SUR L'ARTICLE 1er.
Les conventions du duel ayant été établies de manière à éviter toutes
difficultés sur le terrain, il est naturel d'interdire toute
conversation entre les adversaires à ce moment suprême.
D'abord cette conversation est inutile et peut même amener de graves
inconvénients.
Elle est inutile, car les champions, s'accorderaient-ils pour modifier
les conventions, leur décision devrait être soumise à la discussion
des témoins et regardée par eux comme nulle et non avenue.
Elle peut amener de graves inconvénients, celui par exemple d'une
altercation qui serait, indépendamment de ses conséquences pour
envenimer l'affaire, tout au moins, des plus inconvenantes.
Arrivés sur le terrain, les adversaires doivent se saluer
courtoisement, ainsi que leurs témoins respectifs, garder le silence,
et conserver toujours cette attitude pleine de dignité qui dénote
l'homme aussi brave que bien élevé.
Nous disons toujours, car, pendant le combat, les adversaires doivent
s'abstenir de cris, exclamations, etc., de mauvais goût.
Il est au contraire de suprême bon goût, de voir un champion
interpellé par ses témoins s'il consent à s'arrêter, s'incliner et
répondre qu'il est à la disposition de son adversaire.
La courtoisie est toujours de meilleure mise dans les affaires
d'honneur.