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Le 2 Août.
(Huit heures du soir.)
Je venais de terminer cette lettre pour qu’elle parte encore demain pour
Cayenne, quand on m’a apporté ton courrier du mois d’avril, tes lettres
du mois de juin, ainsi que celles de toute la famille. Je viens de lire
rapidement tes lettres; j’y répondrai plus longuement par le prochain
courrier.
Je n’ai rien à changer à ce que je viens de t’écrire. Si épouvantable
que soit pour moi la situation morale qui m’est faite, si broyé que soit
mon cœur, je resterai debout jusqu’à mon dernier souffle, car je veux
mon honneur, le tien, celui de nos enfants.
Mes amis, je n’ai jamais douté d’eux. Ils me connaissent. Mais ce qu’il
faut, ce que je veux, c’est la lumière éclatante et telle que personne,
dans notre cher pays, ne puisse douter de mon honneur. C’est tout mon
honneur de soldat que je veux. Cette mission, je te la confie, je vous
la confie. Tu la mèneras à bien, je n’en ai nul doute.
Je t’embrasse, ainsi que nos chers enfants.
Ton dévoué,