Dans le choix que l'on fait de ses témoins, si la bravoure est quelque
chose, si la fermeté n'est pas moins appréciable, si l'expérience est
beaucoup, la moralité est plus encore, car ils doivent loyalement
apprécier les faits, chercher à arranger l'affaire. Une parole acerbe
d'un témoin mal élevé ou mal intentionné peut empêcher, non seulement
l'arrangement d'une affaire, mais encore en aggraver les conditions.
Une imprévoyance, un oubli dans la discussion de l'affaire, peuvent
compromettre la vie d'un honnête homme. Une négligence, une
distraction de la part d'un témoin, pendant le combat, peuvent amener
les mêmes conséquences. Il appartient aux témoins de fixer des
conditions équitables pour le duel. Pendant le combat, ils doivent
veiller à la stricte exécution des règles du duel et des conditions
particulières qui ont été adoptées. Après le combat, ils deviennent
juges impartiaux et sévères de l'honorabilité de la rencontre, et
enfin, jurés vengeurs de la victime qui aurait succombé par suite de
la violation des règles et des conventions établies.
Ces devoirs multiples ne sont pas toujours très faciles à remplir;
aussi, nous sommes-nous cru autorisé à conseiller à tout homme sérieux
de ne choisir comme témoins que des personnes d'une honorabilité
reconnue, autant que possible expérimentées.
Les prescriptions de cet article sont donc pleinement justifiées par
le rôle important et décisif que nous avons assigné aux témoins.
La première qualité du témoin, avons-nous dit, c'est l'honorabilité;
vient ensuite l'impartialité, et enfin les autres qualités, telles que
l'intelligence, la capacité, la fermeté, etc.
Or, des personnes intéressées peuvent-elles être impartiales?
Les personnes contemplées dans les deux derniers alinéas du présent
article peuvent-elles inspirer plus de confiance?
L'évidence décidera; elle n'a parfois que trop décidé.