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Le 22 juillet 1897.
Ma chère Lucie,
Quelques lignes seulement en attendant tes chères lettres.
Je souffre trop pour toi, pour nos enfants, pour tous, je sais trop bien
quelles sont tes tortures, pour que je puisse te parler de moi.
Pauvre amie, méritais-tu de supporter aussi un pareil martyre! Mon cœur
se brise, mon cerveau se rompt devant tant de douleurs accumulées sur
tous, si longues, si imméritées.
J’ai fait encore de chaleureux appels pour toi, pour nos enfants. Je
suis sûr que le concours qui te sera donné sera plus ardent, plus actif
que jamais. Dans mes longues nuits de douleur, où ma pensée se reporte
constamment sur toi, sur nos enfants, je joins souvent les mains dans
une prière muette où je mets toute mon âme, pour que ce supplice
effroyable de tant de victimes innocentes ait bientôt un terme.
Quoiqu’il en soit, chère Lucie, je veux te répéter toujours, tant que
j’aurai encore un souffle de vie, courage et courage!
Nos enfants, ton devoir, sont pour toi des soutiens que rien ne doit
ébranler, qu’aucune douleur humaine ne saurait amoindrir.
Et je veux terminer en imprégnant, tant que je le peux, ces quelques
lignes de tout ce que mon cœur renferme pour toi, pour nos chers
enfants, pour tes chers parents, pour tous, te dire encore que nuit et
jour ma pensée, tout mon être s’élance vers eux, vers toi, et que c’est
de cela seul que je vis--te serrer enfin dans mes bras de toute la
puissance de mon affection, t’embrasser ainsi que nos chers enfants,
comme je t’aime.
Ton dévoué,