Gal Boulanger

Écrivez-moi toujours à la même adresse.--

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Après la levée du corps à la maison mortuaire, le cortège s'est rendu à

l'église Saint-Jacques-sur-Caudenberg, en traversant le boulevard du

Régent, la place du Trône, la place des Palais, la place Royale, tout

remplis de trophées, de mâts et de drapeaux.

Derrière le corbillard marchait le général, en habit, la plaque de

grand-officier de la Légion d'honneur sur la poitrine, très droit, le

front levé, mais le visage affreusement pâle et parfois convulsé par des

contractions. Cinq députés boulangistes le suivaient: Castelin,

Déroulède, Dumonteil, Millevoye, de Susini, et avec eux quelques fidèles

du parti comme Théodore Cahu, quelques amis personnels, enfin quelques

dames en grand deuil, parmi lesquelles Mme Séverine. Sur tout le

parcours du cortège, le peuple, en habits de dimanche, s'écrasait.

Place Royale, devant la façade de l'église, et jusqu'au haut des

marches, sous les colonnes du péristyle, il s'est produit une indigne

bousculade, à l'entrée comme à la sortie.

L'absoute donnée, on est monté dans les voitures de deuil qui se sont

rendues, au pas d'abord, puis au grand trot, à travers les faubourgs du

Sud-Est, au cimetière d'Ixelles.

Au moment où le corps a été enfermé dans le caveau, le général n'a plus

été maître de sa douleur. Il a été pris d'une défaillance. On a dû le

soutenir.

Ce n'est encore qu'un caveau provisoire où le cercueil a été déposé, en

attendant que le général lui fasse ériger une tombe définitive.

Cette dernière information m'a diminué un peu l'angoisse qui me broie le

cœur, car elle me donne la certitude qu'il ne se détruira pas avant que

la tombe ne soit achevée.

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Le Journal de la Belle Meunière Le Général Boulanger et son amie; souvenirs vécus · 第 130 / 146 题