--Vas-tu me raconter des histoires maintenant? dit le petit Hjalmar.
--Nous n'avons pas le temps ce soir, dit Ole en ouvrant au-dessus du
petit son plus beau parapluie. Regarde ces Chinois!
Et tout le parapluie ressemblait à une grande coupe chinoise ornée
d'arbres bleus et de ponts arqués sur lesquels des petits Chinois
hochaient la tête.
--Il faut que le monde entier soit astiqué pour demain, dit encore Ole,
car c'est dimanche. Mon plus grand travail sera de descendre toutes les
étoiles pour les astiquer aussi. Je les prends toutes dans mon tablier
mais il faut d'abord les numéroter et mettre le même chiffre dans les
trous où elles sont fixées là-haut afin de les remettre à leur bonne
place.
--Non, écoutez Monsieur Ferme-l'oeil, vous exagérez, s'écria un portrait
accroché sur le mur contre lequel dormait le petit garçon. Je suis
l'arrière grand-père de Hjalmar. Merci de lui raconter des histoires,
mais vous ne devriez pas lui fausser ses notions. On ne peut pas
décrocher les étoiles et les polir.
--Merci à toi, vieil arrière-grand-père, mais moi je suis encore plus
ancien que toi, je suis un vieux païen, les Romains et les Grecs
m'appelaient le dieu des Rêves. J'ai toujours fréquenté les plus nobles
maisons et j'y vais encore; je sais parler aux petits et aux grands!
Tu n'as qu'à raconter à ton idée maintenant.
Ole Ferme-l'oeil partit là-dessus en emportant son parapluie.