la limite de la cour[52].
[Note 52: _Enquête_, t. II, p. 416. MM. Marc Sauzet, Béjambes
et Ribot.]
M. le Président (s'adressant à M. Plançon, proviseur du
lycée Michelet). Vous n'avez pas osé prendre la
responsabilité de leur laisser une certaine indépendance?
M. Plançon. Non, d'abord pour des raisons de moralité, puis
parce que nous avons la garde du parc; il faut y éviter
quelquefois des petites déprédations, et nous ne pouvons
naturellement pas ne pas veiller à ce que le parc soit
toujours en bon état; nous y avons intérêt, parce que
d'abord c'est une propriété de l'État que nous avons le
droit de maintenir intacte et propre, et ensuite pour les
familles. Nous ne pouvons pas les laisser errer seuls dans
le parc.
M. le Président. On n'a jamais essayé de leur laisser un
peu plus de liberté dans le parc?
M. Plançon. Je ne crois pas que mes prédécesseurs l'aient
essayé[53].
[Note 53: _Enquête_, t. I, pp. 582 et 583.]
Quelque peu interloqué et supposant peut-être qu'il se trouvait
en présence de cas exceptionnels, le Président s'est tourné
vers M. Staub, proviseur du lycée Lakanal, et alors s'est
engagé le dialogue suivant, digne, comme le précédent, d'être
livré à la méditation des écrivains de l'avenir qui rédigeront
l'invraisemblable histoire de l'éducation du peuple français à
la fin du =XIX=e siècle.