[3] Voy. la Préface.
[4] Voy. _passim_ et à la table.
[5] Voy. la Préface, en tête de ce vol.
[6] Voy. t. II, pp. 74, 400, et à la table.--On connaît la
fanatique adoration du duc de La Feuillade pour Louis XIV; quant à
ses complaisances en fait d'amour, le Roi, qui avoit peu de
sympathie pour lui, ne lui auroit pas fait l'honneur de les lui
demander ou de les accepter.
[7] Jusqu'à la folie.
[8] Nous sommes en 1672, époque des dernières couches de la Reine,
et jusque-là, en effet, les armes de Louis XIV n'avaient pas
encore connu les revers qui devaient attrister la fin du
règne.--Voy. plus loin, p. 31, note 16.
[9] _D'abord_, immédiatement.
[10] Rendez-vous.
[11] Richelet traduit: «_Blanchir_, faire des efforts
inutiles.»--Furetière dit: «_Blanchir_ se dit des coups de canon
qui ne font qu'effleurer une muraille, et y laissent une marque
blanche. En ce sens on dit au figuré de ceux... dont tous les
efforts sont inutiles que tout ce qu'ils ont fait, tout ce qu'ils
ont dit n'a fait que blanchir.»
[12] Des cabinets de verdure.
[13] Le texte dit: _sujet_.--_Succès_, issue, résultat.
[14] Voici ce qui se passait au lever du Roi; nous traçons ce
tableau en nous guidant sur l'_Etat de la France_ auquel nous
avons emprunté tous les noms du _quartier_, du trimestre de
janvier:--Le Roi s'éveille. Aussitôt M. de Chamarande, chevalier
de Saint-Michel, qui, en sa qualité de valet de chambre, était
couché sur un lit étendu à terre au pied de celui du Roi,
s'approche de Sa Majesté pour lui présenter sa robe de chambre et
lui donner de l'eau si elle en demande. Le Roi voulant s'habiller,
un garçon de la chambre va avertir à la garde-robe pour faire
apporter les habits dans la toilette.--Le Roy s'assied alors sur
son fauteuil; le s{r} Roze, premier valet de garde-robe, qui a
pris les chaussons dans le coffret, en donne un au premier valet
de chambre qui prend la droite et le laisse à gauche pour habiller
Sa Majesté. Un simple valet de garde-robe, le s{r} de Lissalde,
leur présente alors le bas de soie qu'il a pris soin d'attacher au
caleçon. Alors chacun d'eux aide de son côté à chausser et vêtir
le Roi, s'il n'aime mieux le faire lui-même, ce qui arrive le plus
souvent. Ensuite six des pages de la chambre attachés au service
du gentilhomme de la chambre qui est en fonctions, non plus ce
trimestre mais cette année, le duc de Saint-Aignan, ont le
privilége de présenter les mules à Sa Majesté. Cela fait, le Roi
prend son haut-de-chausses des mains d'un valet de garde-robe qui
lui apporte premièrement des canons ou des petits bas s'il désire
en porter: le canon est cet ornement de dentelle qui s'attache
au-dessous du genou, au bas du haut-de-chausses; les petits bas ou
bas à étrier sont des bas qui ne couvrent que la jambe, et
s'arrêtent à la cheville. Le Roi met-il des souliers? le valet les
lui noue; des bottes? le valet les lui présente ou les lui met;
mais l'honneur de donner les éperons est réservé à M. Nicolas Le
Febvre, sieur de Bournonville, écuyer de service.
Voilà le Roi chaussé. Un valet de garde-robe tient la chemise du
Roi et la présente d'abord à un prince du sang; en cas d'absence,
au duc de Bouillon, grand chambellan, au duc de Saint-Aignan, l'un
des quatre premiers gentilshommes, ou enfin à M. le marquis de
Guitry de Chaumont, l'un des deux maîtres de la garde-robe. Le Roi
ôte alors sa chemise de nuit et met celle qu'on lui donne. Les
huissiers, qui sont entrés dans la chambre royale dès que Sa
Majesté a eu pris sa robe de chambre, et qui se tiennent à la
porte pour l'ouvrir ou la fermer, ce que nul autre ne peut faire,
demandent alors au grand chambellan ou à celui des quatre premiers
gentilshommes de la chambre qui est de service, quelles sont,
parmi les personnes de condition présentes, celles qu'il peut
faire entrer. Après cette première admission de gentilshommes
favorisés, le maître de la garde-robe met au Roi son pourpoint,
lui présente ses mouchoirs, ses gants, et enfin son manteau et son
épée, s'il les veut prendre; s'il veut sortir sans épée
ni manteau, l'épée est remise à l'écuyer, le manteau au
porte-manteau; enfin s'il ne veut ni son épée ni son manteau, on
les laisse à la garde-robe. C'est quand le Roi est habillé que
l'huissier, le sieur de Rassé, par exemple, laisse entrer toute la
noblesse à son choix, et selon le discernement qu'il fait des
personnes plus ou moins qualifiées.
[15] Voy. le roman de Mme de La Fayette.
[16] Ce passage détermine la date de cette histoire.--Louis-François,
duc d'Anjou, né le 14 juin 1672, mourut le 4 novembre suivant.
Mais si nous connaissons la date de ce petit roman, l'auteur en
plaçant son récit à Fontainebleau nous permet de douter de sa
véracité. En effet, pendant presque tout l'été de 1672, Louis XIV
tint la campagne sur le Rhin; il assista au fameux passage du
fleuve, dans les premiers jours de juillet; il quitta le camp de
Boxtel le 26 juillet et rentra à Paris le 2, à Versailles le
3 août.
Pendant son voyage, dont la _Gazette de France_ a noté toutes les
étapes, la Reine accoucha du jeune prince dont il est ici
question; on écrivait de Saint-Germain-en-Laye le 17 juillet à la
Gazette: ... «Le 13, la Reyne au sortir de ses dévotions en
l'église des Récollets, commença de sentir quelques douleurs qui
l'empeschèrent d'assister au Conseil; et, sur les dix heures du
soir, ces douleurs l'ayant reprise, Sa Majesté se délivra
heureusement, environ un quart d'heure après minuit, d'un
très-beau prince, qui remplit ce lieu d'une joie extraordinaire.»
Le sieur de Villaserre (_sic_, c'est-à-dire Colbert de Villacerf)
fut chargé de porter la nouvelle au Roi, «de la part de la Reyne,
qui n'en pouvoit envoyer une meilleure à Sa Majesté, en échange de
celles qu'Elle luy mande tous les jours du champ de ses
victoires.»
La cour passa à Versailles le reste de l'été au milieu des fêtes.
On lit dans la _Gazette_: «de Versailles, le 23 septembre:--La
Cour continue de prendre ici les divertissemens de la saison,
entre lesquels celui de la comédie a ses jours.--Le 17, la troupe
du Roy y en représenta une des plus agréables, intitulée les
_Femmes sçavantes_, et qui fut admirée d'un chacun. Le 20, les
Italiens y jouèrent l'une de leurs pièces les plus comiques. Le
21, la seule troupe royale continua ses représentations avec
beaucoup d'applaudissement. Et l'on peut juger par là s'il y a
quelque cour en toute l'Europe qui soit divertie de cette manière
qui ne peut, aussi, convenir qu'à la grandeur de notre monarque,
qui paroît en toutes choses.»
L'année suivante, le Roi reprit la campagne sur le Rhin et la cour
ne séjourna pas à Fontainebleau. Nous devions entrer dans ce long
détail pour montrer combien le récit de l'auteur peut paraître
suspect, puisque l'une des principales circonstances en est si
évidemment fausse.
[17] La conversation entre la comtesse et son mari, rapportée plus
haut, permet en effet de le ranger parmi les maris commodes. Sous
son enjouement percent quelques regrets.
[18] Terme d'équitation. «Piquer, à l'égard des chevaux, c'est,
dit Furetière, les manier avec les éperons ou le poinçon (sorte
d'aiguillon dont on piquait la croupe des chevaux). Il faut bien
_piquer_ pour aller de Paris à Rome en sept jours.»--On disait, et
l'on dit encore, en faisant usage de ce mot, _piquer des deux_.
[19] Le _Journal de la santé du Roi_ pour les années 1672, 1673,
1674, ne parle que de ses maladies ordinaires d'estomac, de ses
étourdissements et de ses vapeurs: maladies fréquentes et qui
demandoient de grands soins.
[20] Ce n'est pas en 1672, mais en 1676, que Mme de Montespan alla
aux eaux de Bourbon. Le 8 avril, Mme de Sévigné annonce que la
favorite va partir; le 1er mai, qu'elle est partie; le 15 mai,
qu'elle est présentement à Bourbon; le 8 juin, qu'elle est partie
de Moulins le jeudi pour aller, en suivant le cours de l'Allier et
de la Loire, jusqu'à l'abbaye de Fontevrault, où sa soeur étoit
abbesse.--Cet anachronisme, rapproché d'autres erreurs, est de
nature à diminuer la confiance qu'on pourroit avoir en ce petit
roman.
[21] «_Petite oye_, dit Furetière, est ce qu'on retranche d'une oye
pour la faire rôtir, comme les pieds, les bouts d'ailes, le cou, le
foye, le gesier... _Petite oye_ se dit figurément des rubans et
garnitures qui servent d'ornement à un habit, à un chapeau, etc...
La petite oye consiste aux rubans pour garnir l'habit, le chapeau,
le noeud d'épée, les bas, les gands, etc.--_Petite oye_ se dit, en
matière d'amour, des menues faveurs qu'on peut obtenir d'une
maîtresse dont on ne peut avoir la pleine jouissance, comme
baisers, attouchements, etc.»--A la p. 111 du très-curieux roman
intitulé _Araspe et Simandre_ (2 vol. très-petit in-8º, 1672), on
lit: «tel craint de donner dans une étoffe trop chère, qui,
ajustant avec beaucoup de rubans une bien moindre, ne laisse pas de
se trouver agréablement vêtu; c'est ce qu'on appelle la _petite
oye_; c'est ce que nous donnons quelquefois, et ce que (l'auteur
est une femme) nous ne devrions jamais donner.»
[22] Les eaux de Bourbon avoient alors une vogue qu'elles n'ont
pas conservée depuis, bien que leurs effets n'aient pas changé. Le
médecin Delorme y attirait une grande clientèle. Mme de Montespan
y alla, comme nous l'avons vu plus haut, et c'est là que Lauzun,
sorti de prison mais non encore admis à la Cour, alla lui
présenter ses hommages et solliciter sa protection.
[23] On appelle «troc de gentilhomme» celui qui se fait but à but,
_troc_ pour _troc_, sans donner de l'argent de retour. (Furetière.)
[24] Le prince de Marcillac dont il s'agit ici est le même que
nous avons rencontré dans le 1er volume de ce recueil, et qui est
devenu duc de La Rochefoucauld en 1680, à la mort de son père,
François VI, qui lui-même avait porté le nom de Marcillac jusqu'en
1650.
[25] Est-ce dans le _Quiproquo_? Est-ce dans _Richard Minutolo_?
On peut hésiter entre les deux.
[26] Le _Journal de la Santé du Roi_ ne parle pas de cette
malencontreuse verrue; mais bien qu'en 1672 «Sa Majesté ait joui
d'une santé digne d'elle», il avoit eu cependant, à plusieurs
reprises, soit sur la poitrine, soit sur d'autres parties du corps
de nombreuses tumeurs et duretés squirreuses.
[27] La _tempe_. Cette forme s'est conservée dans le patois
normand (voy. le _glossaire_ de Du Bois); le glossaire genevois de
Gaudy l'a également relevée. Furetière, Richelet n'admettent pas
la forme _tempe_, aujourd'hui en usage.--Chapelain a dit, en
parlant d'Agnès Sorel:
Les glaces lui font voir un front grand et modeste
Sur qui vers chaque _temple_, à bouillons séparés,
Tombent les riches flots de ses cheveux dorés.
Le Richelet de 1719 n'admet encore que _temple_; mais le
dictionnaire de Trévoux de 1732 dit: «_tempe_, voyez _temple_.»
[28] «_Happelourde_, faux diamant, ou toute pierre précieuse
contrefaite, ou qui n'est pas arrivée à la perfection», dit
Furetière. Le mot est pris ici dans son sens propre; on connoît
son sens figuré.
[29] On assure que le roi Louis XIV, voulant sauver les
apparences, ne passa jamais une nuit sans aller coucher dans la
chambre de la reine.
[30] Voyez ci-dessus, p. 25, _note_ 14.
[31] C'est la pensée de Pascal, sur le nez de Cléopâtre et le
grain de sable de Cromwell.
[32] Remora. Furetière conteste déjà l'opinion de Pline et de tous
les anciens qui, après lui, attribuaient au remora la force
d'arrêter un vaisseau dans sa course: «mais les modernes tiennent
que c'est une fable.»
[33] La 1re édition de ce petit roman, reproduite par M. Paul
Lacroix, remplace le passage qui suit par un texte tout différent,
que nous reproduisons ci-dessous:
«--Je suis bien aise, répliqua le duc, que Votre Majesté soit en
humeur de railler sur cette aventure, et si vous n'étiez pas mon
roi, je dirois encore une plaisanterie qui m'est venue dans
l'esprit sur le malheur qui vient de vous arriver.
«Le Roi lui permit de dire tout ce qu'il voudroit, ne cherchant
qu'à dissiper son chagrin.--Je ne puis penser à la fatalité de
votre aventure, dit alors le duc, qu'il ne me souvienne de ce que
j'ai ouï dire autrefois d'un certain Martin qui, ayant un âne
noir, voulut faire une gageure qu'on n'y trouveroit pas un seul
poil d'une autre couleur. Aussi étoit-il noir depuis les pieds
jusques à la tête. Cependant il y eut un homme qui se présenta
pour faire cette gageure. Il offrit de payer le prix de l'âne s'il
n'y remarquoit aucun poil qui ne fût noir, et le maître de la bête
s'engagea à la lui livrer s'il trouvoit un seul poil d'une autre
couleur. La chose étant ainsi arrêtée entr'eux, il se trouva que
la bête avoit un poil qui étoit grisâtre, mais si menu qu'il ne
paroissoit que comme un point; ce qui fut cause que son maître la
perdit, et de là est venu ce proverbe: _pour un point, Martin
perdit son âne._ Et vous, Sire, pour quelque chose de semblable,
vous avez perdu la comtesse, qui, sans cela, ne pouvoir pas vous
échapper.
«Le Roi ne fit que rire de cette plaisanterie, et dit
qu'effectivement il ne s'étoit jamais aperçu de cette marque sur
son corps. Cependant, ajouta-t-il, c'est ce qui m'a fait perdre la
bête que je tenois sans cela. Voilà la deuxième fois....., etc.»
[34] Voy. t. I, p. 272, et _passim_, à la table.
[35] Voy. t. I, préface.
[36] Nous dirions prendre le mors aux dents.
[37] A partir de cette réplique du Roi, les deux textes se
confondent.--Voy. p. 88, _note_ 33.
[38] Erreur. Voir ci-dessus, page 31, note 16.
[39] Nous sommes en 1672. Il s'agit évidemment des divertissements
donnés à Versailles par le Roi à toute sa cour à cette époque. La
relation qui en a été publiée répartit ces fêtes en six journées.
[40] Furetière définit un parterre: «la partie d'un jardin
découverte où on entre en sortant de la maison.»
[41] Qui s'ajoutoit à plus de...
[42] Voir sur ces costumes l'intéressant ouvrage de M. Ludovic
Celler: _Les décors, les costumes et la mise en scène au XVIIe
siècle_, 1 vol. in-12. Paris, Liepmannsohn et Dufour, 1869.
[43] Du temps où les loups de velours noir étaient en usage, ils
devaient tomber devant le Roi ou la Reine; à plus forte raison les
masques.
[44] Conspirer étoit alors employé comme verbe actif ou comme
verbe neutre; on disoit également bien: _conspirer la mort de
quelqu'un, conspirer à la fortune de quelqu'un et conspirer
contre quelqu'un_. (Furetière.)
[45] C'est-à-dire comme les arrhes, comme les gages d'une conquête
assurée. Furetière donne _erres_ comme une forme corrompue de
_arres_, mais il n'admet pas le mot _arres_. Richelet (1685) fait
une différence entre _arres_ qui s'emploie au figuré, et _erres_
qui s'emploie dans le sens propre.
[Cul-de-lampe]
AMOURS
DE LOUIS LE GRAND
ET
DE MADEMOISELLE DU TRON.
[Bandeau]