On se sert de gants à la crispin, suivant les conventions. Nous avons,
nous-même, assisté à plusieurs duels où l'on se servait tout
simplement d'un gant ordinaire, un peu fort, ou d'un gant
d'ordonnance. Renseignements pris, cet usage est le plus commun. Même
dans le cas de l'article 9, nous ne croyons pas que le gant crispin
puisse être imposé; c'est une convention purement exceptionnelle.
SUR LES ARTICLES 17, 18 et 19.
En plaçant les témoins dans l'ordre prescrit par l'article 37 du
chapitre IV, ils ont toute facilité pour veiller à l'exécution loyale
des conditions du duel, soit en cas de désarmement, de blessure; soit
même qu'il leur plaise d'arrêter le combat pour quelque motif que ce
puisse être.
_Sur le duel au sabre sans coups de pointe (page 353)._
Le duel au sabre sans pointe, moins d'usage en France qu'à l'étranger,
trouve néanmoins sa place parmi les duels légaux, parce que le duel au
sabre sans pointe est un duel auquel, ordinairement, la moindre
blessure doit mettre fin, un duel peu dangereux, un duel pour se laver
d'une offense et non pour se venger, un duel au premier sang.
C'est donc combattre l'inhumanité du duel que de donner celui-ci comme
légal.
Quelques personnes appréhendent ce duel dans la crainte que l'un des
adversaires, dans l'ardeur du combat, ne soit assez oublieux pour
porter un coup de pointe, et ne soit, par ce fait même, considéré
comme étant dans le cas des articles 40 et 41 du chapitre IV; ce qui
serait en effet s'il transgressait les conditions de ce combat que
nous nous croyons autorisé à maintenir, d'autant plus que notre étude
a pour but de satisfaire à un intérêt général.
Cependant, faisant droit à cette appréhension, si l'un des adversaires
déclarait qu'il ne peut être assez maître de lui pour ne point porter
des coups de pointe, qu'il craint de manquer aux lois du combat et de
l'honneur, les témoins seraient tenus de se servir d'une paire de
sabres sans pointe.
Dans les duels au sabre comme dans les autres, le combattant qui voit
son adversaire désarmé doit, sans attendre la voix des témoins, rompre
en garde et s'arrêter. La courtoisie et la délicatesse lui indiquent
encore de rompre en garde lorsqu'il croit avoir blessé son
adversaire. Les combattants et les témoins dans ces différents cas
doivent suivre les mêmes errements que dans les observations sur les
duels à l'épée.
Quelques amateurs se montrent très peu partisans du duel au sabre,
dont ils allèguent l'infériorité sous le point de vue de l'art de
l'escrime, et ensuite sous le rapport de la répulsion pour les
blessures effroyables qui en sont parfois le résultat.
L'escrime du sabre moins compliquée, disent-ils, donne lieu à une
largeur de mouvements qui laissent une vaste surface à découvert. Le
tireur à l'épée a donc une supériorité positive sur son adversaire.
Cette supériorité, il est vrai, n'est plus la même, lorsque la pointe
est défendue.
C'est précisément le peu de complication de l'escrime au sabre qui
engage à le conseiller à ceux dont l'ignorance est à peu près complète
sur l'usage des armes.
Un poignet vigoureux, bon pied, bon œil, du cœur au ventre surtout,
suffisent à un honnête homme, moyennant quelques séances chez un
maître d'armes expérimenté, pour se trouver en mesure de défendre sa
vie dans une rencontre au sabre.
De nombreux exemples prouvent que l'on y parvient facilement, si l'on
a le sang-froid de garder la défensive, de tenir la pointe au corps et
d'attendre pour riposter à son adversaire que l'impatience le porte à
se découvrir. Dans certaines armées, on préconise le sabre, non
seulement parce que cette arme est plus facile à manier, mais parce
que l'on pense que nul n'est censé ignorer l'usage de l'arme qu'il
emploie devant l'ennemi.
Du reste, chez les militaires comme chez tous, l'offensé qui se trouve
dans le cas de l'article 30 du chapitre Ier a toujours le droit de
choisir l'arme qui lui convient le mieux.