M. DE BRISSAC.--Dites que Sa Majesté n'est pas ici.

LE PAGE.--Eh! où dirai-je qu'elle est, si ce Prince le veut savoir

absolument?

M. DE DURAS.--Vous répondrez, Monsieur, que le Roi est monté à cheval,

mais que vous ne savez de quel côté Sa Majesté est allée.

LE PAGE.--Cela suffit.

L'AUTRE PAGE DE LA CHAMBRE, _riant, à M. de Duras_.--Monsieur, parce que

le Roi ne veut voir personne aujourd'huy, voici encore M. de Noyon, qui

vient rendre visite à Sa Majesté.

M. DE BRISSAC, _s'éclatant de rire_.--C'est toujours de pis en pis;

faites à tous ceux qui viendront le même compliment.

_ENTRETIEN XIX._

_Monsieur le_ DUC D'ORLÉANS[127]; _Monsieur_ L'EVÊQUE DE

NOYON[128] _et les deux_ PAGES DE LA CHAMBRE.

M. LE DUC D'ORLÉANS.--Messieurs, le Roi est-il en haut; peut-on lui

parler?

UN DES PAGES.--Non, Monsieur, Votre Altesse saura que Sa Majesté est

montée à cheval, mais nous ne savons où Elle est allée.

M. DE NOYON, _arrivant, dit tout haut, à l'autre Page_.--Monsieur,

peut-on voir le Roi?

L'AUTRE PAGE.--Non, Monseigneur, il est sorti à cheval.

M. LE DUC D'ORLÉANS, _à M. de Noyon_.--Il me paroît que nous ne sommes

pas plus heureux l'un que l'autre.

M. DE NOYON.--Hélas! tout de même; il faut que Votre Altesse Royale se

console aussi bien que moi; la fortune nous favorisera une autre fois

davantage.

Histoire amoureuse des Gaules; suivie des Romans historico-satiriques du XVIIe siècle, Tome IV · 第 39 / 67 题