«L'industrie des idées étant la dernière de toutes, il s'ensuit
que, pour écrire, il faut n'avoir rien de mieux à faire. Quiconque
se sent du génie se fait marchand; les incapacités se réfugient
dans le petit métier des lettres. On laisse volontiers aux femmes
le soin de faire des vers et des livres, c'est une frivolité qu'on
abandonne à leur sexe; on leur permet de perdre le temps en
écrivant.
«Vous trouverez dans toutes les villes d'Amérique un assez grand
nombre de femmes savantes. Quelques-unes ont acquis par leurs
ouvrages une réputation méritée [47]; mais la plupart sont froides
et pédantes. Rien n'est moins poétique que ces muses d'outre-mer;
ne les cherchez point dans la profondeur des sauvages solitudes,
parmi les torrents et les cataractes, ou sur le sommet des monts:
non, vous les verrez marchant dans la boue des villes, des socques
aux pieds et des lunettes au visage.