La lettre qu'Elle m'a annoncée pour aujourd'hui n'est pas arrivée. Mais
comme, d'autre part, il n'est venu aucune dépêche, aucun contre-ordre
jusqu'à ce moment, je veux croire qu'ils sont en route. Je serai donc à
la gare de Clermont demain matin. Le cocher--celui-là même qui nous a si
bien servis pendant leur dernier séjour du mois de juin,--doit venir me
prendre à quatre heures et demie.
Aujourd'hui, le tapissier a terminé son œuvre. L'appartement est
maintenant méconnaissable. Les tentures pailletées d'or qui garnissaient
leur chambre ont émigré à la salle à manger, et un papier à fleurs les a
remplacées. Des rideaux du même dessin encadrent les fenêtres, les
portes, le ciel de lit. Un lit et une armoire en pitchpin ont pris la
place des anciens meubles en noyer. La chambre entière est devenue plus
coquette et plus gaie.
J'étais déjà remontée pour me coucher. Mais le cœur ne m'en dit pas.
J'aime mieux veiller dans leur chambre, en activant la flamme qui
pétille dans la cheminée, et en songeant aux chers amoureux que la
locomotive m'amène à travers la nuit...