DU DUEL AU SABRE

ART. 1er.--Comme article 1er, duel à l'épée.

ART. 2.--Comme article 2, duel à l'épée.

ART. 3.--Les témoins, après avoir reconnu le terrain le plus égal et

le plus propre au combat, choisissent le plus également possible deux

places à un mètre de distance des pointes des sabres, les deux

adversaires étant fendus.

ART. 4.--Les places sont tirées au sort.

ART. 5.--Les champions sont invités à se dépouiller de leurs habits,

et les témoins constatent qu'ils ne portent sûr eux aucuns corps

étrangers capables de parer un coup de sabre.

Le refus de leur part de se soumettre à cette visite, équivaudrait à

un refus de duel. (_Voir_ chap. IV, art. 34.)

ART. 6.--Le témoin qui dirige le duel invite celui qui l'assiste à

lire aux combattants les conditions établies. Cette lecture terminée,

il leur dit: Messieurs, vous avez entendu la lecture des conditions

adoptées par vos témoins et ratifiées par vous. Promettez-vous de vous

y conformer honorablement? Sur la réponse affirmative des deux

adversaires, il continue ainsi:

Je vous avertis que vous ne devez ni croiser le fer, ni avancer avant

le commandement: _Allez!_ et que l'honneur vous oblige à vous arrêter

immédiatement au commandement: «_Arrêtez!_» (_Voir_ chap. IV, art.

35.)

ART. 7.--Cette formalité accomplie, les deux témoins les plus jeunes

conduisent chacun leur ami à la place qui lui a été désignée par le

sort.

ART. 8.--Les témoins prennent les sabres acceptés antérieurement, et

qu'ils ont apportés sur le terrain. Ils les soumettent à une

contre-visite pour constater définitivement qu'ils sont de même

monture, de même nature, parfaitement égaux, soit également

équilibrés, soit également tranchants et effilés à la pointe, et que

les lames ne sont point ébréchées.

Dans la même paire de sabres, le choix de l'arme se tire au sort.

Les armes sont remises aux champions.

ART. 9.--L'insulté a le privilége de se servir de ses armes, s'il est

dans le cas de l'article 30 du chapitre Ier, à charge à lui d'en

offrir une à son adversaire, qui peut le refuser et dans ce cas se

servir des siennes.

Si les deux combattants sont du même régiment, chacun peut se servir

de son propre sabre, pourvu qu'il soit de même monture et de même

nature, conformément aux prescriptions de l'article 8.

Toujours et dans tous les cas, les armes doivent avoir été remises

préalablement aux témoins, reconnues propres au combat, acceptées et

apportées sur le terrain.

ART. 10.--Le gant crispin peut être permis en vertu d'une convention

réciproque. Nul ne peut prétendre imposer cette convention.

Un gant ordinaire ou un gant d'ordonnance sont toujours permis.

ART. 11.--Chaque combattant a le droit de s'entourer la main d'un

mouchoir roulé ou d'un cordon; les bouts du mouchoir ne doivent pas

pendre.

Dans le cas contraire, les témoins adversaires sont en droit d'exiger

qu'il enlève le mouchoir et ne se serve que d'un simple cordon.

ART. 12.--Après la remise des armes, les témoins, armés chacun d'un

sabre ou d'une forte canne, dont ils tiennent la pointe ou le bout

baissé vers la terre, se divisent et se rangent de chaque côté des

combattants, de manière à ce chaque champion ait auprès de lui un

témoin adversaire.

Ils doivent observer attentivement et se tenir prêts à arrêter s'ils

remarquent la moindre irrégularité dans le combat. (_Voir_ chap. IV,

art. 40.)

ART. 13.--Tout le monde étant à son poste, le témoin désigné donne le

signal: _Allez!_

ART. 14.--Si avant le commandement les sabres se sont rapprochés ou

joints par l'initiative des combattants, les témoins doivent les faire

arrêter, rompre, les réprimander (principalement celui qui s'est

avancé le premier) et faire recommencer le combat suivant les règles.

ART. 15.--Les règles de ce duel permettent de porter des coups d'estoc

et de taille, de se baisser, de se soulever, de sauter à droite et à

gauche, de rompre, avancer, faire, en un mot, toute évolution autour

de son adversaire.

ART. 16.--Dans ce duel, il est expressément défendu de détourner le

fer avec la main gauche, à moins d'une convention expresse à cet

égard. Les témoins feront bien d'éviter d'accéder à une pareille

convention, laquelle peut toujours être refusée par l'agresseur.

ART. 17.--En cas de contravention au précédent article de la part du

champion, les témoins adversaires peuvent exiger que la main du

délinquant soit attachée de manière à ce que cette irrégularité ne

puisse se renouveler.

ART. 18.--C'est une action blâmable, contraire aux règles de ce duel,

de frapper son adversaire s'il est désarmé, s'il a fait une chute,

s'il est à terre, de lui saisir la main ou le corps, de saisir son

arme avec la main.

ART. 19.--Un combattant est regardé comme désarmé lorsque son sabre a

visiblement abandonné la main, s'en est échappé.

ART. 20.--Lorsque l'un des combattants se déclare blessé, ou qu'un

témoin quelconque s'en aperçoit, il doit arrêter immédiatement le

combat.

Le combat ne peut recommencer qu'avec le consentement du blessé.

Ce consentement étant affirmé par les témoins, celui qui dirige le

duel donne le commandement: «_Messieurs, en garde!_» et ensuite le

commandement: «_Allez!_» (_Voir_ chapitre IV, _Devoirs des témoins_.)

ART. 21.--Si, après le combat arrêté, le blessé continuait à se battre

ou se jetait sur son adversaire, tous les témoins doivent l'arrêter de

nouveau, et ses témoins principalement doivent le réprimander.

Si, après le combat arrêté et une blessure déclarée, le champion non

blessé se jetait sur son adversaire, tous les témoins doivent

l'arrêter, dresser procès-verbal, et il est considéré comme ayant

manqué aux règles du duel.

ART. 22.--Si dans les cas précités, remarquant la fatigue des

champions, l'un des témoins lève le sabre ou la canne, ce signe

indique de sa part le désir d'arrêter. Dans ce cas, celui qui dirige

le duel, si le signe ne vient pas de son côté, ou, s'il en est

autrement, tout autre témoin de la partie adverse peut crier:

_Arrêtez!_

Les combattants doivent rompre aussitôt en se tenant en garde, même si

l'un d'eux croit avoir blessé son adversaire, jusqu'à l'avis contraire

des témoins.

ART. 23.--Si l'un des combattants est tué ou blessé contrairement aux

règles du duel ou aux conditions établies, les témoins doivent dresser

procès-verbal et se conformer, _sans délai_, aux prescriptions des

articles 40 et 41 du chapitre IV.

_Du duel au sabre sans pointe._

ART. 1er.--Dans ce duel, on doit, autant que possible se servir du

sabre sans pointe.

ART. 2.--Les armes sont tirées au sort.

ART. 3.--Il est expressément défendu aux adversaires de se porter des

coups de pointe.

Toute contravention à cette disposition essentielle serait un

assassinat, car l'adversaire, ne devant prévoir un tel coup, ne peut

se tenir sur ses gardes et venir à la parade.

ART. 4.--Dans ce duel, les témoins peuvent convenir, par avance, que

le combat finira à la première blessure. Cela dépend de la gravité de

l'affaire et des conventions.

Il est même d'usage de l'arrêter à la première blessure; cela dépend

encore des conventions et du consentement des adversaires sur le

terrain.

ART. 5.--Sauf les dispositions particulières énoncées dans les quatre

articles ci-dessus, toutes les prescriptions contenues dans les

articles du duel précédent sont obligatoires dans le duel au sabre

sans pointe.

Nouveau Code du Duel: Histoire, Législation, Droit Contemporain · 第 122 / 208 题