On ne fait que parler de l'arrivée du général Boulanger, forcé hier
soir, à Paris, de s'échapper sur une locomotive pour quitter la gare de
Lyon, qu'avait envahie une foule immense, et pour n'être pas emporté,
étouffé par le peuple qui l'idolâtre.
Tout le monde est bien fier ici de l'avoir maintenant à Clermont,
commandant du 13e corps d'armée. Il va nous rester trois ans et, qui
sait, c'est peut-être de Clermont que lui, le brave général Revanche,
partira pour la guerre, pour la victoire, pour la reprise des provinces
perdues.
C'est demain qu'il doit faire son entrée en ville, à la tête des
troupes, et qu'il doit aller au quartier général prendre possession de
son commandement.
Demain, il va y avoir un monde fou. Toutes les personnes à qui j'ai
causé n'ont qu'un désir, un souhait, un seul but de promenade pour
demain: aller voir et acclamer le général Boulanger!
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