Je termine aujourd’hui cette lettre qui t’apportera une parcelle de
moi-même et l’expression de mes pensées profondément réfléchies dans le
silence sépulcral au milieu duquel je vis.
J’ai trop souvent pensé à moi, pas assez à toi, aux enfants. Ton
martyre, celui de nos familles sont aussi grands que le mien. Il faut
donc que nos cœurs s’élèvent au-dessus de tout pour ne voir que le but à
atteindre: notre honneur.
Je resterai debout tant que mes forces me le permettront pour te
soutenir de toute mon ardeur, de toute la grandeur de mon affection.
Courage donc, chère Lucie, et persévérance; nous avons nos petits à
défendre.
Embrasse frères et sœurs pour moi, dis-leur que j’ai reçu les lettres
encore adressées à l’Ile-de-Ré et que je leur écrirai prochainement.
Pour toi, mes meilleurs baisers,